L’ÎLE DE SAN PIETRO DI CASTELLO ET LA DERNIERE MAISON DE VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 11 mars 2014

En vénitien nous disons l’île de « SAN PIERO DE CASTEO », située à l’extrémité orientale de Venise comme nous pouvons le voir sur la carte…. Au nord, les bassins de carénage, au sud, l’île de « Sant’ Elena »  avec la darse des voiliers de plaisance, à l’ouest le sestiere de « Castello » dont l’île fait partie intégrante, et à l’Est, la lagune juste avant l’embouchure de « San Nicolò » donnant sur l’Adriatique….

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Un petit zoom sur la carte pour examiner cela de plus près….

L’île, qui a la forme d’une olive, est reliée au sestiere de Castello par deux ponts…. Le pont de « Quintavalle » et le pont de « San Piero » qui donne directement sur l’ancienne basilique…. Cette île aux confins de la Sérénissime était autrefois relativement déserte, n’y circulait que les insulaires et de très rares touristes, mais depuis une quinzaine d’années un embarcadère de vaporetto est installé, que j’ai marqué d’une croix rouge sur la carte, ce qui fait qu’il est beaucoup plus facile d’atteindre l’île sachant que 4 lignes de « Motoscafi » s’y croisent…. Je désigne également d’une flèche bleue, la dernière maison de Venise, à l’extrémité Orientale de la Cité….

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Quand nous arrivons en « Motoscafo » (version plus petite et plus rapide du vaporetto) voici la première image que nous avons de « San Piero »…. La grande maison claire à droite, c’est la maison fléchée en bleue sur la carte précédente et nous distinguons en arrière plan le campanile de San Piero et la coupole de l’ex-basilique….

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En s’approchant nous voyons bien l’embarcadère et l’ultime maison de Venise….

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Que nous voyons mieux une fois pied à terre….

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Cette ultime maison de Venise n’offre aucun intérêt du point de vue architectural, mais elle me tient à cœur car c’est la maison natale de Linda Nicolaj, ma maman…. (J’ai d’ailleurs en juillet 2011 publié un billet sur les Nicolaj de Venise :  ici)

 C’est toujours avec un brin d’émotion que je passe devant cette maison et il me vient en mémoire tous les souvenirs que me racontait mia Mama sur sa première jeunesse dans ce quartier….  Par exemple, la porte d’entrée et la fenêtre par laquelle elle se sauvait pour plonger dans la lagune lorsqu’elle trompait la vigilance de ma grand-mère, la Nona Gemma….. c’était dans les années 30 du siècle dernier….

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Le petit escalier de pierre par lequel elle remontait après s’être baignée et faite copieusement disputée par sa mère….

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La rive le long du canal du Quintavalle où elle gambadait…. L’île d’ailleurs s’appelait Quintavalle, nom de la famille des premiers occupants de l’ile au  5ème siècle…. D’ailleurs ma mère ne disait jamais qu’elle habitait à San Piero, je l’ai toujours entendu dire qu’elle habitait à « Quintavalle »….

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La maison d’à côté où demeuraient ses petits copains et copines….

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La fin du quai, le bout de Venise, juste là où maintenant est installée la passerelle de l’embarcadère de l’ACTV, Agence Communale de Transports Vénitiens….

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Et après plus rien, sinon, derrière cette extrémité orientale de Venise, la lagune…. Vous comprenez bien que personne ne s’aventurait ici avant que l’ACTV n’y débarque ses passagers….

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Je profite au passage pour « shooter », juste en face, un cormoran séchant ses ailes en haut de la balise signalant les câbles Telecom….

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Continuons notre balade…. Nous arrivons sur le « campiello dei Pomeri », la petite place des pommiers…. Car si en italien une pomme se dit « una Mela », en vénitien nous disons « un pomo »….

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Un regret de ma part car j’ai toujours vu cette place remplie d’une quinzaine de chats devant la maison grise…. Mais depuis que la municipalité a éradiqué la gent féline à cause, parait-il, du sida du chat, la place est tristement déserte….

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Témoin ce chien couché qui semble s’ennuyer de l’absence des chats, mais ces derniers régnaient en maîtres sur le Campiello….

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Sur le côté droit de la place, derrière le mur, une maison traditionnelle avec son linge sur le fil, comme partout ici….

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Juste après ce campiello, nous arrivons au détour d’une calle, et là c’est clairement inscrit, « zone militaire, défense d’entrer »….

