SORIANO, LE CHAT DE VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 22 mars 2019

Suite à ces contraintes techniques, Mise à jour de l’article  »Soriano, le chat de Venise », article publié le 24 février 2010 sur ce blog…

Gamin, j’allais souvent caresser les chats dans le sestiere de Castello, soit Via Garibaldi, soit aux Giardini, à deux pas de chez ma grand-mère, la nonna Gemma, où je passais mes grandes vacances.
Aujourd’hui, la plupart des chats ont disparu des ruelles de Venise, éradiqués par la municipalité sous prétexte de raisons d’hygiène. Nos édiles ont la mémoire courte et beaucoup de vénitiens le regrettent.

L’on ne trouve plus maintenant nos SORIANI que chez les particuliers.

1 marco polo 2
Mes deux SORIANI, Marco et Polo.

Voici l’histoire du SORIANO, le chat vénitien….

Depuis de nombreux siècles, les vénitiens respectent et aiment les chats en remerciements de leurs indispensables services rendus.
Au cours de son histoire, Venise a toujours su se défendre avec intelligence de nombreux périls :
batailles contre les armées ennemies sur mer comme sur terre,
les forces convergentes de la mer en tempête,
la corrosion des hautes marées saisonnières,
les épidémies dévastatrices de la peste……

Mais il est un autre danger sournois qui continuait de menacer la Cité : l’invasion des rats.

Venise savait que seuls les chats étaient l’arme la plus efficace qu’elle possédait contre ce puissant ennemi.

Rien qu’avec leur présence et leur odeur ils empêchaient les rats de sortir en masse des canaux, d’envahir les ruelles, les magasins et les maisons riches en nourriture.

C’est pourquoi, aux temps de la République Sérénissime, le chat était considéré comme un animal d’utilité publique et, comme tel, respecté et soigné.

Dès les premières installations et habitations lagunaires, c’est déjà la présence des chats autochtones qui aida les habitants à se débarrasser des rats.

Quand commencèrent à prospérer les échanges avec Byzance et l’Orient, parmi les marchandises raffinées ramenées de Venise, il y avait aussi des chats angora à poil long dont la beauté fascinait les nobles et les riches marchands. Dans les somptueux palais vénitiens entrèrent alors les chats orientaux payés à prix d’or et traités comme des princes.

A côté de ces splendides animaux, dans les ruelles courraient les chats lagunaires, infatigables chasseurs et sentinelles contre les rats.

2 marco1
Marco, la terreur du quartier, personne ne lui tient tête.

3 ma polo
Sauf son frère Polo.

4 marco polo queue
Et souvent ils se tournent le dos…

Vers la fin du XIIIeme siècle, leur bravoure était tellement appréciée qu’il fut décidé de les embarquer dans les grands vaisseaux vénitiens, inscrits par groupe de 3 ou 4 sur les registres de bord, comme assurance et protection contre les assauts des rongeurs sur les marchandises transportées. Un matelot désigné avait charge de les nourrir et les soigner. Les chats étaient tellement importants qu’ils étaient devenus un “porte-bonheur” dans la tradition maritime vénitienne.

Mais bientôt, les navires revenant de l’Orient, chargés de marchandises et des chevaliers des croisades en Palestine, ramenèrent un passager clandestin : le RAT NOIR, le terrible rat de la peste. Les chats de Venise n’étaient plus suffisamment nombreux et féroces pour le combattre.

En l’espace d’environ un demi-siècle, la peste extermina un tiers de la population vénitienne et se diffusa en Europe. Elle fut l’un des fléaux les plus épouvantables jusqu’à la fin du XVIIIeme siècle.
Alors que l’inquisition faisait stupidement des ravages sur les chats considérés comme la réincarnation du démon, les vénitiens comprirent que les chats, associés à de meilleures conditions hygiéniques, pouvaient les aider contre la peste. Ils eurent connaissance qu’en Syrie et en Palestine existait une race de chat très combattive : le chat « SORIANO »

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Momoï, le SORIANO de ma cousine

Ils commencèrent à les importer pour créer, en les croisant avec les chats de la lagune, une race particulièrement agressive. Devant cet ennemi très décidé, les rats furent contraints de se réfugier dans les canaux desquels, même aujourd’hui, ils sortent rarement.
Le SORIANO est l’illustre descendant des chats importés de Syrie sur les vaisseaux vénitiens.

Plus haut sur patte que nos chats communs en France, il a une grosse tête avec de fortes bajoues. C’est un bagarreur né.

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il ne faut pas croiser sa route !….

 Il est intelligent, indépendant, robuste et courageux. C’est un extraordinaire chasseur qui aime la liberté mais qui devient fidèle quand il vit en compagnie de l’homme.

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Ses yeux ont des reflets verts-dorés comme les eaux de la lagune et sa fourrure striée, avec des reflets bleus et fauves, en fait un chat caméléon se confondant parfaitement parmi les splendides couleurs naturelles des pierres de Venise.

Claudio Boaretto

 

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