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DAMIEN HIRST AU PALAZZO GRASSI À VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 14 novembre 2017

« Treasures from the Wreck of the Unbelievable » (Trésors de l’épave de L’Incroyable), l’exposition de Damien Hirst présentée du 9 avril au 5 décembre 2017, que nous avions commencé à la « Punta della Dogana » se poursuit au « Palazzo Grassi », le second musée d’art contemporain de la fondation Pinault à Venise, comme en témoigne la grande affiche au-dessus de la porte d’entrée du palais…

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Cette même affiche que l’on observe également sur la porte d’eau…

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Et cette statue de bronze qui interpelle tous les passagers des vaporetti passant sur le « Canal Grande » …
« The Fate of a Banished Man (Rearing) »

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Sitôt entrés dans le musée nous avons le souffle coupé par les colossales dimensions de la statue sans tête qui occupe tout l’atrium du palais, aussi bien dans sa largeur que sa hauteur…

« Demon with Bowl » (démon avec bol)

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Même en faisant plusieurs fois le tour, impossible de cadrer cette statue en son entier dans l’objectif de mon boitier…

Plus de 18 mètres de haut et pas le recul nécessaire pour shooter l’œuvre…

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Il faut monter dans les étages pour en apprécier plus encore le gigantisme…

Aussi impressionnant vue d’en haut que d’en bas…

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Je shoote par fragments…

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Que nous raconte l’artiste sur cette œuvre ? …

« Cette sculpture monumentale est une copie d’un plus petit bronze retrouvé dans l’épave. Sa découverte a résolu un mystère archéologique : en 1932 une tête de bronze aux traits de saurien est retrouvée dans les ruines de la vallée du Tigre. Dotée d’une mâchoire béante et de grands yeux bulbeux, la tête fut initialement identifiée comme celle de Pazuzu, « le roi babylonien des démons du vent ». L’exhumation du corps de la sculpture a remis en question cette assertion, en révélant l’absence des attributs habituels de Pazuzu : ailes, queue de scorpion et pénis à tête de serpent.

Créatures primitives complexes, les démons mésopotamiens habitaient des royaumes au croisement de l’homme, de l’animal et des divinités. Incarnant une réponse transgressive à des structures sociales rigides, ces êtres hybrides pouvaient être apotropaïques, bienveillants ou malveillants. L’hypothèse selon laquelle le bol que tient le démon serait un récipient pour récolter le sang humain correspond à une interprétation contemporaine des démons en tant qu’êtres universels destructeurs.

Il est plus probable que cette figure ait été le gardien de la demeure d’un membre de l’élite locale. » …

Comment ne pas y croire ?…

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Quoiqu’il en soit l’énorme tête est bien là au pied du démon, aussi monstrueuse que la statue…

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Et la pseudo découverte « fotografiée » au fond des flots…

Aluminium thermolaqué, polyester imprimé et caisson lumineux en acrylique (122 x 122 x 10cm) …

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Nous quittons l’atrium pour emprunter la magnifique montée d’escalier où, à mi palier, nous pouvons contempler encore un caisson lumineux de 3 x 2 mètres :
« Aspect of Katie Ishtar Yo-landi Beneath the Sea » …

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Nous voici dans les salles du 1er étage…

« The Skull Beneath the Skin » (le Crâne sous la peau) …

Marbre rose et agate blanche…

« La fin de l’Époque classique (env. 400-323 avant l’Ère Commune) est marquée par de grandes avancées dans le domaine de la théorie médicale dont une nouvelle conceptualisation de la dualité entre corps et esprit.
Les yeux mi-clos de cette figure moitié chair moitié squelette évoquent la croyance selon laquelle le travail du corps se faisait sous le seuil de la conscience »

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Dans la salle suivante 3 statues d’Hermaphrodite…

« Cette sculpture endommagée d’Hermaphrodite, dieu à deux sexes, est à côté d’une copie contemporaine de musée et d’une version avant restauration incrustée de coraux » …

Sculpture endommagée en granit noir…

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Copie contemporaine en bronze…

« Cet hermaphrodite grandeur nature adopte une posture contrapposto (déhanchement) qui accentue les courbes idéales de son corps. L’équilibre maintenu entre les forces contraires, et pourtant complémentaires, illustre la pureté associée par les Anciens à l’androgynie. »

