LA VAGUE DE HUGO H.

Posté par Claudio Boaretto le 10 novembre 2017

Une œuvre d’Hugo H., terminée le 8 novembre 2017…

Comme notre artiste-peintre préféré s’est montré très disert sur cette peinture, je lui laisse la parole tout au long de cette publication, il est plus amène que votre serviteur pour expliquer les tenants et les aboutissants de cette création…
Pour bien différencier, fidèle à mes habitudes, j’ai repris ses écrits en italique bleu, alors que mes remarques personnelles sont en noir…

« J’aime bien avoir plusieurs projets en cours simultanément. Et là, il y a peu, je m’étais débrouillé pour finir la plupart de mes grands formats en prévision des jours froids qui arrivent et qui me contraindront à quitter mon atelier glacé…

Mais voilà : cette année, les températures acceptables se sont étirées tout le long du mois d’octobre et je me suis retrouvé à chercher quoi commencer de neuf. J’ai donc replongé dans mes photos oubliées du fond du tiroir, en quête d’un cliché qui mériterait d’être transposé sur toile… grand bien m’en a pris : j’ai retrouvé cette vague !

Oui, c’est “déjà-vu” une vague… mais c’est aussi un très bon exercice ! Et puisque j’aime autant la mer, pourquoi pas moi aussi ? Ayant une toile d’un mètre carré qui attendait dans un coin, je m’y suis jeté sans réfléchir plus longtemps !

Voici donc une vague chargée de sable qui s’écrase sur une plage de galets. Si, ça existe… c’est à Cayeux-sur-Mer que ça se passe. Dans une zone au sud de la baie de Somme ou s’accumulent les galets » …

10-VAGUE 11-08

De par la couleur, j’avais bien vu que ce n’était pas une vague vénitienne, mais je ne veux pas interrompre l’artiste…

« Une vue sur la mer aux tons inhabituellement chauds, donc… C’est l’automne, c’est de saison ! Pour en rajouter une cuillère, j’ai poussé vers le mauve les reflets du ciel… On se retrouve avec une cohabitation de teintes complémentaires qui font vibrer la lumière. Sans le vouloir, j’ai suivi – de même que les impressionnistes avant moi – les principes énoncé par Eugène Chevreul dans sa “loi du contraste simultané des couleurs” (1839). Si vous regardez aussi les fabuleux tableaux du bord de mer de Joaquin Sorolla, vous remarquerez l’usage du violet et de l’orangé jusque dans les ombres pour rendre la lumière si éclatante. Bon, c’est pas du tout la même lumière, mais le tiers inférieur de ma vague suit le même principe…

Je me suis également souvenu de cette peinture du XIXème siècle que j’aime tant pour évoquer le mouvement de l’eau, spécialement au premier plan. Les lignes et les touches de pinceaux doivent raconter le mouvement de l’eau et la lumière. Tout est là. Inutile d’y revenir. Le centre du tableau ou la vague se casse bénéficie de plus de détails. C’est le point focal. C’est naturellement là que le contraste est également le plus fort. »

C’est là que l’on s’aperçoit que Hugo H. ne peint pas au petit bonheur la chance, qu’il est empreint d’une grande culture picturale qu’il lui sert de référence, de point de repère lorsqu’il met en œuvre ses propres créations…

Après le « Fond », la « Forme » :

« Cette vague est éclairée de façon presque frontale par un soleil très bas. L’arrière-plan disparaît dans l’ombre (alors qu’il doit se faire oublier, c’est paradoxalement cette partie qui m’a un peu énervé et j’ai dû y revenir plusieurs fois). On dirait presque qu’on a braqué un phare sur cette déferlante…

Finalement, les trois tiers du format sont traités de manière très différentes.

