LE BORD DE LA RIVE

Posté par Claudio Boaretto le 28 octobre 2024

Il y a bien longtemps que je n’avais publié sur le blog une de mes chansons…

Cette chanson explore la difficulté de rester fidèle à soi-même dans un monde qui impose ses propres règles…

Écrite en rimes parfaites, elle utilise un schéma AABB des rimes suivies, où chaque couple de vers rime intégralement…
Les rimes parfaites, plus exigeantes que les simples assonances ou consonances, assurent une harmonie sonore et un équilibre rythmique qui donnent au texte une vraie musicalité…

Dans ce style, je m’applique à utiliser des mots simples, l’idéal étant qu’à l’écoute l’auditeur anticipe la rime avant qu’elle ne survienne… Là demeure la difficulté de l’écriture…

À noter : les rimes masculines et féminines du refrain trouvent un écho dans chaque couplet.  J’ai utilisé « l’assonance » et la « consonance » d’un couplet à l’autre…
C’est-à-dire que la rime masculine des deux premiers vers du refrain correspond aux rimes des deux premiers vers des trois couplets :
Soit « témoin et moins » avec « point et poings » avec « citoyen et moyen » avec « siens et musiciens »…
Ensuite, la rime féminine suivante suit le même schéma :
Soit « épaule et pôles » avec « reproche et poche » avec « autres et apôtres » avec « portes et emportent »…
Et ainsi de suite…

Ce travail sur la rime facilite la composition musicale : la mélodie découle naturellement du rythme textuel.
Cette structure stricte, imposée par les règles de l’art, ne doit pas écarter l’artiste de l’émotion et du message poétique qu’il souhaite partager afin qu’ils restent au cœur de la chanson, offrant une poésie simple et accessible…

Pour écouter la chanson cliquez sur la petite flèche à gauche du lien ci-dessous :

(Je conseille toujours d’écouter la chanson avant et de lire les paroles après, ou alors de lire simultanément à l’écoute…..
Parfois vous trouverez quelques différences entre la version écrite et la version chantée…. C’est normal, une chanson c’est vivant et il arrive que l’auteur change un mot, une rime ou deux, au gré de son humeur….
)

 

LE BORD DE LA RIVE

Refrain

Tu pourrais me prendre à témoin
Si tu comptais vingt ans de moins
Tu mettrais ton sac à l’épaule
Pour courir entre les deux pôles
Peut-être as-tu vingt ans de trop
Pour te sauver au petit trot
Pour t’en aller à la dérive
Pour quitter le bord de la rive

1er couplet

Alors tu te sens mal en point
Alors tu serres un peu les poings
Pour ne pas qu’on te le reproche
Tu les enfouis au fond des poches
Dans ton cœur c’est le sirocco
Mais tu dois payer ton écot
A la société sans maudire
Tu dois sourire et ne rien dire

(Au refrain)

2ème couplet

Car pour être un bon citoyen
Il faut en avoir les moyens
Faut ressembler à tous les autres
Les faux jésus les bons apôtres
Laisser la vie partir de go
Ne plus marcher en Santiago
Avoir la cravate bien mise
Et l’attitude un peu soumise

(Au refrain)

3ème couplet

Mais Dieu reconnaîtra les siens
Les amoureux les musiciens
Ceux qui savent ouvrir les portes
Pour que tous les vents nous emportent
Ceux qui savent trouver les mots
Les « je t’aime » les « ti amo »
Qui font partir à la dérive
Et quitter le bord de la rive.

(Bis du couplet 3 sur la mélodie du refrain)

Paroles & Musique Claudio Boaretto

30 Réponses à “LE BORD DE LA RIVE”

  1. michel.khalanski dit :

    Claudio, tu nous gâtes avec cette belle chanson digne de Brassens et avec en prime le secret de fabrication !

    L’expression « Dieu reconnaîtra les siens » rappelle aussi les citations curieuses, savantes ou populaires, dont Brassens aimait parsemer ses chansons.

