CLAPOT URBAIN par HUGO H

Posté par Claudio Boaretto le 3 août 2014

Voici une huile sur toile de 100x150cm d’Hugo H. qui, du premier coup d’œil, semblerait abstraite

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Si nous n’avions les explications de l’artiste, :

« À Venise, il n’y a pas d’abribus mais seulement des abris de « vaporetti », ces bateaux qui assurent le transport urbain. Ce sont des constructions flottantes, moitié vitrées moitié métalliques, peintes en noir et gris avec bande orange.

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Regarder l’eau entre ce “ponton” et la rive a quelque chose d’hypnotisant. L’image de l’abri est fragmentée en une multitude de facettes qui suivent le relief de la surface, agitée de minuscules vaguelettes qui s’entrecroisent en tous sens. C’est la pulsation de la ville, créée par les nombreux bateaux qui sillonnent le grand canal durant la matinée.

Ce tableau devait exprimer l’aspect liquide et brillant de l’eau, et aussi le mouvement. »

Après l’explication de la génèse de cette œuvre, Hugo H. nous livre les détails techniques :

«Je l’ai abordé avec une spontanéité absolue, comme l’aurait fait un enfant, je pense. Cherchant seulement à mettre des touches bien liquides de teintes là où elles étaient nécessaires. Des couleurs bien tranchées, traitées une par une sur le sec. En cherchant, au fur et à mesure des passages successifs, une touche qui corresponde le plus directement possible au motif : Une écriture qui décrive cette eau agitée d’un matin vénitien ensoleillé.

Un clapotis urbain ; une chose relativement exceptionnelle, si on y pense… »

Il faut reconnaitre que les couleurs chatoyantes de cette œuvre sont captivantes, surtout, connaissant le sujet de ce tableau, pour qui possède l’âme vénitienne … Je ne pourrai pas m’empêcher dorénavant de regarder les reflets du soleil sur la lagune aux pieds des embarcadères des «vaporetti»…

Claudio Boaretto

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LE MUSEE HISTORIQUE NAVAL DE VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 3 août 2014

Je visitai ce musée, il y a déjà quelques décennies et j’en gardai un souvenir excellent… Ce musée n’était ouvert que le matin, ors, depuis peu, il est maintenant visitable en après-midi les vendredis, samedis et dimanches… Quelle aubaine pour votre serviteur, tout le contraire d’un lève-tôt…

Le musée historique naval, appartenant toujours à la marine militaire italienne, est installé dans un édifice du XVème qui donne sur le campo San Biagio, face à la lagune, non loin de l’Arsenal… Quatre étages d’exposition, plus le rez-de-chaussée, 46 salles, de quoi s’y perdre une entière après-midi…

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Qui dit marine militaire, dit armes, canons, bombardes, tromblons, sabres, dagues, uniformes, etc., en veux-tu, en voilà dans ces lieux… Étant d’un antimilitarisme assumé, je vous laisserai les découvrir lors de vos propres visites, et s’il faut en montrer quelques pièces, j’opterai déjà pour le côté dépassé et un peu folklorique avec cette couleuvrine de 90 livres datant de 1643, arme de coursive d’une galère toscane qui projetait des boulets de pierre sur les bâtiments ennemis…

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Ou avec cette bombarde rhabillée de cuir, de corde et de bois, du 14ème siècle… Elle fut employée par les vénitiens pendant la guerre de Chioggia contre les Génois, 1376-1381… (La bombarde est sous vitrine ce qui explique, hélas, les inévitables reflets sur les «foto»… ce sera le cas de beaucoup de pièces exposées dans ce musée, je le signalerai à chaque fois)…

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Moins belliqueux, le fanal à trois lanternes d’une galère amiral vénitienne , du 16ème siècle, en forme de corne d’abondance…

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Ce que l’on trouve aussi à foison dans ce musée, ce sont les maquettes en relief des forts, fortins, forteresses, îles fortifiées, absolument magnifiques et d’une extraordinaire précision…
Morceaux choisis : la forteresse de Corfou en Grèce…

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Une autre que je ne pouvais pas rater car nous passons à son large plusieurs fois par jour, la maquette (sous vitrine) du fort de Sant’Andrea qui protégeait l’entrée de la lagune devant la passe de San Nicolò du Lido…

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Je vous mets la «foto» du fort en vrai pour que vous fassiez la comparaison, nous sommes à marée haute…

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Maquette vue de bâbord…

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En vrai…

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Vue de tribord, avec une découpe intéressante sur la droite ; on voit les pilotis, au-dessus le plancher en bois que l’on appelle le «zatterone» sur lequel on pose les pierres ou briques de fondation, et sur ces pierres, les pierres blanches d’Istrie pour ensuite terminer par la construction en elle-même… Ainsi est bâtie tout Venise…

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Vue de tribord en vrai, toujours à marée haute…