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Bon, vous me connaissez, pour un soixante-huitard attardé comme moi, « interdit d’interdire » et ce n’est pas les soldats de l’armée des militaires qui vont m’impressionner et m’empêcher de me promener sur l’ile natale de ma mère….  Non mais, on est chez nous !…. Je rentre et je tourne le coin pour découvrir une calle absolument déserte, pas de planton, pas de sentinelle, que dalle !….

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Mis à part une porte entourée de deux drapeaux….

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Commandement de la zone de phares de l’Adriatique, Venise….

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Ils doivent roupiller derrière, parce que, attention, si on sonne à la porte faut se faire reconnaitre, je traduis ;

« Pour l’ouverture du portail, sonner par l’intermédiaire du bouton et se positionner pour être visible, vers la caméra postée sur votre gauche dans l’angle en haut du mur d’enceinte »…. Z’ont peur ou quoi ?….

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Je continue mes investigations dans cette zone interdite, jusqu’au canal…. Là, quelques bateaux de la marine et le bâtiment militaire caché derrière le mur d’enceinte, surmonté d’une grande antenne….

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Nous continuons la promenade, vue du pont de Quintavalle depuis « Sant’ Ana », donc l’île de « San Piero » est face à nous….

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Un panoramique de ce beau pont de bois qui enjambe le large rio de San Piero….

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Une petite calle….

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Menant à une cour discrète….

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 La « Corte dei Preti », la cour des prêtres…. Mon ami Klod ne l’avait pas répertoriée cette « Corte » du bout de Venise….

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Une impasse faisant partie de cette « Corte »…

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Plus loin une autre impasse, bien verte….

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Le coin de la « ruelle derrière le clocher » où tous ceux qui veulent rejoindre l’ex-basilique sont obligés de passer s’ils proviennent de l’embarcadère ou du pont de Quintavalle….

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Et voilà encore quelque chose qui me chagrine…. Sur les « Nizioleti » (en vénitien : « les petits draps », ainsi que l’on appelle ces rectangles blancs  peints sur les murs) les noms des calle, des « campi », des « corte », etc.,  sont depuis toujours écrits en vénitien…. je remarque que celui-ci est écrit en italien :

« Calle dietro il Campaniel »

 Si le mot « Campaniel » (pour clocher) est bien vénitien « dietro il » est purement italien….

Il devrait être inscrit :

 « Calle dadrio el Campaniel »…. 

La raison en est qu’une adjointe au maire, responsable de la toponymie à la commune de Venise, a donné son aval l’année dernière pour « italianiser » les « Nizioleti » au fur et à mesure qu’on les repeignait, sous prétexte que les noms de rues devaient aussi servir aux touristes et aux étrangers…

Les Vénitiens sont alors restés bouche bée quand les « Rio Terà » sont devenus soudain des « Rio Terrà » ou quand les «sottoportego» sont  devenus «sottoportico» (porche en français)…. La révolte alors a grondé, groupes Facebook en tête, pétition à la clef, et la municipalité a du céder car même certains adjoints et conseillers municipaux étaient opposés à cette « italiannisation » des « Nizioleti »…. Mais ça et là, il reste des séquelles, d’ailleurs on voit bien que celui-ci a été repeint récemment….

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Nous voici enfin sur la grande place herbeuse de l’île, le « Campo San Pietro », là aussi nous devrions lire « San Piero »…. Elle se rejoint aussi directement en passant par le pont éponyme….

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Profil du pont, devant le mur d’enceinte de l’Arsenal….

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Et face à nous l’ancienne basilique de « San Piero de Casteo »….  

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J’adore les petites maisons rouges sur le côté, j’aimerais beaucoup y habiter…. Qui sait, plus tard ?….

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Nous nous approchons de cet édifice qui fut pendant longtemps la Basilique de Venise…. Déjà au VIIème siècle à cet endroit fut érigée une église…. San Piero de 775 à 1807 fut le siège de l’évêché et la Basilique de Venise…. C’est Napoléon, encore lui, qui a transféré la Basilique de San Piero à San Marco, cette dernière n’étant, jusqu’en 1807, que l’église privée du Doge en charge….

Sinon, c’est aussi en ce lieu où ma Maman fut baptisée, fit sa première communion et autres pitreries de l’église catholique….

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Un petit panonceau en italien, posté à l’entré nous apprend les informations élémentaires sur la construction de cet édifice religieux….

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N’oublions le « Campanil », légèrement penché comme de nombreux « Campanil » vénitiens….

