LA POESIE NEOCLASSIQUE

Posté par Claudio Boaretto le 11 novembre 2012

Voici un billet que je publie avec plaisir mais qui n’intéressera qu’une faible partie des habituels visiteurs de mon blog, à savoir, mes amis artistes et poètes, et, en particulier, mes camarades de la délégation Lorraine de la Société des Poètes et Artistes de France….

Tout a commencé en aout dernier lorsque je publiais sur ce blog le joli poème sur Venise écrit par mon ami Gérard Charut

http://boaretto.unblog.fr/2012/08/09/venise-de-gerard-charut/

Suite à la beauté de ce texte écrit en ce que d’aucuns appelleraient la poésie néoclassique, s’installa un débat qui donna lieu à 38 commentaires….  Un record….

Ce billet va sembler fastidieux mais je me vois obligé de transcrire presque intégralement les dialogues et actions qui ont suivi  ce débat

Ce débat donc déboucha sur un consensus que plusieurs membres de la Société des Poètes et Artistes de France souhaitaient voir prendre corps par une note de Synthèse qui se devrait d’être présentée aux instances nationales de notre société….

Ce fut notre ami, poète et philosophe, Gérard Dalstein, qui s’attela à la tâche….

LA POESIE NEOCLASSIQUE dans 08 Poèmes & Textes dalstein-268x300
Gérard

Voici cette note de synthèse :

                                               PREAMBULE

Dans l’univers de l’écriture poétique, tout le monde sait ou peut savoir ce qu’est la forme classique. Les traités ne manquent pas, dans toute une gamme de lisibilités allant du propos très pédagogique à l’analyse très fouillée.
Mais les jeunes poètes, -et c’est surtout vers eux que ce propos est développé-, se trouvent souvent dans un domaine tout à fait flou lorsqu’ils choisissent d’écrire, comme c’est le cas pour un certain nombre d’entre nous, en forme néo-classique, forme justifiée par l’évolution des usages et des cultures qu’elle est susceptible d’intégrer.
Quant  à la forme libre, c’est-à-dire plus précisément la poésie en prose, elle échappe à la codification, et ne pose donc aucun problème si ce n’est qu’il est difficile de rendre par ce genre une émotion poétique aussi intense qu’à travers les deux autres.
Par ailleurs, un certain nombre de personnes ont la sensation qu’il existe une réalité hiérarchisée dans cette classification des trois formes.
Cette classification ne vise pas bien entendu l’exhaustivité mais les genres les plus pratiqués. Il existe de fait une catégorie « autres » notamment  les versifications « hors normes », car le poète a tous les droits dans l’expression de son inspiration. Le verdict sera celui du lecteur qu’il aura su toucher ou non.

                                      PROPOSITIONS

AFFIRMER OU CONFIRMER à toutes occasions qu’il n’existe aucune hiérarchisation entre ces trois formes d’expression poétique. Pour ce faire  présenter par exemple les trois formes en inversant l’ordre habituel qui est assimilé à un ordre hiérarchique, c’est-à-dire poésie en prose (dite libre), poésie néo-classique, poésie classique. Il est peu probable que cet ordre induise une sensation de hiérarchisation.

DONNER UN STATUT LE PLUS CLAIR POSSIBLE à la forme de poésie néo-classique au même titre que des deux autres, alors qu’il existe une sensation diffuse et malsaine qu’il s’agit d’une forme classique dénaturée, ou, pire, fautive.
Dans ce contexte, il pourrait être utile d’examiner point par point les règles classiques auxquelles il est permis de déroger (il s’agit bien de dérogation et non d’ignorance) dans l’écriture néo-classique en raison de l’évolution des usages de la langue et des cultures, à savoir notamment :

Non prise en compte de la règle qui interdit de faire rimer un singulier avec un pluriel (archaïsme phonétique)

Dérogation à l’obligation de recourir systématiquement aux diérèses sur les syllabes en fin de mot concernées par ce traitement (terminaisons en ion, ieu notamment) dont l’usage peut alourdir un vers et lui donner parfois un aspect pédant. (Si l’harmonie générale y gagne ou du moins n’y perd pas sans diérèse, pourquoi s’y accrocher puisque l’on ne les applique pas dans le langage courant, même le plus élaboré ?)

Tolérance d’un usage discret du hiatus, notamment dans certaines expressions comme peu à peu, il y a … (Molière en a fait par exemple un moins discret dans ce vers « Mais mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut »)

Tolérance de l’usage de l’enjambement ou du contre rejet qui peuvent parfois enrichir les possibilités de rimes bienvenues. (on trouve notamment des enjambements assez fréquents chez Corneille, Racine, Chénier, Hugo) (10 exemples à votre disposition)

Non prise en compte de la règle qui interdit, à l’intérieur d’un vers, le E muet quand il est précédé d’une voyelle si ce dernier n’est pas alors suivi d’un mot commençant lui-même par une voyelle. L’effet de cette contrainte ne se fait sentir en rien de positif dans la composition, la rythmique, l’harmonie générale du poème et réduit artificiellement le nombre des combinaisons susceptibles d’enrichir le propos.

Et en guise de viatique, insister bien entendu sur le fait qu’en poésie, le premier principe qui ordonne tous les autres, c’est la capacité d’émouvoir le lecteur dans une large gamme d’expression de la sensibilité, et la puissance des pouvoirs d’évocation qui y sont liés. Et cela n’est possible qu’avec un ensemble harmonieux dans lequel la musique joue un grand rôle, plus encore que la richesse des rimes.
A ce niveau on ne peut que conseiller aux jeunes auteurs de se frotter à l’écriture classique qui constitue le meilleur apprentissage de la maîtrise des structures nécessaires à l’expression poétique.

Quelques mois plus tard, alors que j’allais interroger notre ami Armand Bemer, président de notre délégation,

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Armand

sur le sort réservé à notre note de synthèse lors de l’assemble générale nationale, voilà qu’il me fit parvenir cette réponse :

Salut Claudio,

Sur ton blog, je voudrais apporter mon complément d’information suite à nos échanges sur la poésie néo-classique. Mais je ne sais pas où placer mon commentaire pour qu’il ne fasse pas « cheveu sur la soupe ». 
Comme ton blog est très diversifié, je ne sais par où m’introduire.
Est-ce que je peux t’envoyer mon commentaire sur un fichier Word et toi tu le caseras… ?

Voilà ce texte suite à ce qu’il appelle la « controverse de Venise »,
Personnellement, j’aurais plutôt dit le « consensus de Venise ».puisque nous en étions arrivé à une note de synthèse, mais je ne veux pas trahir la pensée d’Armand :

Bazoncourt, le 06 novembre 2012

Pour faire suite à la « controverse de Venise ».