    Voici son origine d’après un texte trouvé sur Internet:

    Cette expression, dont la forme complète est « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! », est généralement attribuée à Arnaud Amalric, abbé de Cîteaux et légat du Pape Innocent III, et aurait été prononcée le 22 juillet 1209 lors de la prise de Béziers, dans l’Hérault.
    Mais elle semble n’apparaître dans les ouvrages qu’à compter du XVIIe siècle, ce qui fait planer un certain doute sur sa réelle origine.
    À cette époque, le pape avait décidé d’éliminer les Cathares, ces hérétiques proclamés comme tels en raison de leurs pratiques religieuses non conformes à celles de l’Église catholique et, aussi, du succès de leur doctrine dans le sud de la France. Partie de Lyon, la croisade contre ces hommes commença à Béziers en 1209 et se termina réellement après la prise de la forteresse de Quéribus en 1255, précédée de celle de Montségur en 1244 (même si un traité signé en 1229 était supposé mettre fin à cette chasse aux hérétiques qui continua pourtant à travers l’Inquisition, d’autant plus que le catharisme restait vivace dans le Languedoc).
    Mais à Béziers, donc, une fois la ville tombée, alors que de nombreux Cathares s’étaient réfugiés parmi la population des véritables chrétiens [1], lorsque la décision fut prise de tuer tous ces derniers, le baron de Monfort demanda à Amalric comment faire pour différencier les hérétiques des bons catholiques. Et c’est là que ce dernier aurait répondu cette phrase devenue célèbre : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».
    Inutile de dire que, dans les heures qui suivirent, ce fut un embouteillage monstre chez saint Pierre, puisqu’au cours de ce massacre périrent environ 20 000 personnes, selon la police, et 30 000, selon les organisateurs ; hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, unijambistes aveugles opérés de la prostate, tous y passèrent sans exception.
    Même si elle est rattachée à un épisode peu glorieux de l’Histoire, la formule à l’emporte-pièce eut un certain succès puisqu’on l’emploie toujours aujourd’hui face à des actions violentes menées sans discernement.
    [1] Les catholiques, pour indiquer qu’ils n’entendaient pas céder aux diktats du roi de France et à ses représentants, avaient refusé de livrer les hérétiques à Amalric.

    • Bonsoir MIchel…
      Que tu qualifies ma chanson digne de Brassens est pour moi le plus beau des compliments… Merci…
      Merci aussi pour l’explication détailleé sur la citation, je la connaissais mais j’ignorais son origine historique….
      :-D :-D :-D

  2. Rémy Carlier dit :

    L’artiste ne connaît pas les frontières.
    Mais cela reste étrange de passer de la photo à la musique.
    Je suis plus incompétent encore pour oser un avis.
    Je peux quand même constater une pareille rigueur dans la mise en œuvre.
    Une voix qui nous rajeunit et une attention aux paroles quasi disparue.
    Ainsi j’ai rajeuni.
    Merci.
    Rémy

  3. Maryse dit :

    De toutes les chansons que je connais de toi, c’est celle que je préfère
    Merci Claudio de l’avoir partagée

  4. Thierry dit :

    Il est difficile de donner un avis sur cette chanson, c’est avant tout le texte qui m’a touché, après Brassens je dirais aussi Renaud.
    Merci Claudio pour ce moment « intime » que tu nous à fait partager.(merci aussi à Michel pour son explication historique)

    • Bonjour Thierry…
      Après Brassens, Renaud, c’est trop, merci…
      Si je ne peux nier la filiation avec Brassens, celle avec Renaud me semble plus ténue mis à part que nous sommes, lui et moi, de la même génération…
      Si l’on peut trouver une petite similitude quant au fond, la forme diffère fondamentalement…
      Si je respecte avec rigueur les règles de l’art, Renaud les brocarde outrancièrement et génialement…
      J’adore le Roi Renaud ! …
      :-D :-D :-D

  5. Mireille BOARETTO dit :

    Depuis quelques années tu nous avais servi ton talent de photographe reporter, mais nous n’oublions pas cette face poete auteur compositeur chanteur. Merci de nous la remettre en mémoire

  6. Daniel dit :

    Ce fut un plaisir de redécouvrir cette chanson avec 20 ans de plus .

    je t’encourage à refaire découvrir tes œuvres.