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Version en bronze avant restauration, incrustée de coraux…

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« Museum Specimen of Giant Nautilus Shell »…

Bronze peint, 90 x 70 x 43cm…

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Dans la salle suivante, 8 statuettes en argent et peintes, nous attendent…

Entre autres « Lion and Serpent » 29,7 x 28 x 21cm…

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Dont la reproduction de deux statues monumentales que nous avions vu à la « Punta della Dogana » …

« The Warrior and the Bear » 64,3 x 37.4 x 29,1cm…

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« Hydra and Kali » 93,5 x 122,2 x 57,5cm…

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« Skull of a Cyclops » (crâne d’un Cyclope) …

135 x 114 x 139 cm…

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Le crâne du Cyclope examiné par un plongeur,

Caisson lumineux de plus de 2 mètres de large sur 1,50 mètre de haut…

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Le Cerbère dans sa vitrine, 71,5 x 42 x 85 cm…
(Excusez pour les reflets, je n’avais pas mon filtre polarisant) …

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Les explications :

« Trois inscriptions sont visibles sur les flancs abimés de cette bête à trois têtes : l’une en hiéroglyphe égyptien, l’autre en copte officiel et la dernière en graffiti copte. Chacune fait référence au statu de culte de cet animal, décrit comme le gardien féroce du monde souterrain. Les hiéroglyphes sont antérieurs aux écrits identifiant cette créature comme étant de toute évidence le chien d’Hadès, « féroce, innommable Cerbère qui mange de la chair crue » (Théogonie, Hésiode). L’objet évoque l’ampleur du syncrétisme sous l’Antiquité, om diverses civilisations adoptaient et se réappropriaient les sujets de culte polythéiste. » …

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Encore une statue monumentale…

« Andromeda and the Sea Monster » …

Environ 6 par 4 mètres…

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Les dimensions de la salle ne permettent pas encore d’avoir le recul nécessaire pour shooter l’œuvre en son entier…

J’y arrive à peine en m’aplatissant dans un « racoin » …

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Quelques détails de ce bronze…

 

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Nous arrivons dans une partie plutôt vouée à l’humour et à la dérision de l’exposition…

« Goofy », bronze…

Chez nous, on l’appelle Dingo…

Recouvert de coraux et coquillages après 2000 mille ans au fond des eaux…

Qui n’y croirait pas ?…

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« Best Friends » bronze…

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Trop drôle, j’adore…

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Sans oublier l’inévitable « Mickey », bronze …

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Et bien sûr sa découverte par un plongeur au fond de l’océan indien depuis 2000 ans…

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L’autoportrait de Damien Hirst en bronze :

« Bust of the Collector » …

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Nous allons finir par y croire au naufrage de « l’Apistos », « Unbelievable » en anglais, « l’Incroyable » en français…

Nous trouvons même sa maquette dans une des salles du palais avec force de précisions :

« Le récit de l’histoire du naufrage est livré par le marin Lucius Longinus, confirmé par le contenu d’un papyrus retrouvé dans les ruines de port de Myos Hormos sur la rive de la mer Rouge. Longinus nous apprend que la structure de l’Apistos a été construite en Alexandrie puis transportée le long du Nil avant d’être assemblée à Myos Hormos.
Le navire mesurait soixante mètres de long et pesait plus de 460 tonnes. Un obélisque de 26 mètres trônait sur le pont du bateau » …

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Nous terminerons cette visite par la tête de la Gorgone puisqu’elle figure dans les affiches promouvant l’exposition…
(Étant sous vitrine, nous n’éviterons pas quelques reflets) …

« The Severed Head of Medusa » …

« Entièrement sculptée en malachite, un minerai de cuivre vert protohistorique qui émet une poussière toxique lorsqu’on le sculpte.
Quatorze des serpents les plus venimeux au monde – restitués ici dans les moindres détails – trône sur la tête pétrifiée de la Gorgone, dont le python de Seba, la vipère cornue et le serpent corail » …

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Je ne vous ai pas tout montré bien évidemment…

Dans moins de 3 semaines l’exposition ferme ses portes…

Si vous êtes à Venise, il serait dommage de la rater…

Sinon, entre la « Punta della Dogana » et le « Palazzo Grassi », j’avoue avoir une préférence pour la Pointe de la Douane…

Claudio Boaretto

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DANS LA SÉRIE ROUGE DE HUGO H, FLEUR DE CANNA

Posté par Claudio Boaretto le 12 novembre 2017

Voici le dernier tableau de la « Série Rouge » de Hugo H.