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Entre les deux, le cloître avec son puits, dont voici l’entrée….

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Pas très entretenu, un peu « brut de décoffrage », mais le charme de l’ancien…..

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Des arcades, l’on aperçoit aussi bien le dôme de l’ancienne basilique…

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Que le « Campaniel »….

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Du « Campo San Piero », si l’on ne veut pas quitter l’île, nous sommes obligé de retourner sur nos pas…. L’île est petite et a la forme d’un olive comme on peut le voir sur la carte…. avant de s’appeler « Quintavalle », dans les temps plus anciens elle était connue sous le nom de « Olivolo »…. Les historiens se demandent encore si ce nom était dû à la forme de l’île ou à la culture présumée des oliviers….

Au détour d’une calle, une échelle enchaînée et cadenassée, de peur qu’elle ne soit subtilisée…. La confiance règne….

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Nous n’échappons pas à la madone nichée dans un mur, comme partout à Venise….

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Devant le Rio de San Piero, une nasse accrochée à une fontaine….

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Et le pêcheur qui la répare….

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Sur la rive de la « Fondamenta Olivolo » un plaisantin a installé un panonceau avec inscrit « Lungomare Saint Tropez »…. Ca fait au moins dix ans qu’il est là….

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Avant de reprendre le « Motoscafo »  pour rentrer chez nous, un dernier coup d’œil sur la « casa natale de mia Mama » qui nous a quitté à l’âge de 90 ans, il y a maintenant deux années….

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Et sur les vieilles marches de pierre qu’elle empruntait pour sortir de la  baignade….

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En espérant vous avoir fait découvrir le charme de cette petite île éloignée du centre hyper touristique de Venise….

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Où vous irez avec plaisir peut-être vous promener le long des quais de « San Piero de Casteo »….

Claudio Boaretto

21 Réponses à “L’ÎLE DE SAN PIETRO DI CASTELLO ET LA DERNIERE MAISON DE VENISE”

  1. Chantal dit :

    Très bel endroit, plein de souvenirs à transmettre de génération en génération, des pensées émues à une chère disparue, merci pour ces photos Claudio, je partage avec toi le ressenti très vif de l’absence. Bises

    • Esmeralda dit :

      Ces photos et ce reportage sont superbes comme toujours. Et l’on en apprend davantage sur toute ta famille ! C’est beau de rester toujours aussi proches physiquement de ceux qui nous ont quittés. Je connais tous ces endroits par coeur. J’y emmenais souvent les enfants quand ils étaient petits… Vraiment de belles photos. Bravo !

    • Merci Chantal, nos chers disparus sont toujours présents dans nos cœurs et continuent d’exister grâce à nous et à nos enfants….

  2. francois dit :

    J’ ai adoré ta ballade photographique, et cela me donne vraiment très envie de revenir à Venise.
    Témoignage touchant car faisant remonté des souvenirs enfoui au plus profond de toi.
    Un petite question, sur la denière vue de la casa natale il y a un panneau avec la mention « lungomare saint tropez » une petite explication peut être?
    A bientôt.

  3. Klod dit :

    J’ai été heureux de refaire cette balade que nous avons eu, Olga et moi, le plaisir de faire « en vrai » avec vous deux, un soir, il y a peu.

    Avec mon compère Stefano, nous n’avons pas fait le tour de toutes les cortes de Venise, elles mériteraient une encyclopédie. Je soupçonne que la petite maison rouge que tu as photographiée, à gauche de la Basilique doive être une maison patriarcale, car il y a toujours un va-et-vient incessant de gens du quartier. Devant la basilique, dès qu’il fait beau, s’installent celles que je surnomme « Radio Casteo » et qui doivent habiller pas mal de monde avec de beaux vestons. En tout cas, ça tchitchete bien.

    Au fond du cloître, sur la droite, une porte « secrète et magique » donne sur un grand terrain vague, sur la gauche sont entassé des bateaux d’un chantier, et tout au fond, on tombe sur l’arrière de la maison de ta maman. Les chats de San Pietro n’ont pas tous disparus, il en reste quelques uns dans ce grand jardin secret qui doit servir à pas mal de « choses » car les chemins y sont bien tracés, et en été, on peut y voir des zones d’herbe bien aplaties.

  4. Jean Pierre Malo dit :

    Bravo pour ce document précieux qui révèle une Venise extra temporelle ! Ce pécheur, par exemple qui répare sa nasse a 1000 ans…Si loin des lieux touristiques. Une pensée émue pour ta mère et ton père qui nous avaient si bien reçus avec Céline chez eux en 96.