C’est ainsi que j’appellerai l’échange approfondi et fructueux que nous avons eu sur le blog de Claudio il y a quelques semaines/mois. Cet échange concernait les catégories d’écriture poétique souvent mises en avant lors des concours, à savoir « poésie classique, néo-classique et libérée ». 
Gérard Dalstein avait eu le courage, et le mérite, de mettre par écrit la somme de nos échanges et les problématiques liées à ces catégories. J’avais proposé de porter la question lors de notre Congrès annuel et Vincent Vigilant, président national, m’a donné la parole lors des « points divers » de l’Assemblée Générale.
J’ai rappelé notre démarche devant les congressistes et un débat intéressant s’est instauré. Une délégation a notamment expliqué que leur objectif était d’inciter les poètes s’exprimant en « néo-classique » à faire un effort pour qu’ils se rapprochent davantage du classique, ce qui induit bien la notion de hiérarchie que nous voulions éviter en Lorraine.
L’un de mes voisins a expliqué que ce débat était récurrent depuis fort longtemps et a proposé que l’on adopte la terminologie suivante pour la poésie néo-classique : la « poésie régulière contemporaine ». Il y voyait un avantage sémantique : « régulière » sous-entend qu’il y a des règles ; « contemporaine » sous-entend que, la langue française ayant évolué, on pouvait écrire en adoptant les usages de la langue d’aujourd’hui.
J’ai appris dans le courant de l’après-midi que cet intervenant était Gérard LAGLENNE dont je connaissais le nom et le talent, les ayant souvent croisés tous deux dans Art & Poésie. Venant de lui, je pense qu’il s’agit d’un avis éclairé.
Charge donc à nous, dans les différents cercles poétiques où nous gravitons, de faire passer cette définition et de la défendre pour que le néo-classique ne soit pas simplement un « ersatz » d’une catégorie  présentée comme généralement plus noble et au sommet de la hiérarchie.
Merci à Claudio de publier ce texte sur son blog en référence à notre ancienne « controverse », qui reste, bien sûr, d’actualité. Gageons que le problème n’est pas définitivement réglé…

Armand BEMER
Délégué Régional SPAF Lorraine

Ce texte me laissait perplexe et je me permis de lui répondre ceci :

OK, je vais le faire et te remercie de ta réponse….

Auparavant, un petit éclaircissement ; Si j’ai bien compris, contredis moi si je me trompe, on change la terminologie, le nom, qui deviendrait « poésie régulière contemporaine », au lieu de « néo-classique »?….
Pourquoi pas….
Mais qu’en est-il des 5 points abordés dans la note de synthèse rédigée par Gérard…. Car là est le nœud de l’affaire….
 Car si dans cette « poésie régulière contemporaine » on remet la même chose, c’est-à-dire n’importe quoi, ce que chacun veut, comme c’est le cas actuellement, nous n’aurons pas trop avancé et notre démarche ne sera plus qu’un coup d’épée de plus dans l’eau….

Ou n’aurais-je pas tout compris de ta réponse?

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Claudio

Ce à quoi Armand répondit :

Salut Claudio,

Je crains que, « malheureusement », tu n’aies tout bien compris. Nous n’avons pas pu aborder, en AG, dans les points divers, quand tout le monde commence à se tortiller sur sa chaise, les aspects pointus de notre demande. Et peut-on « légiférer » sur des points où tu auras du mal à obtenir un consensus ?

L’idéal aurait été de créer un groupe de travail national qui se serait penché sur la question, mais j’imagine que cela aurait été une « commission » de plus… Je ne peux pas m’y investir. Si d’autres souhaitent lancer la réflexion, pourquoi pas?

Cela étant, Gérard était présent à l’AG quand ce point a été abordé et pourra peut-être apporter un éclairage plus complet car moi j’étais vraiment pris dans le feu de l’action et j’ai peut-être oublié d’autres aspects des diverses interventions.
Tu pourrais lui transférer notre présent échange et le texte que je t’ai soumis.

Je me suis donc retourné vers Gérard dont voici la conclusion :

Cher Claudio,

En premier lieu, une petite précision qui a son importance, et dont peut-être Armand ne se souvient plus. Je n’étais pas à l’assemblée générale de la SPAF quand le point du statut de la poésie néoclassique a été abordé, car nous sommes arrivés (essoufflés) pour le début de la cérémonie de remise des prix pour repartir le soir même car j’avais un RV dans un restau du quartier du Marais. J’ignore donc tout ou presque, à part ce qu’Armand a pu m’en dire brièvement, sur ce qui a été évoqué à l’AG.
Mais peu importe, car je crois, après les propos d’Armand, dont il te communique l’essentiel au terme du message communiqué, qu’une éventuelle « réglementation » ne peut pas venir de la SPAF, vu notamment les différences de perception qui existent entre les différentes délégations. Je reste sur le terrain de la non hiérarchisation et de la clarification des genres dans le « mouvement de l’histoire » quand d’autres s’attachent à une conception élitiste fondée sur une tradition qui deviendrait immuable. Dans ces conditions, il paraît difficile d’obtenir un consensus qui tienne vraiment la route, nonobstant le fait qu’il y a là un investissement certain à mettre en oeuvre au niveau national. De plus on peut assez vite glisser dans des polémique stériles avec une ou des délégations aux tendances un peu « intégristes » du type « hors la forme classique point de salut en poésie ».
Alors que faudrait-il faire ? Se démettre en laissant au temps le soin d’agir, car l’usage finira par faire loi, ou chercher d’autres pistes pour trouver des points de références qui pourraient ensuite être transmis ? Je penche pour cette deuxième solution. Il y a certainement un passage pour les conceptions porteuses d’avenir, ou nous nous trompons.
Je crois qu’en premier lieu il nous appartient de continuer à transmettre cette conception jusqu’à ce qu’elle fasse son chemin dans tous les lieux où nous sommes actifs. Et en second lieu, trouver une structure référente à partir de laquelle on pourrait toucher le monde de la poésie. J’ai une petite piste. Il faut oser, mais c’est souvent la clé des situations bloquées. J’ai déjà eu quelques contacts avec le secrétariat de l’académie française, et contrairement à une idée répandue cette haute assemblée est plus accessible qu’il n’y paraît si on trouve la bonne entrée. Il y a au moins une commission qui travaille sur la poésie, et je vais essayer de trouver cette entrée. Après, il faudrait mettre en forme un texte de saisine de bon niveau, susceptible de provoquer  de l’intérêt. Après tout, il faut bien leur apporter un peu de travail !
Voilà, c’est tout ce que j’ai trouvé pour l’instant. Mais sait-on jamais? Qui ne demande rien n’a rien!
Gérard

Je conclurai en vous faisant copie  de la réponse que j’ai faite ce matin même à Gérard et Armand, Armand qui proposait également une lettre ouverte envoyée à un grand média, au moment du printemps des poètes, par exemple  

Bonjour Armand, bonjour Gérard…
Je ne crois pas qu’une lettre ouverte dans un journal aurait un effet quelconque….
Et puis, il n’y a rien de plus éphémère qu’un article de journal…. On en parle un jour, on l’oublie complètement le lendemain….
De plus, cela pourrait gêner d’aucuns, s’il y en a, qui auraient une once de pouvoir ou d’influence pour faire évoluer les choses dans le bon sens et pourraient se sentir bousculé par ce genre d’épître….
Mais c’est bien de chercher des solutions alternatives….

En revanche, la piste évoquée par Gérard me semble idéale si elle arrive à bonne fin….
Cela rejoint les pistes que j’entrevoyais au début de la discussion…  Déjà, dans mes commentaires des 18 /08 et 19/09:

« Nous avons aussi des académiciens en France…. Sûr que le sujet devrait les intéresser…. »

Alors quand Gérard dit : «j’ai une petite piste» Mais c’est la piste ROYALE !, la seule qui puisse aboutir à quelque chose…. Les sociétés de poètes, nous ne nous en sortirons pas, on en reviendra à des guéguerres de chapelles, pour ne pas dire de castes qui n’aboutirons à rien, personne ne voulant démordre de ses principes, nous en avons maints exemples dans des discussions précédentes….