Une huile sur toile de 100x100cm faisant déjà partie d’une collection privée en Italie…

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La présentation de l’œuvre par l’artiste :

« Pour finir ma série rouge, voici un grand format carré qui révèle la géométrie complexe d’une fleur tropicale originaire d’Amérique. 

Cette toile était une commande. Le rouge faisant partie du cahier des charges, j’ai carrément aboli les autres couleurs, comme si tout le paysage était composé de pétales. Au final, c’est comme si la lumière était rouge aussi.
La monochromie aide l’œil à se concentrer sur les formes. »

Retour vers le passé, au mois juin 2017, quand l’artiste décide d’attaquer cette toile…

Je ne sais pas pour vous, mais j’adore voir l’évolution des toiles de Hugo H du début jusqu’à la fin…

« Après avoir sélectionné les pigments, en avant pour la tartine ! »

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« Un mètre carré de fleur. Ni plus, ni moins. »

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Le 12 juillet 2017…

« Rouge sur rouge, rien ne bouge…
et là vous vous demandez pourquoi avoir peint en rouge clair en dessous du rouge foncé… ben, c’est pour avoir à présent du rouge plus clair que le rouge le plus vif… c’est clair ? Bon, oublions ça pour l’instant ! »

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Le 21 juillet 2017…

Je rappelle que les propos rapportés sont les propos tenus par l’artiste les jours-dits…

« Pas trop le temps aujourd’hui. Juste des ombres portées pour détacher les masses. On avait dit bleutées, hein ? Et puis à l’arrière-plan pour unifier le tout pendant qu’on y est…
Ensuite on accentuera le modelé et les contours… »

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Le 29 juillet 2017

« Après les ombres portées, travail sur le modelé pour rendre moins abstraite la surface des pétales… »

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Trois mois plus tard, le 6 octobre 2017…

« Miracle, aujourd’hui j’ai eu du temps pour peindre ! J’en ai profité pour mettre un peu de lumière sur cette fleur. Cela m’a permis d’éliminer les lignes jaunes qui ne convenaient pas… »

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Et pour finir, l’œuvre terminée et déjà livrée à son commanditaire…

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L’atelier de Hugo H se trouvant dans le « Sestiere de Cannaregio » à Venise provoque cette petite boutade de l’artiste :

« Pour l’anecdote, c’est un hasard mais qu’une fleur de Canna finisse à Cannaregio, c’est tout à fait logique…non ? »

Heu, ben oui…

Claudio Boaretto

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HUGO H ARTISTE-PEINTRE COTÉ PAR ART-MAJEUR ET J-A AKOUN

Posté par Claudio Boaretto le 12 novembre 2017

C’est la grande nouvelle de cet automne, Hugo H, notre artiste-peintre vénitien préféré est désormais coté par le célèbre Jacques-Armand Akoun et Art-Majeur…

La cotation est une promotion majeure pour tout artiste digne de ce nom… 

Un passage obligé pour qui peut y accéder, une vraie reconnaissance en tout cas… 

Être coté n’est pas non plus évident, il faut faire preuve tout d’abord d’un talent avéré ainsi que d’un professionnalisme reconnu dans le monde de l’art et de la peinture…

Pour figurer dans son ouvrage réputé, publié chaque année : « La cote des Peintres » de Jean-Armand Akoun, son équipe, un commissaire-priseur et lui-même enquêtent sur la qualité de l’artiste et les ventes déjà réalisées les années passées. Ils examinent le dossier constitué par les œuvres, la biographie et la formation du peintre, ses expositions ainsi que tous les justificatifs de vente publiques ou privées réalisées par l’artiste…

Ensuite ils « apprécient » la valeur et éventuellement arrêtent une cotation. 

