LA FRONTIERE par HUGO H

Posté par Claudio Boaretto le 26 juillet 2011


frontire.bmp

Un tableau de Hugo sur Venise intitulé « LA FRONTIERE » ; une peinture à l’huile de 100×150…. Cliquez sur la photo pour obtenir un format plus grand….Si le motif ne vous parait pas évident, écoutez l’artiste qui parle de son œuvre :

« Voici la frontière entre la ville de Venise et sa lagune, entre notre monde aérien et le monde aquatique ô combien plus mystérieux. Le long de cette frontière entre le dessus et le dessous, mouvante au gré des vagues et des marées, une vie spécifique s’installe, bien rangée en diverses strates correspondant à une humidité plus ou moins prononcée : des algues vertes qui finissent par sécher, plus bas d’autres algues plus bleutées et sombres comme si elles voulaient insister sur leur appartenance au monde marin, des moules aux reflets bruns, verts ou violacés selon leur position, et enfin les algues de grande dimensions, ocres et rouges, qui trempent dans l’eau en permanence, toujours secouées par les vagues. Ce sujet, encore une fois très frontal et traité à taille réelle, était un bon banc d’essai pour tester une expressivité dans le geste. Le grand format permet également d’imprimer des mouvements plus amples et dynamiques. Ensuite, l’omniprésence du noir qu’induit cette lumière rasante m’a permis de m’amuser à chercher un graphisme correspondant à chaque élément. Quand je peins avec du noir, j’ai tout à coup l’impression de dessiner. C’est une drogue (à consommer avec modération, donc).

De haut en bas de la toile, on passe du sec au mouillé.
Tout en haut, on est dans la strate minérale : des pierres de couronnement dont la tranche est juste rasée par la lumière, et un vieux béton fatigué mais très massif, dans le grain duquel le noir et le blanc se côtoient pour donner ne vibration rugueuse.Tout en bas en revanche, la fine couche d’eau qui recouvre les algues brunes, très sombres, est complètement limpide. L’unique propriété qui la révèle est sa brillance. Ici, l’éclat lumineux est concentré en petits points brillants : le blanc et le noir se séparent totalement. »

10 Réponses à “LA FRONTIERE par HUGO H”

  1. Zaz dit :

    J’avoue avoir un peu de mal avec cette toile d’Hugo dont je suis habituellement très fan. Mais comme je ne connais rien à la technique de la peinture, je réagis au ressenti, à l’émotion, et celui-ci me « cause » beaucoup moins que d’autres.

  2. Je comprends Zaz que ce tableau te cause moins…. Il est normal que, du fond de ta Lorraine, ce morceau de paysage te soit étranger…. Mais pour nous, vénitiens, que ce soit en « barca » ou en « vaporetto » ou en « motoscafo », lorsque nous longeons quotidiennement les rives de la Lagune, ces algues et leurs couleurs virant du vert au noir, que nous regardons souvent les voir, nous sont particulièrement familières…. Et c’est trop bien que l’œil de l’artiste s’y soit arrêté, cela nous fait prendre conscience des simples beautés qui nous côtoient et dont nous n’avons parfois pas conscience….

  3. katy dit :

    c’est plutôt original !! comme une photo de Yan arthus Bertrand
    un gros plan sur qq chose que beaucoup ne voient pas …
    je suis ouverte à tout surtout avec les explications, qui elles sont d’ordre totalement poétiques
    voilà
    katy

  4. arnoux dit :

    merci claudio
    que de talent pour ce peintre
    je suis admirative de ceux et celles qui savent peindre
    merci des explications!
    je n’ avais pas tout pigé
    il faut dire que je suis un peu shootée en ce moment avec les médocs donc je voyais autre chose
    gros bis
    bonne soirée

  5. katy dit :

    j’aurai du dire
    : »des gros plans sur qq chose que beuacoup de gns ne voient pas »
    le tout au pluriel
    bon désolée!!
    cela n’enlève rien à cette oeuvre originale et, « singulière « elle.
    katy

  6. katy dit :

    avec l’habitude d’abréger sur les portables !!
    on se perd!! et les voyelles avec
    cela fera un commentaire de plus pour HUGO
    katy

  7. michel Khalanski dit :

    Une des limites (un des défis) de la représentation picturale semble être de vouloir se confondre avec l’objet qu’elle désigne, l’autre serait de se dégager à jamais de la notion même de modèle, de produire un inimitable qui serait la garantie même de l’art.

    Georges Perec : Ceci n’est pas un mur… », introduction à L’œil ébloui, Georges Perec & Cuchi White Chêne/Hachette1981.

    Cette citation de Perec exprime très bien dans sa concision la tension entre la représentation (la figuration) et la création (l’abstraction). Dans ce tableau nous sommes confrontés à la rencontre de ces deux tendances majeures des arts graphiques. Nous reconnaissons aisément les pierres du quai couronnées d’une marge de bois vieilli… mais les algues,leurs couleurs, les reflets générés par l’eau en partie inférieure sont autant d’éléments que nous n’interprétons pas « instinctivement ». Hugo explore dans cette œuvre une frontière qui n’est pas seulement celle des milieux terrestre et aquatique ou celle du minéral et de la vie; il nous confronte à la frontière entre le connu (le reconnu)et l’inconnu résultant de formes et de couleurs inattendues,insensées pour notre œil. Je conçois que l’on puisse ressentir un certain malaise à contempler cette confrontation dérangeante; susciter une émotion est le propre de l’œuvre d’art. Pour ma modeste part, je considère que la voie royale des formes artistiques réside dans l’exploration de l’univers sous les deux aspects d’une réalité triviale et de ces facettes extravagantes, d’où résulte l’émotion et parfois l’émerveillement.