Tout ce que nous pouvons espérer c’est que Gérard trouve le couloir juste, l’entrebâillement de la bonne porte, pour s’introduire à l’Académie Française et que nos académiciens aient la disponibilité, la motivation et le recul nécessaire pour se pencher sur le sujet….

D’ailleurs, nous n’avons peut-être pas raison sur tout ce que nous proposons, mais que nos « Sages Anciens » nous le démontre, nous l’explique, nous l’apprennent….

Gérard, tu es IMPERIAL !!!…..

Voilà, ceux intéressés par cette démarche savent tout dorénavant et le débat reste ouvert….

21 Réponses à “LA POESIE NEOCLASSIQUE”

  1. Thouvenin Maryline dit :

    Oui alors s’il faut changer le nom de la poésie néoclassique par la poésie réguliére contemporaine le mieux est de s’adresser au ministre de la culture par courrier en lui demandant si c’est possible et de suggérer aussi de le mettre dans le concours du printemps des poêtes avec rappel de la règle de la définition de la forme et fond pour les concurrents pas toujours initiés. Pourquoi pas en profiter pour un rappel de subventions pour les associations organisatrices en même temps?. Ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups.
    Bien sincérement. Maryline

  2. Merci pour ton commentaire Maryline….
    Si seulement c’était aussi facile….

  3. katy dit :

    oui Gérard est toujours à l’écoute, toujours prêt à aider, et surtout il est un fin connaisseur de cette belle poésie et de ses règles, et le connaissant il a du chercher toutes les possibilités comme toi Claudio
    « la piste royale  » est ouverte donc!
    Merci à vous deux et à Armand pour cette ouverture d’esprit qui peut donner à un maximum de monde( de jeunes) envie d’écrire plus ,avec des règles plus compréhensibles , disons plus adaptés à notre époque.
    amitiés
    katy

  4. armand BEMER dit :

    Juste un petit commentaire sur mon emploi du mot « controverse » ci-dessus. Chacun aura compris que je faisais référence à la célèbre « Controverse de Valladolid » et queje me suis fait plaisir en forgeant cette expression « controverse de Venise », en référence au sol (virtuel) sur lequel est implanté le blog où nous avons eu cet échange.
    Le vieux linguiste qui sommeille en moi voulait évoquer le sens premier du mot « controverse » : un échange d’opinions argumenté sur un sujet précis, une « disputatio » en quelque sorte.
    Loin de moi, bien sûr, l’idée d’excommunier qui que ce soit, et encore moins de vouloir dresser un bûcher pour hérétiques…
    Belle journée à tous !

  5. merci Armand pour cette précision, cette subtilité qui m’avait échappée…
    Dont acte….

  6. Michel Khalanski dit :

    La poésie,combien de divisions ?
    Quels sont les tirages des oeuvres poétiques par rapport aux romans, récits documentaires, biographies, essais, livres d’art… ? Je croyais que cette question obsédait les poètes encartés dans une association. Et bien non, leur préoccupation majeure ne porte pas sur la misérable audience de la poésie vivante, les causes de cette situation paradoxale et les remèdes éventuels. Les poètes s’engagent sur la voie royale du processus bureaucratique; ils commencent par redéfinir les genres, les styles, les formes poétiques, ils vont ensuite les réglementer, les policer au moyen de « bonnes pratiques », leur donner un statut, et enfin les administrer par des circulaires ministérielles. Le consommateur de poésie aura ainsi accès à un marché de produits certifiés, tracés, équitables, subventionnés et garantis sans OGM.

    « Si seulement c’était aussi facile… » de résoudre les problèmes de la création artistique au XIXème siècle avec une des résolutions votées en AG !

    Pour finir ce coup de gueule d’un consommateur modéré mais assez régulier de poésie, quelques remarques et une citation:

    La forme est essentielle dans toute production artistique, mais:
    - elle n’est évidemment pas un critère de valeur, on ne peut pas baser une hiérarchie sur la forme comme le dit le texte de synthèse de G. Dalstein et pour le public la forme s’efface devant l’émotion;
    - il y a aujourd’hui trop de formes disponibles pour l’expression artistique pour construire une typologie exhaustive; c’est d’ailleurs le travail des causeurs sur l’art plutôt que celui des créateurs qui trouvent leur propre chemin et qui en changent au cours de leur vie passionnée. S’il faut malgré tout ordonner les productions poétiques,le classement en trois ensembles: classique, néo-classique ou « PRC », et libre ne me semble pas pertinent; j’ai tendance à regrouper les deux premières catégories sous l’appellation de poésie traditionnelle, appellation simple et naïve mais intelligible. En revanche la poésie « libre » ne se résume pas à une prose informelle. Dans quelle catégorie classer la poésie sonore ? hors-normes ?

    L’école des néo-classiques souffre d’un intitulé lourd de sous-entendu par référence à un passé révolu, qu’elle prétend renouveler; en adoptant le sigle PRC (poésie régulière contemporaine), elle dévoile son programme: conserver des règles formelles strictes avec quelques dérogations marginales, elle revendique ses principes. Dommage qu’elle rejette l’épithète « libre », mais il faut bien assumer ses tares.

    La citation de Serge Gainsbourg, un peintre devenu musicien et poète-chanteur, qui dit en peu de mots ce que je pense des classifications savantes en matière artistique:

    Les arts mineurs enculent les arts majeurs.

    Amitiés

    Michel

  7. Vains dieux Michel, tu as sorti l’artillerie lourde !!!….

    Mais ça fait du bien parfois de s’apercevoir comment peut être perçue notre démarche et l’impertinence de ton commentaire m’oblige à l’expliquer plus clairement….

    « Les arts mineurs enculent les arts majeurs »….
    Le côté libertaire de cette citation n’est pas pour me déplaire….

    À l’écrivailleur de chansons que je suis revendiquant mon statut d’artiste, on m’a plusieurs fois flanqué à la figure, avec condescendance, que la chanson n’était qu’un art mineur…. Malgré tout, mes petites chansons sont souvent mieux écrites que certains textes de « poètes patentés »…. C’est un détail mais c’est aussi un des nœuds du problème….

    Il n’y a pas d’arts majeurs ni d’arts mineurs, il y a l’art tout simplement, et à chacun son moyen d’expression artistique pour qui le crée comme pour qui le reçoit….

    « La misérable audience de la poésie vivante »…
    Franchement Michel, cette misérable audience ne vient pas seulement du fait des poètes eux-mêmes, quoique, j’en reparlerai plus loin…. La poésie à la base était un moyen mnémonique de véhiculer la culture à des populations ne sachant ni lire ni écrire et dont la seule culture était orale…. Les temps ont bien changés et la culture, les médias, la société moderne et ses avancées techniques, électroniques et autres, ont rendu presque obsolète ce moyen de communiquer….
    Reste quelques pauvres artistes de notre acabit pour suivre ce chemin désormais relativement désert….
    J’ai cru, un moment, que la chanson pouvait se faire le véhicule de la belle poésie, Brassens en fut l’un des pionniers, mais le mercantilisme des majors de la musique a perverti cette voie pour la transformer en de minables « Variétés » dont le seul but est de faire du fric…. Les Gainsbourg, les Brassens, les Ferré se font et se feront de plus en plus rares….
    Brassens arriverait en l’an 2013, il n’aurait aucune chance d’être entendu par le « grand public »….