 

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Les artistes sollicitant une cotation essayent toujours de démontrer une valeur la plus haute possible tandis que les experts d’AKOUN s’évertuent à « insérer » ces artistes dans une valeur de marché réel… 

Souvent le résultat est considéré comme décevant par les artistes cotés la première fois…

Philippe Richard, alias PhilRich, marchand de tableaux très connu en Lorraine, qui depuis le début guide Hugo H pour l’élaboration de son dossier, l’avait d’ailleurs prévenu :

« Ne soit pas déçu si la cotation est inférieure à la réalité, c’est parfaitement normal. »…

Lorsque la certification est acceptée, elle est publiée dans les bases de données AKOUN, et dans les ouvrages de référence (site internet, publications papier, etc.) qui sont consultés par les experts en art, galeries, amateurs d’art etc… 

Ainsi Hugo H., avec l’aide précieuse de PhilRich, a monté son dossier : œuvres, biographie, formation, factures, expositions, etc… 

Un grand pas en avant pour une fois que HUGO H acceptait la démarche, surtout lorsqu’on connaît sa position sur l’aspect « commercial » de son activité artistique : 

« Je refuse de travailler pour vendre, j’ai mon atelier par passion, je veux faire ce qui me plaît et non ce qui se vendrait mieux, j’ai tant de recherches et de projets à explorer encore. Je n’ai pas le temps pour le reste. » …

Autant dire que si la cotation avait été refusée ou trop faible ça l’aurait conforté dans une idée fataliste de « je travaille pour moi tant pis si les autres ne comprennent pas » …

Il reçoit finalement la nouvelle et décroche sa certification le 10 octobre 2017 comme vous pouvez le constater sur le certificat ci-dessous… 

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Surprise lorsque AKOUN a communiqué sa cotation : une valeur largement supérieure au « marché » jusque-là démontré par Hugo H et un véritable enthousiasme des experts dans leur commentaire !…

Nous pouvons y lire cette remarque flatteuse signée J-A Akoun :

« Réalisme sensible avec touche très personnelle »

« Superbe »

Cette reconnaissance des experts conforte l’artiste dans la réalisation de son œuvre…

Mais le plus important est l’évaluation de la cote de Hugo H…

La cote est établie à 850€ pour un format 15p (65x50cm) …

C’est-à-dire que le prix de toutes les œuvres de Hugo H vient de prendre d’un seul coup 45% d’augmentation ! …

Excellente nouvelle pour l’artiste lui-même et pour tous les amateurs ayant déjà acquis une de ses œuvres et, de ce fait, réalisé un investissement intéressant car un bond de 45%, ce n’est pas tous les jours…

Bonne nouvelle également pour les futurs acquéreurs des toiles d’Hugo H car ils seront désormais assurés de la valeur artistique (et financière) des oeuvres de l’artiste reconnu par les experts…

Un grand merci à PhilRich qui a su guider Hugo dans les méandres compliqués des démarches pour l’obtention de cette certification… 

Encore bravo et toutes nos félicitations à Hugo H. …

Claudio Boaretto

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LA VAGUE DE HUGO H.

Posté par Claudio Boaretto le 10 novembre 2017

Une œuvre d’Hugo H., terminée le 8 novembre 2017…

Comme notre artiste-peintre préféré s’est montré très disert sur cette peinture, je lui laisse la parole tout au long de cette publication, il est plus amène que votre serviteur pour expliquer les tenants et les aboutissants de cette création…
Pour bien différencier, fidèle à mes habitudes, j’ai repris ses écrits en italique bleu, alors que mes remarques personnelles sont en noir…

« J’aime bien avoir plusieurs projets en cours simultanément. Et là, il y a peu, je m’étais débrouillé pour finir la plupart de mes grands formats en prévision des jours froids qui arrivent et qui me contraindront à quitter mon atelier glacé…

Mais voilà : cette année, les températures acceptables se sont étirées tout le long du mois d’octobre et je me suis retrouvé à chercher quoi commencer de neuf. J’ai donc replongé dans mes photos oubliées du fond du tiroir, en quête d’un cliché qui mériterait d’être transposé sur toile… grand bien m’en a pris : j’ai retrouvé cette vague !

Oui, c’est “déjà-vu” une vague… mais c’est aussi un très bon exercice ! Et puisque j’aime autant la mer, pourquoi pas moi aussi ? Ayant une toile d’un mètre carré qui attendait dans un coin, je m’y suis jeté sans réfléchir plus longtemps !

