LES COUTEAUX DU COYOTE

Posté par Claudio Boaretto le 23 mars 2019

Suite à des contraintes techniques, mise à jour de l’article  « LES COUTEAUX DU COYOTE », article publié 25 janvier 2011 sur ce blog…à l’époque je ne connaissais rien à l’art de la « fotografie »

Pourquoi les couteaux ?…. C’est mon côté matérialiste, une tendance à m’attacher aux objets qui m’accompagnent dans la vie, comme mes santiags, comme mes zippos, comme mes casquettes, comme mes guitares, comme mes arcs, comme mes couteaux….

Pour les couteaux, cela remonte aux temps lointains où j’étais louveteau…. Depuis, j’ai toujours soit un couteau pliant dans la poche, canif, opinel ou autre, soit un couteau droit à la ceinture…..
Je me suis déjà vu me mettre à table au restaurant, m’apercevoir que j’avais oublié mon couteau, et reprendre aussitôt la route pour retourner chez moi le chercher….
J’ai possédé de nombreux couteaux, j’ai en perdu, j’en ai cassé, j’en ai pleuré, on m’en a volé….

Mes cinq principaux couteaux:

Dans leurs fourreaux….

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Hors fourreau….

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Présentation :

Mon premier couteau :
c’est un couteau de chasse mythique…. Un« Bowie » Ardennlam de Tanazacq….

Au fourreau

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Trente cinq centimètres de long, une redoutable lame de vingt trois centimètres, un compagnon fidèle et sûr, sur lequel j’ai toujours compté que ce soit « en  battues » ou, lors de mes longues soirées solitaires sur les territoires de chasse, « à l’approche » ou « à l’affut » … Il a servi mes animaux de chasse, sangliers et chevreuils….

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Tanazacq, artisan coutelier des Ardennes, pour qui aime les couteaux de chasse, c’est une vraie réputation dans le monde cynégétique…. Sa marque, son poinçon, en quelque sorte la signature du coutelier : un sanglier, Ardennes obligent…

On le reconnait sur le fourreau…

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Comme sur la lame…

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Son fils, Nicolas, travaille avec lui, la relève est assurée….

Jean Tanazacq a commis un livre sur les couteaux…. La dernière fois que je suis passé dans son atelier, il m’a forcé la main pour l’acheter…. Et bien, croyez-moi, il est bien meilleur coutelier qu’écrivain !….

Mon deuxième couteau :
c’est un « Knicker », le couteau de chasse traditionnel bavarois et autrichien….

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La fonction première de ce couteau n’est pas de servir l’animal de chasse, il est principalement utilisé pour vider et dépouiller le gibier, ce que se doit de faire tout chasseur digne de ce nom quand il a prélevé un animal….

Il se porte dans son étui, soit dans la poche arrière de la veste de chasse ou dans la gibecière, soit dans la poche-couteau des culottes de peau allemandes,  ce vêtement indispensable quand il faut suivre un chien de sang à travers les ronces ou les épines noires….

Un manche en bois de cerf…

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Une lame de 10 centimètres, damasquinée, c’est-à-dire ouvragée, contribuant à la beauté de ce couteau traditionnel à la forme typique….

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C’est  le style « teuton » si j’ose dire, tout travaillé, ouvragé….

La bague du couteau avec les incontournables feuilles de chêne, et l’inscription autour du fameux salut des chasseurs allemands : « WEIDMANNSHEIL »

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À la pointe de l’étui, un chamois…

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En haut de l’étui, un médaillon à tête de cerf au milieu des feuilles de chênes….

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Dernière décoration non conventionnelle, la trace des crocs des mes jeunes chiots profitant d’un moment d’inattention pour poser leur marque sur l’étui…

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Vous ne serez pas étonnés si je vous annonce que ce couteau vient de la coutellerie HIRSCHKRONE de SOLINGEN…. La ville de Solingen en Allemagne c’est un peu comme la ville de Thiers en France…. Nous ne dirons pas 100%, mais 90% des couteaux allemands sont fabriqués à Solingen…
Voici le poinçon….  En dessous de Hirschkrone on distingue avec difficulté SOLINGEN tellement la lame est ouvragée,voir entre les deux flèches rouges…..

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Mon troisième couteau : en bon franchouillard, c’est un « Laguiole »…. Couteau pliant que je préfère mettre dans un étui plutôt que dans la poche….

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Mais attention, pas n’importe quel Laguiole…. Je l’ai commandé tout exprès aux Forges de Laguiole, il y a une quinzaine d’années…. Du sur-mesure en quelque sorte….