    Mais si l’audience est faible, en revanche, beaucoup de personnes, à un moment ou un autre de leur vie, se lancent dans l’écriture poétique…. Qui n’a pas, à une époque de sa jeunesse, ou à l’occasion de fortes émotions, ou à l’aube de ses vieux jours, tenter de coucher quelques vers sur le papier pour exprimer ses sentiments ?…. Tentatives souvent abandonnées trop tôt, faute de résultats immédiats satisfaisants….

    Et pourquoi ces résultats médiocres ? Tous, croyant savoir bien écrire en prose, croient aussi savoir écrire en vers, car c’est bien de cela qu’il s’agit dans notre discours, écrire en vers….
    C’est comme celui qui roule en mobylette et qui enfourche pour la première fois une puissante moto…. Sans préparation, sans règles, sans connaissances de l’engin, il se croûte obligatoirement au premier virage….

    J’ai toujours été persuadé que chaque individu avait en soi des capacités de création artistiques…. Le fait de les exploiter ou pas n’est qu’une question de circonstances, et ensuite, de persévérance…. Il existe d’autres motivations bien sûr, mais ceci est un raccourci « technique »…

    Alors les règles de versification, nous ne les avons pas inventées, elles sont énoncées depuis longtemps, les plus connues déjà avec Boileau dans son « Art poétique », mais il y a eu avant, Horace, et après, Verlaine, et maints traités de versifications ont depuis vu le jour….

    Mais Boileau, j’aime bien :
    « C’est en vain qu’au Parnasse un téméraire auteur
    « Pense de l’art des vers atteindre la hauteur »

    Ce qu’on en dit :
    « Dans ses six premiers vers, le poème affirme la nécessité d’un talent inné sans lequel l’écriture poétique lui semble impossible. Il soutient néanmoins par la suite que ce talent naturel ne peut se suffire à lui-même et qu’il doit de soumettre aux règles de la poésie, et donc, à l’apprentissage rigoureux de cet art. Pour Boileau, la perfection n’est accessible que lorsque sont réunis le génie et le respect des règles »

    Dans « Le mauvais sujet repenti » Brassens, d’une manière triviale que j’adore, dit la même chose :
    « L’avait l’ don, c’est vrai, j’en conviens,
    « L’avait l’ génie,
    « Mais sans technique, un don n’est rien
    « Qu’un’ sal’ manie…
    « Certes, on ne se fait pas putain
    « Comme on s’ fait nonne.
    « C’est du moins c’ qu’on prêche, en latin,
    « A la Sorbonne… »

    Les règles sont donc bien là, mais invisibles au grand public, aux néophytes qui pensent qu’en comptant approximativement les syllabes, l’on maîtrise la métrique, et que si l’on assemble deux assonances, on fait des rimes….

    Et toi Michel qui te dit consommateur modéré mais régulier de poésie, sache que si les Villon, les Hugo, les Rimbaud, les Verlaine, les Baudelaire, ne suivaient pas strictement ces règles, tu n’aurais pas alors le privilège de les lire….

    Dans notre démarche, nous parlons bien d’un art qui est la prosodie française, la versification….

    Rien à voir avec la poésie sonore dont le principal moyen de cohérence est le son, plutôt que la syntaxe ou la sémantique ou la versification…. C’est comme si tu me parlais de la poésie picturale…. À chacun son expression artistique, sans les hiérarchiser, ne mélangeons pas tout….

    Mais revenons à nos moutons et je vais tenter de faire court….
    Ta belle tirade, Michel, est vraiment à côté de la plaque et ne définit en aucun cas notre démarche :

    « Les poètes s’engagent sur la voie royale du processus bureaucratique; ils commencent par redéfinir les genres, les styles, les formes poétiques, ils vont ensuite les réglementer, les policer au moyen de « bonnes pratiques », leur donner un statut, et enfin les administrer par des circulaires ministérielles. Le consommateur de poésie aura ainsi accès à un marché de produits certifiés, tracés, équitables, subventionnés et garantis sans OGM ».

    La versification classique, dont nous parle Boileau, s’adaptait à la langue française de son époque….
    Notre démarche est simplement d’alléger les règles désuètes de la versification classique pour les adapter au français moderne, sans pour autant supprimer la versification classique par laquelle s’expriment encore avec talent de nombreux poètes…
    Alors si ces nouvelles règles entrent dans le cadre de ce que l’on appelle la poésie néoclassique ou poésie régulière contemporaine, pourquoi pas, l’appellation n’a que peu d’importance, l’important c’est que nous, versificateurs d’aujourd’hui, nous puissions tous utiliser le même langage, composer sur les mêmes portées….
    Pourquoi, me diras-tu, ne pas laisser le champ libre à chacun et les affranchir une fois pour toutes de ces règles….

    Mais parce que ces règles ne sont pas un carcan, c’est un outil de travail indispensable, et une aide immense à l’écriture de la poésie….

    Je te dirai par exemple que je n’ai pas assez de talent pour écrire en vers libre et, heureusement pour moi, les règles sont là pour m’aider….

    En relisant d’anciennes chansons de ma jeunesse, je me suis aperçu avec surprise que je suivais instinctivement certaines règles élémentaires, comme l’alternance des rimes féminines et masculines…. J’étais aidé en cela par une certaine facilité d’écriture et une oreille musicale… Des fois, ça n’allait pas comme je voulais et je ne savais pas pourquoi…. Je me disais, c’est ce mot qui n’est pas beau… alors je recommençais, je corrigeais, j’arrivais à un résultat plus satisfaisant mais sans vraiment comprendre le pourquoi du comment….
    Lorsque j’ai découvert les lois de la versification, tout m’est apparu plus simple, et mes textes sont devenus plus facilement harmonieux et rythmés….

    Lorsque je rencontre aujourd’hui des personnes au talent certain en écriture et ayant naturellement le sens de l’image poétique, je suis le premier à leur conseiller de suivre les règles de la prosodie française….
    À chaque fois, aussitôt ces règles connues et comprises, c’est une véritable transformation de leurs textes, leur poèmes s’en sont trouvés considérablement améliorés, l’écriture plus claire, les textes plus rythmés, plus agréables à lire et surtout à entendre….
    J’ai eu en cela plusieurs élèves, et je garde précieusement en mon cœur le souvenir d’Annie, l’épouse de mon ami Gérard C., emportée prématurément par une terrible maladie, et qui me présentait toujours à son entourage comme son « maître en écritures » me faisant à chaque fois rougir de confusion….

    La voilà, notre démarche, enfin celle qui m’est personnelle dans le cadre de mon entourage et de mon univers poétique….
    La reconnaissance de ces nouvelles règles dans le monde des poètes ne pourra être qu’un mieux et un outil de travail bénéfique à ceux qui aiment la poésie, j’entends par là, ceux qui l’écrivent, et ceux comme toi, qui la lisent ou qui l’écoutent….

    L’école des néo-classiques, comme tu le dis si bien, n’existe pas !….
    Tous ceux qui ne suivent pas les règles classiques, soit par ignorance, soit par suffisance, soit par fainéantise, disent qu’ils écrivent en néoclassique, et cela devient une énorme poubelle où s’entasse un trop plein de médiocrités….

    Comment ne pas comprendre après que l’audience de la poésie vivante soit si misérable si elle n’est, en sa plus grande partie, que le reflet de cette médiocrité…..