Voici donc une vague chargée de sable qui s’écrase sur une plage de galets. Si, ça existe… c’est à Cayeux-sur-Mer que ça se passe. Dans une zone au sud de la baie de Somme ou s’accumulent les galets » …

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De par la couleur, j’avais bien vu que ce n’était pas une vague vénitienne, mais je ne veux pas interrompre l’artiste…

« Une vue sur la mer aux tons inhabituellement chauds, donc… C’est l’automne, c’est de saison ! Pour en rajouter une cuillère, j’ai poussé vers le mauve les reflets du ciel… On se retrouve avec une cohabitation de teintes complémentaires qui font vibrer la lumière. Sans le vouloir, j’ai suivi – de même que les impressionnistes avant moi – les principes énoncé par Eugène Chevreul dans sa “loi du contraste simultané des couleurs” (1839). Si vous regardez aussi les fabuleux tableaux du bord de mer de Joaquin Sorolla, vous remarquerez l’usage du violet et de l’orangé jusque dans les ombres pour rendre la lumière si éclatante. Bon, c’est pas du tout la même lumière, mais le tiers inférieur de ma vague suit le même principe…

Je me suis également souvenu de cette peinture du XIXème siècle que j’aime tant pour évoquer le mouvement de l’eau, spécialement au premier plan. Les lignes et les touches de pinceaux doivent raconter le mouvement de l’eau et la lumière. Tout est là. Inutile d’y revenir. Le centre du tableau ou la vague se casse bénéficie de plus de détails. C’est le point focal. C’est naturellement là que le contraste est également le plus fort. »

C’est là que l’on s’aperçoit que Hugo H. ne peint pas au petit bonheur la chance, qu’il est empreint d’une grande culture picturale qu’il lui sert de référence, de point de repère lorsqu’il met en œuvre ses propres créations…

Après le « Fond », la « Forme » :

« Cette vague est éclairée de façon presque frontale par un soleil très bas. L’arrière-plan disparaît dans l’ombre (alors qu’il doit se faire oublier, c’est paradoxalement cette partie qui m’a un peu énervé et j’ai dû y revenir plusieurs fois). On dirait presque qu’on a braqué un phare sur cette déferlante…

Finalement, les trois tiers du format sont traités de manière très différentes.

La palette utilisée ici est composée de terre d’ombre brûlée, ocre jaune, bleu outremer, laque de garance, noir (le moins possible) et blanc, bien sûr. Je dois avouer avoir été très surpris d’utiliser beaucoup plus de terre d’ombre que d’ocre jaune et également plus de laque de garance que de bleu outremer… »

Pour l’anecdote :

« C’est quasiment les pieds dans l’eau que j’ai terminé cette toile suite à notre première inondation de la saison, moins de trois semaines après avoir ouvert mon tiroir à vieilles photos… » …

En voici la preuve, quelques centimètres d’eau dans l’atelier de l’artiste…

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Rassurez-vous, ce n’est pas toute la journée comme le font croire parfois les chaines de télévision françaises toujours à l’affut de l’insolite ou du sensationnel, ça dure une heure ou deux pendant le pic de marée… Et là nous avons eu « l’aqua alta » 3 jours de suite…

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Remontant dans le temps de quelques semaines pour la génèse de ce tableau…

Le 19 octobre…

« Le croquis du jour. Un mètre carré. Nouveau projet. Oui c’est déjà vu mais pourquoi pas moi ? Si, j’aime bien. Et je ne peints pas si souvent la surface de l’eau…

Il s’agit juste du croquis initial chargée de sable. Les parties horizontales seront bleutées car elles reflètent le ciel. Le fond n’est pas assez foncé car j’ai teinté d’ocre jaune (couleur sable) la couleur terre d’ombre que j’utilise habituellement pour mes « grisailles ». La lumière est basse et presque face à la vague. Je voudrais quelque chose de dur. Pas froid mais dur. »

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Le 21 octobre…

Ne vous y trompez pas, ce serait presque tu temps réel, car je reprends les réflexions, les messages et les « foto » de l’artiste publiés au jour le jour…