Hors étui….

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Je voulais des plaquettes en ivoire, mais pas d’ivoire d’éléphant, protection oblige….J’ai alors porté mon choix sur des plaquettes en ivoire de mammouth, originaire d’un cimetière de mammouths découvert il y a quelques dizaines années en Sibérie…. Cela me fait toujours drôle de penser, quand j’utilise ce couteau, que l’ivoire que je tiens dans ma main a quelques 10 000 ans d’existence….

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Les mitres sont en argent….Lorsque j’ai demandé à ce que les mitres soient en argent, les Forges m’ont répondu qu’ils pouvaient effectivement mettre des mitres en argent mais qu’ils ne pouvaient pas appliquer le poinçon authentifiant le métal… Peu  importe ai-je répondu, le principal étant qu’elles soient réellement en argent….

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Le ressort de ce couteau est superbe…. Comme vous  pouvez le constater, l’abeille fait partie intégrante du ressort, c’est une seule pièce alors que sur la grande majorité des Laguioles l’abeille est une pièce rapportée…. Voyez aussi le très beau guillochage du ressort continuant sur l’épaisseur de la lame …..

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J’ai fait graver mon prénom sur ce ressort…. Particularité : comme chez les Boaretto il est de coutume, lorsque nous sommes à table, de couper les aliments de la main gauche bien que nous ne soyons pas gauchers, j’ai demandé à ce que mon prénom soit gravé en sens contraire des gravures habituelles prévues pour les droitiers…. En effet, quoi de plus désagréable à table de poser son couteau sur l’assiette et voir son nom à l’envers….. Le responsable des Forges qui prenait ma commande n’en revenait pas…. Il m’a avoué, à plusieurs reprises, que c’était la toute première fois qu’ils gravaient un nom en sens contraire sur le ressort de leurs couteaux…. Étonné moi-même, cette demande ne me semblait  pas si exubérante….

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Tout le monde connait la croix sur le manche du Laguiole ?….
Cette croix, représentée par des clous sur l’une des plaquettes, permettait aux bergers transhumants des plateaux de l’Aubrac de planter leur couteau dans le pain pour réciter leur bénédicité ou sur une souche pour faire leur prière devant ce spartiate crucifix….

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Je ne vous ai pas encore parlé de la lame de mon Laguiole…. Contrairement à mon Knicker, ce n’est pas une lame damasquinée, mais  une véritable lame Damas…. J’étais ferme sur cette demande car ce n’est pas habituel sur les Laguioles… Il leur a fallu faire fabriquer cette lame en Suisse…. Cette lame a donc était forgée et pliée à plusieurs reprises…. Ce qui veut dire que sur une épaisseur moyenne de 2 millimètres  vous trouvez une bonne centaine d’épaisseurs d’acier…. Les vagues successives que vous distinguez sur la lame ne sont pas des décorations rajoutées, sculptées ou gravées, mais les témoins des différentes couches d’acier forgé formant cette lame…. Magnifique….

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Cette lame, à elle seule, vaut son petit pesant d’or….
Vous distinguez nettement, sur la lame, le poinçon des Forges de Laguiole, sachant que mon couteau a été fabriqué à la main par un compagnon « meilleur ouvrier de France » travaillant aux Forges….

Mon quatrième couteau : à la ceinture,  je porte toujours un couteau en permanence….

Soit mon Laguiole….

Soit mon couteau droit de style amérindien, je dirai même que j’ai une petite préférence pour ce dernier couteau que je porte plus souvent qu’à son tour….

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Il est l’œuvre d’un coutelier d’art, Bruno DUFFORT, demeurant dans l’Aveyron….

Nous avons quelques points communs, comme le tir à l’arc de chasse et les santiags…. Bruno se rend depuis de nombreuses années dans l’ouest des États-Unis, loin des sentiers battus touristiques, où il partage une amitié profonde avec une famille Navajo, ce qui éclaire un peu sur le style de ses couteaux….

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 C’est un petit couteau droit, d’à peine dix huit centimètres, dix pour le manche, huit pour la lame….

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J’adore cette petite lame courte et large en acier carbone C70, lame superbe, avec un look style brut de forge, chargée de petites imperfections qui, en réalité, n’en sont pas et qui font son charme….

Le bois du manche est du genévrier, recouvert d’une bande de cuir cru, rawhide, cousu sur le bois, qui parfait son allure et sa robustesse….

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Gros plan sur la couture, voyez au passage le superbe guillochage  sur l’épaisseur de la lame…..