    L’établissement et la reconnaissance d’une versification néoclassique ou de poésie régulière contemporaine, bien définie et accessible à tous ne pourra qu’améliorer les textes de la poésie vivante et par voie de conséquence, élargir son audience….

    Bien à toi, enfoiré de Michel, là tu m’as bien fait causer…

  8. katy dit :

    je suis depuis toujours en accord total avec ce que tu dis, sur la même longueur d’ondes , notre ami Michel n’avait sans doute pas tout lu et pas tout compris….
    travailler un art en peinture comme en musique ou poésie n’est pas rébarbatif au contraire, apprendre est formidable, avancer, comprendre ! quel bonheur!!
    se contenter de soi et n’écouter personne et aucun conseil , quelle tristesse …mais bon chacun est libre
    et selon obtiendra un résultat ou pas ..moi je ne savais pas , je commence à apprendre et j’en suis fière.
    cela n’enlève rien à mes idées de base, elles sont transfigurées par la connaissance et la progression, et mes mots sont mieux encadrés et ressortent en évidence ( chose qui n’était pas sans un travail sur moi et sur la prosodie)
    merci Claudio
    bisousssssssssssssss
    amitiés
    katy

  9. Thouvenin Maryline dit :

    Bonsoir à tous,
    Pourquoi monsieur Gérard Dalstein n’aurait-il pas le droit de faire quelques changements intellectuels, en tant que poète visionnaire?.
    La Terza Rima est entrée dans notre culture sans problème, elle. Claudio, tu nous dis: « On peut refuser certaines règles. Par exemple la règle interdisant de rimer un pluriel avec un singulier est totalement désuète, à mon sens.
    Ce qui rejoins l’avis de Gérard: « Non prise en compte de la règle, qui interdit de faire rimer un singulier avec un pluriel( archaisme phonétique).Je crois que tu fais partie des poêtes visionnaires comme Gérard et moi-même. Une redéfinition modernisée et requinquée des règles de la poésie néoclassique ne peut faire de mal à personne dans la mesure où la majorité des poètes et du jury serait d’accord. Et les académiciens, et le ministre de l’éduccation nationale, pourquoi pas?.Suffit de savoir frapper aux bonnes portes.Vous êtes un peu trop catégorique monsieur Khalanski dans vos affirmations. Les règles nouvelles ne géneraient pas tous les poètes et ils les accepteraient peu à peu même s’ils rechignent un peu.
    Ces règles acceptées seront bien en place installées dans le blog de la SPAF par Isabelle, car nous les poètes, nous devrons les connaître. Mais il peut y avoir des poètes conservateurs, tel que vous monsieur Khalanski.Je ne suis pas d’accord avec vous. La poésie n’est pas un produit garanti sans OGM comme vous le prétendez, elle n’est pas du poulet ou du vin frelaté non plus;Y’a pas de comparaison. Nous parlons simplement de la rénover par un titre et d’y apporter quelques changements dans sa construction. Je sais bien, que c’est pas facile de résoudre ce problème de la création artistique du dix-neuvième siècle avec une résolution votée en assemblée générale mais nous vivons dans un monde en pleine évolution.Alors forcément faut vivre avec son temps.Quand vous avez un ordinateur plus ou moins poussif, vous avez envie de le changer par un plus performant. Hé bien la poésie est une vieille Muse qui s’essoufle et a besoin d’être revigorée. La poésie libre ou la poésie sonore ne peut-être hors-normes, comme vous voulez nous le faire croire. C’est une poésie moderne dans un style moderne et plus aisé, que la classique car on fait un peu ce qu’on veut avec et y introduire des mots francophones par exemple. Autres poésies modernes: poésies libérées, yacchus.
    Monsieur Serge Gainsbourg dans un langage grossier mais excusable car tellement révolutionnaire , dans la société parmi laquelle il vivait coupait les billets de banque par moitié. Mais par les arts mineurs enc.lant les arts majeurs il voulait dire: « les choses les plus simples sont les meilleures.Alors pourquoi ne serais-je pas de son avis, simplifier ce qui peut l’être ou apporter quelques retouches, je ne pense pas offenser la déesse Grecque de la Muse. Apporter un nouveau souffle à la création vieille de plusieurs siècles ferait plaisir à Gérard, qui taquinerait les académiciens.N’est-ce pas Gérard?.

    De temps en temps j’envie Claudio qui dans ses chansons ne fait que trouver la rime et la composition de vers assez courts, même trés courts. Il simplifie tout lui. Et pourtant faut bien que je suive le mouvement.Ma tête grossit, je sais pourquoi depuis un certain temps.
    Mais le choix est tellement difficile !.Nous avons en effet des poètes semi-modernes, des poètes modernes à cent pour cent, des poètes un tantinet trop conservateur, des poètes classiques et des poètes réfractaires, des poètes visionnaires classique ou qui réagissent;Bref une floppée de têtes bien pensantes qui aimeraient qu’on prenne leur avis.

    « Assis comme Racine sur l’herbe, Boileau aurait aimé connaître Lafontaine’. Lafontaine avait rebâti des fables qui existait déjà au Moyen -Age. Monsieur Dalstein, Claudio et moi-même sommes des visionnaires.
    L’établissement et la reconnaissance d’une versification néoclassique ou de poésie régulière contemporaine bien définie et accessible à tous ne pourra qu’améliorer les textes de la poésie vivante. Ce n’est pas à comparer avec la peinture à l’huile
    sur toiles où tous les styles et manieres depeindre sont tolérées. Même solitaire(comme le vers de Serge Beyer), je l’ai retenue celle-là, on peut évoluer Katy car Léonard De V incy, exédé par les conseilleurs, s’est débrouillé tout seul et son oeuvre est immense et ses derniers tableaux valent une fortune aujourd’hui. Il suffit d’avoir du talent et une volonté farouche et un caractère , qui aime le calme.

    Manger du chocolat noir(un carré par jour chaque matin). Et puis y’a les peintres copieurs, ceux-là sont d’un sans gène. Moi j’aime peindre dans mon salon en aérant la pièce au maximum ou sur mon balcon l’été.
    Cela m’est arrivé de peindre dans notre grenier des heures et plusieurs jours durant l’été.Il y fait clair.
    Je concluerai , que quelque soit les moyens employés la liberté d’expression doit être respectée.

  10. Merci pour ta contribution Maryline….
    pour dédramatiser le débat, je dirais que j’aime beaucoup la fontaine qui boit l’eau des racines sur l’herbe….

  11. Michel Khalanski dit :

    Cher Claudio,

    D’accord avec toi sur toute la ligne concernant les règles, les techniques et les rites nécessaires dans tous les domaines de la création. Ce n’est pas non plus le besoin d’appartenir à une tribu que je conteste, on apprend beaucoup des autres (peut-être seulement des autres) comme le souligne Katy. Quelle riche variété de caractères et de talents existe dans toute assemblée de personnes ayant a priori les mêmes affinités. Et puis vous êtes assez grands pour savoir que les règles ont l’utilité majeure d’inciter à la transgression. Enfin, le principal est de n’en pas abuser,les poètes français du XVIIIeme siécle souffrent aujourd’hui de cet excès.