« La surprise du jour. La mer parait jaune tirant sur le vert mais en fait elle n’est même pas jaune, elle est brune ! Pas une touche de bleu dans ces deux photos de détails qui prennent de la couleur ! Voilà des couleurs de saison… »

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Le 25 octobre…

« Et voilà la couleur ! Regarder cette photo me permet de voir tout de suite ce qui ne va pas (en vrai j’ai du mal car il faut s’éloigner beaucoup avec un tel format). Dans l’ensemble ça progresse… »

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Le 27 octobre

« Bon, là je m’étais dit que je finirais l’arrière-plan vite fait… ça n’est pas probant… il faudra que j’y revienne… »

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Le 1er novembre…

« Hier, une séance autour de l’écume, avec une palette de tons clairs, tirant sur le brun ou le mauve selon la situation. »

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« Le contour de la vague est enfin défini ! Vous remarquerez sûrement que j’ai aussi éteint l’arrière-plan. »

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Le 4 novembre…

« Là ou je ne me suis pas planté c’est dans ma vague… c’est pratiquement fini. Un vrai beau travail impressionniste. Il ne manque plus qu’une petite séance avec du blanc pour les éclats de l’écume. »

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« Le graphisme est là. Les lignes et les touches racontent le mouvement de l’eau. Sous chaque peinture, il y a un dessin dont il faut se rappeler. Je pense que mon ami Matteo, le dessinateur, est fier de moi cette fois ! »

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Revenons à l’œuvre finale…

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« La Vague », Huile sur toile de 100x100cm…

Il en coutera 1620€ pour l’acquisition de cette toile de Hugo H., artiste peintre désormais côté…

Claudio Boaretto

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DAMIEN HIRST EXPOSE À VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 1 novembre 2017

« Treasures from the Wreck of the Unbelievable » (Trésors de l’épave de L’Incroyable), exposition de Damien Hirst présentée du 9 avril au 5 décembre 2017, simultanément à la « Punta della Dogana » et au « Palazzo Grassi », les deux musées d’art contemporain de la fondation François Pinault…

Nous sommes allés visiter mercredi dernier la Pointe de la Douane, (le mercredi entrée gratuite pour les vénitiens) et, autant vous l’avouer, nous sommes emballés par cette incroyable expo…
Nous ne tarderons pas d’aller bientôt visiter le « Palazzo Grassi », de toute évidence avant le 5 décembre…

Devant la porte d’entrée nous accueille « The Fate of a Banished Man » (le destin de l’homme banni), statue en marbre de Carrare qui donne le ton…

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Cette exposition est un événement dans le monde de l’Art Contemporain…
Voici, assez explicite, un des nombreux articles publiés à ce sujet :

 « L’enfant terrible de l’art contemporain est de retour. Le Britannique Damien Hirst est l’hôte de la Fondation Pinault, à Venise à partir de ce dimanche 9 avril et jusqu’au 3 décembre, pour une exposition monumentale où il entraîne le spectateur dans une fiction sous-marine, d’une grande profondeur.

Le secret avait été jalousement gardé sur ce projet ambitieux auquel Damien Hirst, 51 ans, a consacré dix années et qui rassemble près de 200 œuvres inédites dans les deux écrins de la Fondation Pinault que sont le Palazzo Grassi et La Punta della Dogana.

Baptisé « Treasures from the Wreck of the Unbelievable » (« Trésors de l’épave de L’Incroyable »), il conte la légende de L’Incroyable, présenté comme un vaisseau qui sombra il y a des siècles au large des côtes d’Afrique, emportant avec lui sa cargaison inestimable. Dans les cales du navire, des sphynx venus d’Égypte, des statues grecques, des colosses de bronze, de l’or, des bijoux et des armes à profusion.

Ce trésor englouti, Damien Hirst l’aurait retrouvé au fond de l’océan Indien et extrait des profondeurs au cours d’une prétendue campagne de fouilles sous-marines, dont les vidéos sont projetées au fil de l’exposition. À Venise, le plasticien expose le fruit de cette pêche miraculeuse dont les pièces sont encore recouvertes d’algues durcies, de coraux ou de coquillages, autant d’empreintes que la mer a déposées au fil des siècles.

Vrai ou faux ?