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Sculptures en bois des côtés de la poupe de la galère de l’amiral Francesco Morosini, 1684…

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Le lion de San Marco couronné en bois doré, ornement de galère vénitienne, 17ème siècle…

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Ces décorations sur les flancs des galères, appelées «cortela», seraient les reste de la galère de l’amiral Lazzaro Mocenigo, explosée le 19 juillet 1657 aux Dardanelles… La galère, dont la Sainte Barbe fut touchée par une batterie côtière, se cassa en deux… La partie de poupe sombra tandis que la partie de proue fut remorquée…

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Galiote (sous vitrine), corsaire vénitien du 18ème siècle…

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Galéace vénitienne (sous vitrine) du 16ème siècle, 30 canons, 49 rames, 700 hommes d’équipage dont 343 rameurs…

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Et les rameurs n’étaient pas des fainéants, voilà une vraie rame de galère vénitienne, 56 kilos !…

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Et des maquettes de vaisseaux, de galions, de galères, plusieurs salles de ce musée en sont remplies, de quoi ravir les amateurs…

Nous trouvons aussi la maquette (sous vitrine) du «Squero dè San Trovaso», un des derniers où l’on construit encore aujourd’hui les gondoles…

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Ou cette superbe maquette (sous vitrine) pleine d’enseignements sur le système utilisé au 19ème siècle pour caréner une frégate de 44 canons…

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Encore une «cortela» du 17ème siècle…

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L’ancre d’une galéace vénitienne…

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Une maquette de bateau (sous vitrine) juste pour vous montrer un paquebot quand ils avaient encore l’allure de vrais navires et non ces «Grandi Navi» d’aujourd’hui de 7 à 8 ponts, voire plus, qui ressemblent à des barres immeubles flottants…

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Section de proue d’un «Trabacco» traditionnel, le «Maria»… Avec ma douce qui nous donne le repère dimensionnel…

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Nous passons aux choses sérieuses, voici des bateaux d’apparat vénitiens sur lesquels les grandes familles patriciennes se rendaient aux cérémonies…

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On se demande comment ils ont réussi à mettre ces bateaux au 3ème étage de ce musée…

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Le second a la silhouette d’une felouque…

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Il aurait appartenu au marquis Mezzacapo de Monterosso…

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L’inévitable gondole…

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Une cabine de gondole privée, où avait lieu, dit-on, moult rendez-vous galants de la noblesse vénitienne…

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Un «topo» barque de pêche traditionnelle de la lagune vénitienne… Nous distinguons bien la «Forcola» qui permet la « Voga alla Veneta », ramer à la vénitienne…

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La «Marota»… Un vivier en bois avec des trous pour laisser passer l’eau… Elles étaient attachées avec des cordages sur les flancs des bateaux de pêche de la lagune vénitienne… Utilisées pendant des siècles, elles permettaient de ramener le poisson vivant…

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L’emblème d’état du navire amiral «Wasa»…

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Une grande salle du dernier étage est consacrée à une précieuse et riche collection de coquillages…

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Nous passons ensuite au pavillon des navires installé à une centaine de mètres du musée dans l’ancien atelier des rames de l’arsenal…

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Il est à noter que la charpente de cette salle n’est autre qu’une charpente de bateau retournée sur laquelle on a posé le toit…

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Le plus beau des bateaux de cérémonie vénitien, le «Bucintoro»… Celui-ci fut construit dans la première moitié du 19ème siècle… Il embarqua en 1866 le roi Vittorio Emanuele II° lors du rattachement de Venise au royaume d’Italie…

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Nous n’échappons pas au lion de San Marco en tête de proue…

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Et la traditionnelle cape rouge qui traine dans l’eau derrière la poupe du «Bucintoro»…

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Deux «Bragozzi», barques de pêche typiques vénitiennes…

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Depuis les années 600 jusqu’à la moitié du siècle dernier, les « Chioggiotti » (en dialecte vénitien les « Ciosoti », donc les pêcheurs de «Chioggia» ou «Ciosa») ont toujours péché avec ces bateaux le long des côtes orientales où ils rejoignaient les ports albanais et ceux de Corfou…

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Vous remarquerez la «Marota» sur le flanc de ce second «Bragozzo»…

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Nous terminerons sur cette machinerie de bateau qui me fait penser immanquablement à mon « arrière-arrière-grand-père maternel» Giovanni Nicolaj, capitaine de frégate et directeur du département des « Caldaie Navali » à l’arsenal de Venise dans les années 1860…
(
si vous voulez tout savoir sur les Nicolaj, dynastie nautique, voici le lien :
http://boaretto.unblog.fr/nicolaj-dynastie-nautique/)

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Voilà pour cet avant-goût d’un de mes musées vénitiens préférés… J’espère vous avoir donné l’envie de le découvrir par vous-même, car si vous êtes amoureux des bateaux, de la marine et de Venise, ce musée devient incontournable…

Claudio Boaretto

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