    Je préfère écouter et lire du Boaretto que d’écouter mon CD de poésie sonore, sauf peut-être s’il s’agit de Bernard Heidsieck, mais c’est un classique du genre; et voilà ce qui me trouble.
    Dans mon bourg du Gers, des musiciens de passage, pro ou assimilés, font de la musique certains soirs dans un modeste café restaurant, du jazz ou du flamenco, du klezmer, du manouche, avec Maryse on ne manque pas une soirée. On adore les écouter et les voir rayonner du plaisir de jouer ensemble devant une toute petite assistance. Rien à voir avec la musique contemporaine, la vraie, avec des instruments spéciaux et une notation musicale originale, que j’ai subie comme une torture à la Cité de La musique; je revois avec peine le visage crispé des interprètes stressés par la crainte de déformer un son et de trahir la partition. Et que dire des « installations », ou des plaques d’acier patiné de 5 cm d’épaisseur de Richard Serra, qu’il a appelé « la matière du temps » ?
    Et bien, tout ça c’est de l’art. J’ai souvent du mal à l’apprécier; ça me trouble mais je suis conscient que c’est une création artistique, conscient qu’il n’y a pas d’art mineur, ni d’école mineure. C’est au public spectateur de faire son choix dans la multitude des formes artistiques nées après l’éclatement des « arts majeurs ».

    La poésie n’échappe pas à ce processus et je ne vois pas pourquoi on pourrait exclure du domaine poétique la poésie sonore où les actes poétiques. J’ai eu l’occasion d’assister à un acte poétique de Jean-Pierre Le Goff, effectué à domicile chez une amie: il a réalisé plusieurs dés à jouer en clouant des clous de tapisser sur de petits cubes de bois peints en bleu puis il a pyrogravé un texte bref et abscons sur une planche pour exposer son oeuvre, et toute l’assistance était ravie,c’était l’heure de l’apéro.
    Un exemple d’acte poétique de JP Le Goff:
    « Dans le jardin de Claire et Jean-Pierre Fontbaustier à Gobert (Vouillon, Indre), les 26 et 27 septembre 1992, sous la coordination de Gérard Laplace, une dizaine de personnes utiliseront des ressources végétales pour mettre en place une installation qu’ils auront conçue. Celle que je propose consistera en l’arrangement, suivant les suggestions du terrain, des oeufs que vous m’aurez confiés, et sur lesquels le nom de l’oiseau élu sera inscrit accompagné de vos initiales. » (Jean-Pierre Le Goff, Le Cachet de la Poste, p. 72). Un de ses actes les plus réussis a consisté, si ma mémoire n’est pas défaillante, à enfiler des perles depuis une tour de la cathédrale de Strasbourg.
    A l’opposé de ces aimables curiosité, la poésie intellectuelle, ne m’attirait pas jusqu’à ce que je découvre un poème d’Yves Bonnefoy, de prime abord aride, qui s’est révélé d’une richesse insoupçonnée de sens, d’émotion et de mystère. C’était lors d’un séminaire de cafés-philos, nous avons fait une ballade en forêt par groupe de 3-4 pour échanger sur nos perceptions et compréhensions d’un poème; ce fut un grand moment…et il n’y avait pas d’apéro. Nous avons compris à cette occasion l’importance de l’oralité; dire et redire à plusieurs les paroles poétiques ouvre des horizons plus vastes que la simple lecture.

    Alors, pourquoi la poésie est-elle devenue un genre littéraire confidentiel ? pour les raisons que tu as évoquées, et la question de l’oralité est peut-être centrale; de toute façon l’édition papier n’est plus porteuse. Nous manquons de chanteurs, mais aussi de diseurs de poésie. Lucchini interprète les fables de La Fontaine, sera-t-il un nouveau Jean-Marc Tennberg ? C’est peut-être par le biais des comédiens que les poètes contemporains peuvent trouver un accès au public; et ceux qui choisissent l’expression néo-classique devraient intéresser des comédiens de talent. Etant d’un naturel optimiste, je ne peux pas imaginer que la relève de Brassens soit impossible.

    Maryse me suggère judicieusement d’arrêter « de raconter ma vie »,j’obtempère.

    Amitiés

    Michel

  12. Thouvenin Maryline dit :

    Ne déformez pas mes propos Claudio. Méditez ou prenez de la graine.

  13. Mon cher Michel….

    En relisant ton commentaire j’ai l’impression d’un dialogue de sourds ou d’une mauvaise compréhension depuis le début car en définitive nous sommes d’accord sur quasiment TOUT…. Tu t’es simplement mépris sur notre démarche et tu nous as sûrrement confondu avec ces sociétés de poètes classiques intégristes qui, hors leur mode d’expression, n’accordent aucun salut….

    Relis le préambule de notre note de synthèse :

    «Par ailleurs, un certain nombre de personnes ont la sensation qu’il existe une réalité hiérarchisée dans cette classification des trois formes.
    Cette classification ne vise pas bien entendu l’EXHAUSTIVITE mais les genres les plus pratiqués. Il existe de fait une catégorie « autres » notamment les versifications « hors normes » »

    Donc lorsque tu dis :

    « je ne vois pas pourquoi on pourrait exclure du domaine poétique la poésie sonore où les actes poétiques »

    Tu vois bien que nous n’excluons personne !…. Nous sommes ouverts à toutes les formes de poésie, qu’elle soit sonore ou autres, je passe moi-même mon temps dans les expos qu’elles soient contemporaines ou non….

    Notre propos ici est de parler des règles de l’art de l’ECRITURE de la VERSIFICATION ? Point barre…. . C’est un discours ciblé qui n’a pas lieu d’être taxé d’ostracisme envers toutes les autres formes d’art….
    Oui, c’est un petit domaine restreint dans lequel nous évoluons, dans lequel, en quelque sorte, nous sommes plus ou prou spécialisés, mais encore une fois, point d’exclusion de notre part….

    Lorsque tu dis également :

    « vous êtes assez grands pour savoir que les règles ont l’utilité majeure d’inciter à la transgression. »

    C’est aussi ce que nous disons dans ce même préambule :

    « car le poète a tous les droits dans l’expression de son inspiration. Le verdict sera celui du lecteur qu’il aura su toucher ou non. »

    En revanche, l’élément nouveau que tu apportes dans ce dialogue, c’est l’oralité de la poésie quand tu dis :

    « Nous manquons de chanteurs, mais aussi de diseurs de poésie. Lucchini interprète les fables de La Fontaine, sera-t-il un nouveau Jean-Marc Tennberg ? C’est peut-être par le biais des comédiens que les poètes contemporains peuvent trouver un accès au public; et ceux qui choisissent l’expression néo-classique devraient intéresser des comédiens de talent. »

    Bravo, j’applaudis des deux mains et même des deux pieds !…..

    Ce n’était pas notre propos, mais, puisque tu en parles, sache que nous en sommes conscients, moi-même en première ligne puisque d’abord chanteur avant d’être « écriveur » et « musicien »…. C’est le fait de chanter qui m’a amené à la musique, bien entendu, puis à l’écriture….

    La poésie est d’abord et avant tout ORALE !….
    Et je conseille depuis toujours à tous de lire à voix haute les poèmes qu’ils écrivent, ou qu’ils lisent…. Il devrait être interdit de lire des poèmes à voix basse…. Mais bon, il est interdit d’interdire….

    Je m’insurge littéralement quand un copain saisi mon cahier de chansons pour lire les paroles avant de les avoir entendues….. La découverte de l’écriture ne doit se faire qu’après l’écoute, qu’elle soit chantée ou récitée, ceci pour découvrir les secrets de ce que l’on vient d’entendre…. D’ailleurs plusieurs écoutes devraient se faire avant de lire un même texte, j’en suis persuadé….