Mais le visiteur s’interroge… »

Je ne me suis pas interrogé longtemps car je savais avant d’arriver, mais cette exposition est incroyable, avec des œuvres monumentales, magnifiques et non dénuées d’humour…

Au rez-de-chaussée nous accueille un bronze, « Calendar Stone » … Plus de 4 mètres de haut et de large…

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Je ne vous épargnerai pas, par moments, les explications alambiquées données sur ces œuvres car elles font partie des œuvres elles-mêmes et mélangent habilement le vrai et le faux, jugez par vous-même :

« Alors que les calendriers méso-américains et aztèques révèlent une vision du monde cosmologique hautement complexe, leur signification profonde continue de nous échapper. On pense que ces disques -celui-ci- comparable en taille à la célèbre pierre aztèque appelée Pietra del Sol, auraient été utilisés afin de prédire des dates importantes dont celle de l’imminente apocalypse, etc., etc. … » …

Détails…

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« The Diver » (la plongeuse) …

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Recouverte d’algues, de coraux, de coquillages, après 2000 ans passés au fond des eaux…

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« The Diver with Divers », pour parfaire la crédibilité, sur une sorte de gigantesque écran on voit la « foto » des plongeurs découvrant la plongeuse…
Trop fort !…
Aluminium thermolaqué, polyester imprimé et caisson lumineux en acrylique, 535 x 357 x 10 cm…

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« The Warrior and the Bear » (la Guerrière et l’Ours), sculpture monumentale de 7,13 mètres de haut…
Waouh, impressionnant…

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« Cette sculpture faire référence à l’Arkteia, rite d’initiation de la Grèce antique, où de jeunes Athéniennes imitaient des ourses, dansaient et pratiquaient des sacrifices. Cet acte de sauvagerie orchestrée servait à apaiser Artémis, etc. » …

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Une vue depuis la mezzanine nous fait appréhender la grandeur des espaces, la beauté du lieu et de la charpente, la monumentalité des œuvres et la dimension de la « foto » …
Un bel ensemble, je suis fan…

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« Lion Women of Asit Mayor »…
« Cette paire de sculptures s’inscrit dans une tradition ancienne qui consiste à présenter des figures divines ou semi-divines maîtrisant des monstres prédateurs »…

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« La symétrie de la composition suggère qu’elles étaient destinées à être gardiennes de l’entrée d’un temple. » …

Trop bien les explications, mort de rire…

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Qui n’a jamais vu telle crinière ? … Pourtant pléthore de lions à Venise…

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Je suis loin d’être le seul à shooter ces œuvres rocambolesques…

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Détails…
Encore deux mille ans dans l’eau et on ne voyait plus le visage !… lol…

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« Extraordinarily Large Museum Specimen of Giant Clam Shell »…
On y croirait, même en regardant de très près…
C’est un bronze peint…

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« The Minotaur », sculpture en granit noir…

« La représentation du mythe grec de l’homme mi-homme et mi-taureau violant une vierge d’Athènes dresse un portrait violent d’une sexualité masculine débridée et menaçante » …

Que voilà un thème d’actualité, certains « enfoirés » s’y reconnaitront assurément…

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Voici une des œuvres les plus spectaculaires et monumentales de cette exposition :
« Hydra and Kali », bronze de 539 x 612 x 244 cm… 

« Représenter la nature cosmique omniprésente d’une divinité à travers une multiplicité de membres est une pratique indienne datant de la période kouchane. Bien que le serpent à plusieurs têtes (naga) soit une figure récurrente de la mythologie hindoue, cette bête à sept têtes rappelle davantage l’Hydre grecque, l’un des adversaires les plus terrifiants d’Hercule.

Les têtes de l’Hydre se régénérant une fois tranchées, on associe ce monstre à une tâche se répétant sans cesse. Les multiples extrémités de ces figures peuvent également être lues comme une expression de mouvement : les bras de la femme brandissant une épée présentée dans trois positions à différentes hauteurs ; et les têtes chancelantes de son ennemi symbolisant le corps du serpent vaincu. Les adversaires émergent d’un socle de cristaux primordiaux sur lequel des formes cubiques parfaites et naturelles sont reproduites en métal coulé » …

Il a tout dit !..