    Pour moi ce n’est ni Brassens, Renault etc …c’est du Claudio.

    Bacci Germain Cousin

    • Merci mon germain musicien de cousin, Daniel, joli compliment…
      Et oui, le patrimoine génétique, ça cause, ta mère peint, mon père aussi peignait…
      Et nous deux, nous grattons la guitare…
      Les chats ne font pas des chiens…
      :-D :-D :-D

  7. Fred dit :

    j’adore ce magnifique texte et cette interprétation qui me ramène, moi aussi, quelques années en arrière. Chapeau l’artiste.

  8. Jean-Pierre MALO dit :

    Putain, en réécoutant ça, j’en ai presque pleuré…. À propos, je ne connais pas le chiffre 78 ! Toutes mes Amitiés

  9. PANNEQUIN Jean-Paul dit :

    Ouais super Claudio, c’est une belle chanson avec un bon texte et une bonne musique. Très agréable à écouter

  10. Stefano dit :

    Grazie Claudio ho apprezzato e ammirato la spiegazione circa la genesi del tuo testo.
    Bravo davvero!
    Hai ragione, troppe canzoni di successo oggi (ma anche « ieri ») hanno testi zoppicanti oppure insulsi.
    Mi ha fatto piacere ascoltarti e mi è venuta nostalgia dei giornibe delle sere passate assiene
    Stefano

    • Grazie, Stefano, per questo commento e per la nostalgia delle serate passate insieme…
      Tanto più che è difficile per un veneziano, anche bilingue, apprezzare le sottigliezze delle regole dell’arte della prosodia francese…
      :-D :-D :-D

  11. Jean-Marie dit :

    De très jolis souvenir mon vieux camarade. Plein de pensées ensoleillées et salées. Bisous mon Ami et à bientôt…

  12. Pierrette JOUSSE-PINGUET dit :

    Bonjour Claudio. La journée a très bien commencé par l’écoute de ta belle chanson. Je ne connaissais pas ta voix et j’en ai apprécié le timbre. J’ai apprécié également ton explications des règles que tu as scrupuleusement suivies pour écrire tes paroles. Ce qui est « marrant » c’est que cette chanson renvoie au non conformisme et à un certain esprit rebelle et que pour l’écrire les règles ont été parfaitement suivies. j’ai été heureuse de découvrir ce talent musical de toi que je ne connaissais pas. A bientôt une autre de tes créations ?
    Musicalement, Pierrette

    • Il n’y a pas du tout d’antinomie, Pierrette, entre un certain non conformisme ou un esprit rebelle et la pratique d’un art, qu’il soit poétique, prosodique ou musical… Au contraire, il sert à l’exprimer…
      De grands auteurs-compositeurs l’ont déjà prouvé, exemple Ferré ou plus encore Brassens qui avait ce don et ce respect de poésie et de la rime et qui s’en servait pour exprimer son esprit libertaire…
      à moins que tu ne préfèrerais les mièvreries qui se déversent à longueur de journée sur les ondes ou les chaines TV musicales, ce qui n’est pas le cas, si je t’ai bien comprise…
      D’ailleurs en présentation de la chanson, j’explique pourquoi je suis les règles de l’art, à travers lesquelles j’exprime avec mes propres mots, mes pensées, mes émotions…

      « Ce travail sur la rime facilite la composition musicale : la mélodie découle naturellement du rythme textuel….
      Cette structure stricte, imposée par les règles de l’art, ne doit pas écarter l’artiste de l’émotion et du message poétique qu’il souhaite partager afin qu’ils restent au cœur de la chanson, offrant une poésie simple et accessible… »
      :-D :-D :-D

  13. Isa dit :

    Ce n’est pas la première fois que je t’entends chanter et c’est toujours un grand plaisir car j’aime le timbre de ta voix et les paroles des chansons auxquelles j’attache toujours beaucoup d’importance, tu t’en doutes ! D’ailleurs, en t’écoutant, je pensais à Renaud, un chanteur que j’ai beaucoup aimé malgré sa poésie approximative ! Tu me connais, ma connaissance des rimes et de tout le bataclan de la poésie classique me fait parfois grimacer, mais quand ça a du sens, ça passe !
    Je mets mon exigence au fin fond de ma poche
    Pour apprécier les vers sans l’ombre d’un reproche ! :)