    À quand des livres oraux ? A quand tous les grands poètes en CD ou MP3?….

    La connaissance de la poésie par le grand public ferait alors un bon formidable !….

    C’est en récitant les poèmes que l’on s’aperçoit immédiatement des erreurs phonétiques, des hiatus qui font bégayer et nous laissent la gueule ouverte entre deux mots, et même parfois, sans qu’aucune transgression aux règles de l’art ne soit établie, certaines allitérations confinent au ridicule par des répétitions de sons non voulues et inappropriées…. Il faut E-COU-TER !!!….

    La poésie écrite n’est qu’un moyen de la conserver, un moyen de s’en rappeler, la poésie orale est le moyen de la communiquer…..

    Fasse que les « grands » comédiens t’entendent et se mettent à nous proposer des spectacles de poésies, qu’elles soient contemporaines ou classiques….

    J’étais un fan de Jean Marc Tennberg, (il était du 9 cube, lui aussi) j’adorais quand il récitait du Prévert :
    « Il est terrible.
    Le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain. »

    Et j’adore Lucchini….

    Et grand corps malade fait un tabac avec son Slam…..

    Tu as raison Michel, les poètes doivent aussi réfléchir à cette expression de leur art afin d’élargir leur « misérable audience »….

  14. Zaz dit :

    Pour moi, la poésie est un art oral, bîen sûr – et je conseille aussi à mes clients qui me demandent un avis sur leurs écrits de lire leurs textes à voix haute – mais pas uniquement, sinon la poésie classique que je défends n’aurait plus sa raison d’être. A l’oral, pourquoi ne pas faire rimer leurre avec fleur ?
    Quant à Lucchini, j’adore ! Et Grand Corps Malade, je suis fan ! Comme quoi on peut aimer la prosodie et plébisciter le slam. Quand j’écoute GCM (souvent en voiture), certaines trouvailles me laissent très admirative. Le rap aussi est une forme de poésie qu’il faut défendre.

  15. Ci-dessous, la contribution à ce dialogue de notre ami Gérard Dalstein, contribution qu’il m’a envoyée directement par mail :

    « Bonsoir capitaine et à toutes et tous sur ce blog,

    Claudio, tu sais que les interventions sur des blogs sont plutôt hors priorités en ce qui me concerne. On ne va pas disserter là dessus. J’introduis ce message par ton truchement, le mot m’amuse, mais bien sûr sans tricher.
    C’est une chance, inouïe, que nous ne mesurons plus. Nous savons presque tous parler, écrire et lire. Qu’en faisons-nous ?
    Culpabiliser n’est pas mon propos. Nous en avons pour la plupart assez souffert dans une culture judéo chrétienne mal adaptée à ses véritables racines. Pourtant…La question reste, sans réponse possible à graver dans le marbre. Qu’en faisons-nous ?
    Toutes les interventions que j’ai lues, et auxquelles je ne saurais me soustraire, étant un peu à la source, car comme écrit et chante Goldman « Tout mais pas l’indifférence » me font méditer sur cette réalité « Lire, écrire, écouter avec une certaine empathie, c’est difficile. Essayer de se mettre à la place de l’autre, le comprendre dans ce qui ne nous arrange pas, c’est difficile. En un mot comme en cent, se décentrer de l’ego, c’est difficile, très difficile. Pourrions-nous intégrer cette réalité de difficulté, sans avoir la prétention de réussir ?
    Mon Dieu, quel grand pas, à notre portée pourtant. C’est à un millimètre du doigt qui veut la toucher !
    Non je ne vais pas revenir sur le sujet de la forme néoclassique, car l’essentiel que j’ai essayé de traduire dans une synthèse est dit, écrit, et ensuite, advienne que pourra !
    L’un de mes maîtres que je peux vraiment nommer ainsi car il ne s’est jamais défini comme tel et accueillait ceux qui souhaitaient entendre son enseignement comme des fils, nous disait
    « On ne récolte pas la société de ses intentions, mais celle de ses méthodes »
    J’ai toujours vérifié, dans mon métier comme dans mes engagements extra professionnels, l’exactitude de cette vision. Maryline, tu parles de vision, de visionnaires. Oui, c’est exact. Mais nous sommes tous des visionnaires en puissance des « prophètes et des rois ». Il faut oser, pas importe quoi bien entendu, quelque chose qui ait un peu « de gueule  » comme aurait pu le chanter Brassens. J’aime beaucoup cet emprunt à René Char :
     » impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te voir, ils te reconnaîtront »
    C’est certain, ça n’est pas de la poésie classique, mais ça peut « décoiffer » pour changer toute une vie.
    Je terminerai par un autre emprunt, d’un de mes maîtres en poésie, écrite en préface d’un des recueils le s plus connus
    « Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ».
    Et quand on connaît les détails du procès auquel cet auteur a été soumis, on peut pleurer. Au bac, j’avais choisi un texte de cet auteur, et je me suis ramassé, avec un minable 10,5 alors que j’étais habitué à bien mieux. J’avais osé soutenir que cet homme était un idéaliste, un pur, et, pire, un homme à la sensibilité religieuse. Voilà. CQFD. A méditer peut-être lorsque nous communiquons, ce que j’ose faire sans peur de passer pour un donneur de leçons, car les leçons, c’est ma vie, pour les recevoir et m’interroger. Et le reste ne m’appartient pas, heureusement !

    Alors, on fait quoi ? On reste les mains dans les poches quand on a la sensation que l’on peut avancer, participer à une possible évolution. Ou on crève avec l’envie de faire ce qu’on n’a jamais osé ? Et si on passe pour un con, c’est si vite oublié alors que ça peut parfois rapporter gros. Lorsque les journalistes américains allaient interroger Albert Einstein avec l’idée de le faire passer pour un rigolo, poussés par la gente scientifique bien en place qui contestait ses théories, ils pensaient le piéger avec cette question que nos jeunes qualifieraient de « question mortelle » « Monsieur Einstein, montrez nous votre laboratoire ». Et il répondit, naïf autant que seigneur, choses qui vont parfois bien ensemble
    « Mon laboratoire ? Eh bien Messieurs, le voici : c’est mon stylo »

    Alors qui ou quoi croire ? Personne n’a la vérité et ça ne vaut pas la peine de se battre pour le plaisir d’avoir raison, celle qui, demain sera classée au rang des inconséquences. En revanche, il est toujours heureux d’échanger dans un esprit ouvert et l’un de mes préfets pour lequel j’avais plus que du respect hiérarchique m’a appris l’importance du « palabre ». Il a en effet été nommé en nouvelle Calédonie dans un climat difficile laissé par un prédécesseur gérant les affaires à l’européenne avec des collaborateurs persuadés de la supériorité de notre culture. Il n’a pas bouleversé l’ordre des choses. Mieux, il a apporté ce qu’il pouvait communiquer du bonheur possible là où il était appelé. L’empathie, ce n’est pas facile, dans la lecture, dans l’écoute, dans les actes. Personne ne peut jeter la première pierre, mais tout le monde peut chercher ce chemin. Trouvera, ne trouvera pas ? On n’en sait rien.