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La même œuvre, juxtaposée à la première, mais avant immersion…

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Focus sur Kali et ses épées…

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Les vues depuis la mezzanine donnent une idée des dimensions…
Avant immersion…

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Après immersion…

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Coucou l’Hydre…

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La découverte de la sculpture par 4 plongeurs…

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Retournons à des dimensions plus réduites avec, dans une vitrine, cette statue en bronze et agate blanche, « Female Archer » …

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Au travers de ces magnifiques fenêtres en demi-lune du 1er étage de la « Punta de la Dogana », admirons le mythique panorama qui s’offre à nous…
En ce milieu d’après-midi, la lune perce déjà les nuages pour tenir compagnie au « Paron de Casa » …

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« Sphinx », bronze de 177 cm…
« les attributs féminins idéalisés de ce sphinx rappellent les modèles romains des 1er et 2ème siècles de l’Ère commune. Les nombreuses représentations de la sphinge montrent la plasticité immuable de la créature qui depuis des millénaires ne cesse de séduire artistes, poètes et philosophes »

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Je n’ai pas pu retenir un éclat de rire en arrivant devant cette œuvre intitulé « Remnants of Apollo » (les restes d’Apollon) !…
Ne restent qu’un pied de géant et une sandale surmontés d’une souris ridée greffée d’une oreille humaine…

« La présence de la souris ridée nous indique que ce fragment sculptural appartient à une effigie apollonienne.
« Apollon Sminthée », « le seigneur de la souris » apparaît dans l’Iliade, comme le dieu des châtiments et des maladies. L’étrange ajout de l’oreille sur le dos du rongeur figure une créature hybride entre l’homme et l’animal ou une divinité totémique, fruit d’une croyance locale »

Comme quoi, dans l’art contemporain, on peut écrire ce que l’on veut, Damien Hirst est un expert en la matière…
La souris, à mon humble avis, fait référence à l’expérience des frères Vacanti sur le cartilage humain

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« Proteus », bronze…

« Dieu marin pourvu du don de se métamorphoser. Protée est ici en plein mutation physique. Le corps se transforme en pierres et en rocs issus des grottes où il dormait. » …

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La « foto » de sa découverte par trois plongeurs…
Toujours aluminium thermolaqué, polyester imprimé et caisson lumineux en acrylique…
L’effet est super…

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Dans la même veine, « Cerberus (Temple Ornament) …

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« On the Seabed »…

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« Five Grecian Nudes », marbre rose…
« Largement répliquée depuis l’Antiquité, cette série de bustes en marbre rose témoigne de la prédilection des Anciens pour les formes artistiques marquées par la sérialité, une tendance qui s’oppose au respect excessif des contemporains pour les originaux. »

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« Une copie agrandie de la figure centrale a été commandée par le collectionneur et est exposée à côté d’un bronze contemporain et d’un buste retrouvé dans les fonds marins.
Les formes sont caractérisées par des tailles fines, des hanches amples, de petits seins hauts et des dos étroits et cambrés.
Très appréciés pour le traitement minimaliste du corps de la femme et leur ressemblance avec des mannequins, ces bustes sculptés, objets érotisés préexistants, illustrent parfaitement l’intérêt des surréalistes pour le caractère auto-référentiel du geste artistique »…

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Voilà, c’était un aperçu des collections exposées en ces lieux, mais, pour les futurs visiteurs, bien d’autres salles, d’autres œuvres sont à découvrir…

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Nous ne pouvons terminer sans s’attarder sur ce bronze qui m’a arraché un second éclat de rire,
« The Collector with Friend » représentant le « Collectionneur » et son ami, en l’occurrence le Mickey Mouse de Walt Disney…

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Damien Hirst, son autoportrait délirant et son sens de la dérision…

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La visite est terminée, nous revoici sur la rive devant notre environnement quotidien…

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Il nous reste une dernière œuvre à voir, en extérieur, tout au bout de la Pointe de la Douane, devant son mythique réverbère, nonobstant les touristes sans gêne qui posent leur « cul » n’importe où…

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Un joli bronze de 4,50 mètres de hauteur, intitulé « Mermaid » (Sirène)…

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Si vous passez par chez nous, vous ne pouvez ignorer cette fantastique exposition qui fermera ses portes le 3 décembre 2017…

Claudio Boaretto

Publié dans Venise : musées & expos & monuments | 28 Commentaires »

 

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