  5. Mozziconacci Danielle dit :

    Ciao Claudio, voilà une promenade que j’adore et que je fais à chaque fois que je suis à Venise par n’importe quel temps ! Mais la plus belle fut celle que j’ai faite par un brouillard terrible, votre célèbre « Caïgo » ! Je croyais que j’étais arrivée au bout du monde. La maison de ta Maman dans le dos et face à moi une purée de pois quand subitement un petit bateau a surgi de la brume, une image du tonnerre que je n’ai pas faite car j’étais frigorifiée et j’attendais le motoscafo qui n’est jamais arrivé. Donc retour sens inverse,par le chemin que tu montres, toujours dans le Nebbia… Si tu regardes mon blog, tu as peut-être vu toutes ces images. Un lieu que j’aime aussi particulièrement c’est le cloître et le vieil escalier au fond, quant à la petite corte dei preti, elle fut ma dernière photo de l’été dernier. Il y avait d’ailleurs une petite festa sur le campo devant l’église.
    J’ai beaucoup apprécié de lire les souvenirs d’enfance de ta Maman et comme toi j’adorerais vivre dans l’une des petites maisons rouges à cet endroit. Il y a plus de 20 ans quand j’ai découvert cet endroit tranquille de San Piero j’en suis tombée profondément amoureuse.
    A presto
    Danielle

  6. katyL dit :

    quelle jolie et complète promenade à tes côtés! quel guide !
    vraiment tout y est les explications historiques aussi.
    j’aime ce qui s’en dégage qui ressemble à de la nostalgie
    et puis l’endroit où ta maman fut baptisée, cela me remémore un souvenir de famille ….les photos sont bien choisies.
    bref tu es un vrai reporter et lorsque j’ai le temps je viens flâner de ton côté
    cher motard! merci beaucoup
    à bientôt
    katy

  7. Zaz dit :

    Une balade bien agréable, comme toutes celles que tu nous proposes dans ce Venise inconnu des touristes.
    A l’heure de l’Europe, le chauvinisme local, que l’on retrouve dans de nombreux pays, me laisse toujours un peu perplexe…

    • J’espère, Zaz, que ce n’est pas moi et/ou mon reportage que tu taxes de chauvinisme local ?! Dans ce cas je me sentirais vexé…. Ou alors tu n’as rien compris à ce qu’est le chauvinisme…. On peut être jaloux de sa culture, de ses origines, de son éducation familiale, de toutes ces choses qui ont contribué à construire notre personnalité sans pour cela être chauvin….
      Le chauvin c’est celui qui fait preuve d’un nationalisme ou d’un régionalisme excessif et exclusif, et de ce fait dénigre et rejette systématiquement tout ce qui est étranger…. Loin de moi, de nous, cet état d’esprit….
      Si tu lis bien le frontispice de mon blog, tu verras inscrit « Ni dieu, ni maitre, mais des rencontres » que l’on pourrait traduire par : ni religion, ni drapeau au mauvais sens patriotique et chauvin du terme, mais des rencontres, c’est-à-dire l’ouverture aux autres…. J’ai toujours combattu l’étroitesse d’esprit du chauvinisme qui se traduit souvent par un patriotisme mal placé aboutissant à la haine de « l’Autre » et à ses malheureuses conséquences…. L’exemple en est de tous ces partis nationalistes d’extrême droite qui fleurissent même en Europe….Déjà quand j’étais gamin à 20 ans (en 1966) et que je trainais sur les routes du monde, quand, aux Amériques par exemple, on me demandait ma nationalité, je répondais toujours, « tu es Américain, moi je suis Européen »…. Jamais je ne disais que j’étais Italien ou Français, j’avais pourtant la double nationalité…. Ce qui ne m’empêche pas d’être jaloux de mes origines vénitiennes….
      Alors que le chauvinisme local te laisse perplexe, c’est tout à fait normal, puisque moi je ne le supporte pas, mais j’espère ce que n’est pas mon article que tu qualifies ainsi, rassure moi Zaz…. Cela voudrait dire que l’on ne m’a pas compris ou que je me suis mal exprimé…..