    Poésie classique, néo classique, régulière contemporaine ? Oui, apparemment, c’est aussi futile que les dissertations sur le sexe des anges, je suis d’accord ! Mais dans l’esprit qui sous tend bien d’autres réalités, dont celle que j’ai essayé de développer ci avant, est-ce futile ? »

  16. Thouvenin Maryline dit :

    Non ce n’est pas si futile que cela et comme Albert Einstein nous pourrons dire: A nos stylos!

  17. Rapinois dit :

    Il est vraiment navrant de lire ces propos stériles pour finalement n’avoir aucune réponse précise. Il me faut donc convenir que le néoclassique est toujours un bateau ivre sur l’océan de l’ignorance.
    Je comprends maintenant pourquoi dans les concours cette forme est mise à toutes les sauces.

    • Je répondrais au Sieur Rapinois que s’il est à boire et à manger dans tout ce qui est écrit et commenté sur cet article,
      il est plus facile encore de critiquer plutôt que tenter d’apporter un avis constructif à toutes les questions posées…
      Une démarche devait être entreprise auprès de l’Académie Française malheureusement interrompue par l’état de santé de notre ami Gérard Dalstein…

      • commentaire de GERARD DALSTEIN du 8 octobre 2014 à 20 h 59 min

        Salut Claudio,

        Tout d’abord, je prends à nouveau conscience, après les problèmes qu’a pu connaître la SPAF lorraine à ce niveau, que la gestion d’un blog est difficile, et qu’il faut bien savoir se décentrer de soi pour perdre ni patience ni courage. Sûr que sur les réseaux sociaux (auxquels je n’adhère pas du tout) il est plus facile de « balancer » n’importe quoi puisqu’il n’y a pas de régulation ! Mais tu sais au moins que nous sommes bon nombre à apprécier ton engagement dans ton désir de communiquer de « belles choses ». Il est des esprits vifs, lents, brillants, ternes, passionnés ou chagrins etc. Je ne sais pas pourquoi, cela fait partie de mon ignorance, mais finalement, c’est peut-être aussi bien comme ça. Car si nous avions pouvoir sur cet état de fait, je craindrais le pire !
        Bon, je vois réapparaître le « serpent de mer ». Une simple anecdote. L’un de ms anciens collègues à la personnalité bien trempée se rendit un jour chez son boucher pour acheter un morceau de tende de tranche. Le boucher lui répondit qu’il n’en avait pas mais qu’en revanche il pouvait lui vendre du filet. Il déclina son offre malgré l’insistance du boucher pour lui vendre ce morceau. Il tourna alors les talons, et, avant de franchir la porte, il demanda au commerçant un peu surpris par la question « Et pourquoi vous n’en avez pas ? » Le boucher ne sut quoi répondre, et le collègue sortit en lui répondant « Parce qu’il n’en faut pas ! ».
        Dans le monde de l’écriture, est-on prêt à regarder en face ce flou qui n’a rien d’artistique ? Comme je l’ai déjà dit, les dissertations sur le sexe des anges ne m’intéressent pas. Mais ce dont je me rends compte, et c’est je crois digne d’être pris en considération, c’est l’incompréhension des jeunes poètes, et je parle de ceux qui ont aujourd’hui moins de 20 ans (et le SPAF lorraine vient cette année d’en récompenser au titre du prix Arthur Rimbaud avec des œuvres d’une qualité surprenante) devant ce qui reste encore de la « querelle des anciens et des modernes ». Nous ne sommes collectivement pas capables de gérer nos propres « codes ». Alors, s’il n’y en a pas, c’est qu’il n’en faut pas. Trop tôt, trop tard ? Je n’en sais rien ! A ce sujet, pour rebondir sur l’ignorance qui est un bon sujet de philosophie, c’est ma foi ce qui nous est accordé d’emblée, l’infini de notre ignorance que la connaissance ne remplira jamais, comme le tonneau des Danaïdes. Mais ce qui m’intéresse, c’est ma propre ignorance, et au fur et à mesure que j’essaye d’avancer dans la connaissance en de nombreux domaines, parce que je suis curieux, et c’est une chance, plus je mesure l’étendue de cette ignorance, et c’est toujours bénéfique. En ce qui me concerne, et très lucidement, il ne s’agit pas d’un océan. C’est bien trop petit. Mais au moins d’une galaxie ! Quant à l’ignorance des autres, qui serais-je pour en juger ?
        Non, je cois que nul, s’il est ouvert, ne peut nier cette zone de flou un peu malsaine où l’élitisme, l’ignorance des formes, l’égocentrisme du « créant » offrent un parterre criant de dysharmonie. Mais dans le temps qui me reste pour mener à bien mes travaux, je n’ai pas envie de me battre contre des moulins à vent. Ca n’est pas perdu pour autant. Les questions d’aujourd’hui, même si elles ne trouvent pas ou peu d’écho, demeurent, questions pour demain, peut-être sous d’autres formes. Qui sait ?
        Bon vent capitaine, serre le bien même par petite brise. Attention à la jolie brise !
        Bien amicalement
        Gérard

  18. Gabriel Leroy dit :

    Je pense que l’on a affaire à de la poésie néo-classique dès l’instant où elle est rimée et que la longueur du vers est respectée. En cela elle devrait respecter la règle du e caduc sinon le rythme restera incertain en fonction du niveau de langage du lecteur, soutenu ou pas. Pour le reste, elle peut se permettre d’abandonner tout ou partie des autres règles comme l’alternance des rimes, les rimes interdites, hiatus, diérèses archaïques, etc

    J’ai cru longtemps écrire en poésie classique jusqu’au jour où j’ai eu connaissance d’une règle souvent oubliée disant que certaines consonnes muettes rendaient certaines rimes fautives. Je connaissais bien l’obligation des pluriels et singuliers entre eux et celles des genres mais je ne savais pas pour certaines autres rimes interdites comme par exemple « fusil/choisi ». Quelle déception ce fût! Mes poèmes sont devenu à mes yeux néo-classiques dès cet instant.
    Depuis j’ai abandonné tout ce qui me semblait « inutile » pour l’harmonie sonore. J’ai même opté pour ma propre règle d’alternance. à la place de l’alternance classique féminine/masculine j’opte pour une alternance consonantique/vocalique qui a selon moi d’avantage de sens puisqu’elle se base sur le son.

    Je pense qu’il est noble d’écrire en classique. Ca a aussi beaucoup de charme. Mais dès lors que l’on ne respecte pas l’une des règles, pourquoi s’obliger à en respecter d’autres si elles n’ont plus de nos jours de raison réelle d’être, vu l’évolution et la standardisation de la prononciation.

    • Hola Gabriel, tu me renvoies à une discussion d’il y a 6 ans, en 2012…
      Chacun écrit comme il a envie d’écrire et certaines règles ne devraient plus avoir cours, certes, vu l’évolution des mots et du langage, comme le « S » des pluriels en fin de rime qui autrefois était prononcé mais qui ne l’est plus désormais…
      Mais souvent certains et certaines « poètes » ne respectent pas les règles de base de la poésie classique rendant ainsi leurs textes sans cadence et sans rythme, hélas…
      Sont-ils alors encore des « poètes » au sens littéral et littéraire du terme ?…
      Les règles sur les e muets et les alternances par exemple sont pour moi primordiales…
      Quant à ta propre règle de l’alternance consonantique/vocalique je n’ai pas d’avis car je ne la connais pas, il me faudrait quelques exemples…
      j’espère que tu me les feras découvrir…
      :-D :-D :-D

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