La palette utilisée ici est composée de terre d’ombre brûlée, ocre jaune, bleu outremer, laque de garance, noir (le moins possible) et blanc, bien sûr. Je dois avouer avoir été très surpris d’utiliser beaucoup plus de terre d’ombre que d’ocre jaune et également plus de laque de garance que de bleu outremer… »

Pour l’anecdote :

« C’est quasiment les pieds dans l’eau que j’ai terminé cette toile suite à notre première inondation de la saison, moins de trois semaines après avoir ouvert mon tiroir à vieilles photos… » …

En voici la preuve, quelques centimètres d’eau dans l’atelier de l’artiste…

11-VAGUE ATELIER

Rassurez-vous, ce n’est pas toute la journée comme le font croire parfois les chaines de télévision françaises toujours à l’affut de l’insolite ou du sensationnel, ça dure une heure ou deux pendant le pic de marée… Et là nous avons eu « l’aqua alta » 3 jours de suite…

12-VAGUE ATELIER 2

Remontant dans le temps de quelques semaines pour la génèse de ce tableau…

Le 19 octobre…

« Le croquis du jour. Un mètre carré. Nouveau projet. Oui c’est déjà vu mais pourquoi pas moi ? Si, j’aime bien. Et je ne peints pas si souvent la surface de l’eau…

Il s’agit juste du croquis initial chargée de sable. Les parties horizontales seront bleutées car elles reflètent le ciel. Le fond n’est pas assez foncé car j’ai teinté d’ocre jaune (couleur sable) la couleur terre d’ombre que j’utilise habituellement pour mes « grisailles ». La lumière est basse et presque face à la vague. Je voudrais quelque chose de dur. Pas froid mais dur. »

1-VAGUE 10-19

Le 21 octobre…

Ne vous y trompez pas, ce serait presque tu temps réel, car je reprends les réflexions, les messages et les « foto » de l’artiste publiés au jour le jour…

« La surprise du jour. La mer parait jaune tirant sur le vert mais en fait elle n’est même pas jaune, elle est brune ! Pas une touche de bleu dans ces deux photos de détails qui prennent de la couleur ! Voilà des couleurs de saison… »

2-VAGUE 10-21 D1

 

3-VAGUE 10-21 D2

Le 25 octobre…

« Et voilà la couleur ! Regarder cette photo me permet de voir tout de suite ce qui ne va pas (en vrai j’ai du mal car il faut s’éloigner beaucoup avec un tel format). Dans l’ensemble ça progresse… »

4-VAGUE 10-25

Le 27 octobre

« Bon, là je m’étais dit que je finirais l’arrière-plan vite fait… ça n’est pas probant… il faudra que j’y revienne… »

5-VAGUE 10-27

Le 1er novembre…

« Hier, une séance autour de l’écume, avec une palette de tons clairs, tirant sur le brun ou le mauve selon la situation. »

6-VAGUE 11-01 D1

« Le contour de la vague est enfin défini ! Vous remarquerez sûrement que j’ai aussi éteint l’arrière-plan. »

7-VAGUE 11-01 D2

Le 4 novembre…

« Là ou je ne me suis pas planté c’est dans ma vague… c’est pratiquement fini. Un vrai beau travail impressionniste. Il ne manque plus qu’une petite séance avec du blanc pour les éclats de l’écume. »

8-VAGUE 11-04 D1

« Le graphisme est là. Les lignes et les touches racontent le mouvement de l’eau. Sous chaque peinture, il y a un dessin dont il faut se rappeler. Je pense que mon ami Matteo, le dessinateur, est fier de moi cette fois ! »

9-VAGUE 11-04 D2

Revenons à l’œuvre finale…

10-VAGUE 11-08

« La Vague », Huile sur toile de 100x100cm…

Il en coutera 1620€ pour l’acquisition de cette toile de Hugo H., artiste peintre désormais côté…

Claudio Boaretto

6 Réponses à “LA VAGUE DE HUGO H.”

  1. Thierry dit :

    Que d’eau,que d’eau.Il n’est pas facile de représenter le mouvement d’une vague,ici Hugues à parfaitement maîtrisé celui-ci.
    Il faut je pense un recul certain pour admirer l’ouvre dans les détails.
    Bravo et merci aux artistes.

  2. PANNEQUIN Jean-Paul dit :

    C’est beau les vagues d’Hugo! de quoi vous mettre du vague à l’âme…
    Magnifique

  3. danielle yap lebel dit :

    Il se dégage une grande puissance de ces oeuvres !!la vague nous emène bien au-delà des apparences et nous entraine dans les remous de l,inconscient ; bravo l,artiste

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