  8. Zaz dit :

    Chauvinisme n’est sans doute pas le bon terme. Ce qui m’étonne toujours, c’est ce désir de sauvegarder la langue locale. On retrouve cela en Bretagne où de nombreuses pancartes sont renseignées en français et en breton. On le trouve aussi ici en Corse. Cela dit, je ne comprends pas pourquoi il a fallu « franciser » les localités. Aujourd’hui, nous avons traversé un village dont je ne me souviens pas le nom mais il était très court et se terminait par la lettre u qui est souvent la terminaison locale. Eh bien ce village a été rebaptisé à l’identique sauf qu’il se termine « en français » par la lettre o !!! J’avoue ne pas comprendre…
    Quoi qu’il en soit, je ne voulais pas te vexer. C’est simplement qu’il m’a paru étrange, comme en Bretagne et ici en Corse, et peut-être aussi ailleurs, de voir des pancartes en vénitien et non en italien alors que Venise est en Italie.

    • Personnellement, ça ne me dérange pas que le bretons parlent bretons, que les corses parlent corses ou que les alsaciens parlent alsacien, je trouve cela plutôt normal et intéressant de ne pas laisser perdre certaines cultures…. Et la France n’est que l’ensemble de ces régions…. Où je ne suis plus d’accord c’est quand on refuse la langue du voisin et que de ce fait on devienne intolérant avec l’autre, l’étranger…. Comme les flamands en Belgique ou les Serbes en ex-Yougoslavie…. Mais il est encore plus délicat de comparer la France et l’Italie…. La France date de Clovis et du 5ème siècle, l’Italie est âgée d’à peine un siècle et demi !…. Ma grand-mère ne savait pas parler italien, l’italien étant la langue Toscane, la province d’à côté…. Ma mère a été une des premières vénitiennes à apprendre l’italien à l’école…. Et quand on sait que Venise est une cité attachée à ses traditions, on comprend l’émoi des vénitiens en voyant changer tout à coup le nom des rues qu’ils ont toujours connues, ainsi que leurs pères et leurs grands-pères…. Moi-même, je ne sais pas parler Toscan, soit l’italien, ma mère ma appris sa langue maternelle, le vénitien…. Et quand je vais dans les baccaro, les bars vénitiens, tous les consommateurs locaux parle le vénitien…. D’ailleurs, je n’ai jamais entendu un gondolier parlait le Toscan…. C’est encore dans les gènes, la culture et la tradition populaire…. Je dirai même c’est normal car c’est bien le parler légitime de la population…. Le parler breton est un peu différent car il y a longtemps que la Bretagne est française…. Si l’on voit toujours des pancartes bretonnes c’est la conséquence du militantisme de certains passionnés voulant préserver leur culture locale car très peu de villages parlent encore exclusivement breton en Bretagne…. Et je dis : pourquoi pas…. Alors qu’à Venise, tous les vénitiens parlent vénitien…. On ne peut donc généraliser…. Evidemment après il y a les manipulations politiques d’extrême droite et fascisante qui profitent des différences locales pour exacerber l’intolérance et la xénophobie…. C’est justement le piège qu’il faut éviter et les idées qu’il faut combattre….

  9. Zaz dit :

    Cela ne me dérange pas non plus que les Bretons parlent breton entre eux, les Corses corse et les Alsaciens alsacien tant qu’ils me renseignent en français quand je leur demande un renseignement. Mais je trouve étrange, en Bretagne, de voir des pancartes sur le littoral indiquant aux promeneurs des consignes pour respecter le balisage et ne pas piétiner la flore en français et en breton ! Je me dis qu’il serait peut-être plus utile qu’elles soient aussi traduites en anglais et en allemand ! Mais je comprends parfaitement que la situation soit différente pour Venise et le vénitien. La jeune génération parle-t-elle aussi le vénitien ? Ou l’italien ? Ou peut-être les deux, ce qui serait plus logique et « normal »…? Mon étonnement vient sans doute aussi du fait que je n’ai pas de racines profondément ancrées dans un terroir quelconque, même si je suis Lorraine. j’espère donc que tu m’auras pardonnée cette remarque qui ne voulait blesser personne, et surtout pas toi !

    • Entièrement pardonnée, Zaz…. Et puis ces petites remarques sont parfois l’occasion de donner son avis sur tel ou tel sujet, et provoquer ainsi des dialogues intéressants….
      Les nouvelles générations parlent de moins en moins le vénitien, c’est un fait…. Mes petits enfants par exemple ne le parlent pas….. D’ici quelques générations il sera moins utilisé mais ne s’éteindra pas car certaines corporations le parlent systématiquement, comme les gondoliers….

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