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La marque du coutelier sur la lame, en l’occurrence une pointe de flèche, pour un coutelier qui pratique l’arc de chasse, cela va de soi….

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Je ne me lasse pas de la simple beauté de ce couteau….

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Mon dernier couteau, c’est « mon couteau du dimanche » que je ne sors que pour les belles occasions….
Créé toujours par Bruno DUFFORT, c’est un couteau pliant et fabriqué à partir d’une mâchoire de COYOTE…. Vous pensez bien que je n’ai pas pu résister….

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MA-GNI- FI-QUE !….
Bruno m’avait déjà fait voir un couteau à mâchoire de coyote, quand il était venu chez moi dans la Meuse avec une caisse entière remplie de couteaux plus beaux les uns que les autres…. Mais à l’époque je n’avais pas les sous disponibles pour l’acheter….
Ce n’est que quelque temps plus tard que je lui ai commandé ce couteau….

Voyez-le dans son bel étui que Bruno m’a spécialement fabriqué, dans le plus pur style amérindien….

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Couteau déplié avec sa double rangée de crocs….

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Pour la lame, c’est toujours l’acier C70 que j’appelle un peu à tort « brut de forge », mais c’est l’effet esthétique qu’il me donne et j’aime bien….

La vue par en-dessous, couteau plié où l’on aperçoit le guillochage de la lame….

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La vue par au dessus, déplié….
Pas de commentaire, le couteau se suffit à lui-même….

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Et ne croyez pas que les crocs soient un handicap pour son maintien…. Au contraire, aucune aspérité pointue, il est très doux et agréable à la main….

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La signature du coutelier, cette fameuse pointe de flèche….

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Bruno m’a dit : nous n’avons plus le droit d’importer en France des têtes de coyote en provenance des States…. Dommage pour les futurs amateurs, je serais un des derniers à avoir eu le privilège d’acquérir ce couteau….

Je possède aussi le reste de la tête du coyote qui a servi à fabriquer ce couteau :

De face

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De profil

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Et si l’on adjoint dessous le couteau plié, on retrouve la tête de  l’animal en entier…. Les crocs des deux mâchoires s’ajustent bien, si ce n’est l’épaisseur de la lame qui empêche la jointure parfaite….

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Du très bel ouvrage…. Merci encore l’ami Bruno DUFFORT….

Si vous aimez les beaux couteaux de style amérindien, et pourquoi pas en acquérir un, je vous invite à visiter son site que vous trouverez dans mes liens, colonne de droite de ce blog….

Claudio Boaretto

2 Réponses à “LES COUTEAUX DU COYOTE”

  1. Jean-Christophe dit :

    Et bien Claudio, que de belles passions ! Tu imagines que pour quelqu’un comme moi dont les origines sont thiernoises, cela ne pouvait que faire mouche.
    Mes arrière grands-parents étaient rémouleurs, mon père est né à Thiers, les couteaux font aussi partie de notre vie. Sans aller jusqu’aux extrêmes que tu détailles ici toutefois.
    Mon premier canif à chaîne m’a été offert par mon grand-père pour mes 14 ans parce que « tu deviens un homme mon petit-fils ». Mon père m’a demandé autant de pièces qu’il m’a offert de couteaux et m’a confié celui qu’il avait avec lui en Algérie gravé des 27 entailles représentant ses 27 mois de conflits. Plusieurs fois perdu puis retrouvé, il m’a demandé d’en prendre soin, ce que je fais désormais.
    Et bien évidemment je dégote toujours une petite lame de ci de là lors de mes balades thiernoises ou non. Ma dernière acquisition est un Rocamadour à mécanisme rotosphère, modeste mais ce sont mes racines et les racines ça ne se discute pas.

    • Merci pour ce commentaire, Jean-Christophe…
      J’ai presque honte que tu voies ces articles avec ces foto vieilles de 10 ans et plus à l’époque où je n’y connaissais rien et faisait tout en automatique avec un compact… Je suis en train de faire le ménage dans mon blog et remettre les articles à leur place sans toutefois les supprimer, souvenirs souvenirs…
      Je ne te connaissais pas ces origines coutelières…
      Cela fait une troisième passion où nous nous rejoignons, 4 avec Venise où tu viens souvent…
      Comme toi, chaque fois que je me balade quelque part je déniche aussi une petite lame… La dernière fois c’était en Sardaigne pour un modeste couteau de berger à manche de corne… Je n’ai pas résisté…
      :-D :-D :-D

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