    Quant au noir, les profs de peinture en bannissent l’usage, ce qui est en soi une raison d’en user avec modération, comme de toutes les bonne choses.

  8. Hugues dit :

    Merci bien de cette citation (comment fait-on pour se souvenir l’avoir lue et même retrouver où?). Et surtout un grand merci pour ce commentaire qui me réchauffe tellement le cœur !

    Effectivement, on est toujours confronté (tiraillé même) entre la représentation et l’interprétation (quand les mains sont déjà en phase avec l’œil et le cerveau…).
    Il y a déjà, je pense, une part d’interprétation involontaire lorsqu’on peint des sujets réels. Sans faire exprès.
    Passer de la réalité à une toile suppose de créer des conventions graphiques, une compression de la réalité.
    Tant qu’à faire, autant avoir un projet en tête quand on transpose la réalité en peinture.
    L’art s’exprime encore mieux lorsqu’une part de création ajoute quelquechose à la représentation : une idée, un sentiment, une ambiance lumineuse… (et puis on peut aussi jouer avec le modèle, l’idéaliser, en oublier les défauts etc).

    Surtout, je crois qu’il est intéressant d’apporter une écriture à soi. C’est même une préoccupation majeure, un sujet de recherche primordial pour moi (mais je pense également pour chaque artiste débutant qui se demande « comment faire »).
    Qu’est-ce qui serait différent entre cette vue faite par moi et la même faite par quelqu’un d’autre.
    Et quel est le geste le plus court, le plus simple, le plus efficace, ou le plus juste, bref le plus adapté pour signifier sur ma toile telle ou telle chose ?
    C’était le but de ce tableau : chercher ce que me disent les moules, le béton, les algues, l’eau. Quelles sont leurs caractéristiques visuelles particulières ?
    Tout cela pour conserver l’expressivité de l’esquisse, l’énergie de la création jusque dans le résultat final.

    A propos des sujets, je crois que la beauté est partout mais c’est une affaire de point de vue, de regard… Je suis quelqu’un de plutôt contemplatif et je pense être capable de m’extasier sur des beautés que personne d’autre ne voit. Alors pourquoi pas les représenter telle que je les vois pour les faire admirer aux autres ? Je pense que c’est un bon sujet de travail.

    Enfn, concernant le noir, nous sommes bien d’accord que c’est une drogue. Il faut s’en méfier mais je l’utilise tout le temps (la palette des contrastes est déjà assez réduite par rapport à la réalité si lumineuse pour se priver de ce qu’on a de plus foncé à mettre sur la toile).
    Alors comme ça les profs de dessins le bannissent carrément alors que fut un temps, c’était la couleur de fond de toutes les peintures à l’huile…
    Pour ma part, je continuerai à en abuser (on peut toujours repasser dessus) pour avoir des peintures contrastées à souhait. A voir à ce sujet ma prochaine toile « Tu crois qu’il pleut à Chioggia) qui est pour une fois assez atmosphérique (sans jeu de mot, hum) mais qui va quand même chercher un ou deux points noirs ici ou là, comme si on avait cliqué sur la commande « contraste automatique » dans photoshop (elle étalonne le contraste en considérant comme blanc le pixel le plus clair d’une photo et noir le plus foncé)…
    Bon, de toute façon mon Coyote vous avisera bientôt de cette nouveauté, j’en suis certain.

  9. Zaz dit :

    Ces deux commentaires sont très intéressants.
    La citation de Pérec est bien sûr inspirée du fameux « Ceci n’est pas une pipe » de Magritte qui avait tant énervé mon fils, alors âgé d’une dizaine d’années, lorsque nous avions visité à Bruxelles une expo consacrée à cet artiste.
    Concernant les vues différentes d’un même sujet de peinture évoquées par Hugo, je suis toujours très fascinée par le résultat lorsque je rends visite au cours de peinture que fréquente mon amie et que je vois trois ou quatre personnes peindre le même objet posé sur une table. Quand on regarde la toile de chacun, on se rend compte des différentes vues du même objet en dehors du fait que chaque artiste a une vision différente en fonction de l’endroit où il est assis par rapport à l’objet. Et je ne parle pas de peintres de niveaux différents qui feraient qu’une toile serait forcément mieux aboutie, mais plutôt de visions différentes de la nature morte (pot, carafe, fruits, etc.) Quand on regarde les différentes toiles, on se rend compte que le modèle est le même ; cependant les rendus sur la toile sont différents alors même que chaque peintre affirme avoir bien peint le modèle tel qu’il le voyait.
    C’est vraiment fascinant !

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  10. Chantal dit :

    Premier contact avec votre peinture, Hugo (je ne suis dans la liste de Claudio que depuis peu), et premier choc. Pas tout de suite cependant, seulement après que j’aie trouvé le truc pour agrandir. Ce plan géant me fascine. Je ne cherche pas à savoir pourquoi, il s’agit simplement d’émotion.

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