    • Merci Isa pour ton commentaire et pour les mots généreux posés sur ma voix et sur mes chansons…
      Pour la voix, je n’y peux rien, seule Mère Nature choisit, sans consultation ni mérite personnel de ma part…
      Les chansons elles réclament surtout du temps, de l’attention, une jubilation discrète au fil des mots et des sons…
      Ton intransigeance face aux règles de l’art poétique, je la connais de longue date, toi qui collectionnes distinctions et reconnaissances au sein des Poètes et Artistes de France…
      Justement pour cela, ton regard posé sur le Roi Renaud, comme je le nomme souvent, prend une saveur particulière…
      Sa poésie volontairement approximative suscite chez moi une admiration entière…
      Par les paroles de ses chansons, Renaud invente un langage neuf, provocateur, frondeur, insurrectionnel, jouant avec malice des cadres, des rimes sages et des dogmes bien peignés…
      Une poésie qui déborde, qui dérape, qui mord, mais qui parle juste…
      Merci aussi pour tes deux petits vers conclusifs…
      Ils confirment, avec élégance et sourire, que la poésie du Roi Renaud trouva grâce à tes yeux, exigences rangées, l’espace d’un instant, au fond de la poche…
      :-D :-D :-D

      • Isa dit :

        Ma préférence va à la poésie classique et c’est dans cette forme que ma poésie s’exprime le mieux. Mais je n’ai rien contre la poésie dite libre, c’est-à-dire en dehors des règles strictes de la prosodie. Ce qui compte, c’est la poésie ! Certains poèmes, rigoureusement classiques et admirables selon les critères de la prosodie, sont malheureusement et cruellement dépourvus de poésie. Ils sentent la sueur de l’auteur qui s’est échiné à triturer ses vers pour qu’ils rentrent dans le moule très contraignant de la prosodie. Et là, je préfère les vers de Renaud qui sentent bon la poésie ! Pour moi, Renaud, dans de nombreuses chansons mais en particulier dans « Mistral gagnant » ou « En cloque » ou « Putain de camion » ou encore « La teigne » et tant d’autres, est un sublime poète. Quand je l’écoute, je me moque de savoir si la rime est riche ou pas, si l’alexandrin est parfait ou boiteux, si la césure est en place, si un masculin rime avec un féminin, un singulier avec un pluriel, etc. En revanche, ce que je déteste, ce sont ces rimailleurs qui se réclament de la poésie classique avec des soi-disants alexandrins qui comptent 11, 13 voire 14 pieds !!! Une femme un jour, lors d’un récital de poésies, lâcha pompeusement au public : « Les alexandrins me viennent tout seuls sous la plume ! » et je me suis retenue de lui demander : « Mais quels alexandrins? » ! Tu sais comme moi qu’il est de très mauvais ton de critiquer un artiste… On peut dire en sortant d’un restaurant que le chef est nul, mais pas d’un artiste !

        • Merci Isa pour ton réponse…
          Ta position s’éclaire avec une netteté réjouissante, sans dogme ni chapelle…
          La poésie classique trace ton terrain de jeu favori, là où ta plume circulait avec aisance et précision…
          La poésie dite libre ne te hérisse nullement, dès lors que le souffle circule et que la nécessité s’impose…

          Tu pointes juste cette confusion fréquente entre virtuosité formelle et véritable poésie…
          Certains textes impeccables côté prosodie transpirent l’effort, la contrainte, la mécanique visible…
          À l’inverse, chez le Roi Renaud, les mots respirent, cognent, caressent, dérangent, sans demander l’autorisation aux règles…
          En revanche, je déteste également, les rimailleurs se réclamant de la poésie classique avec des soi-disant alexandrins

          Sur ce terrain là, nos chemins se rejoignent…
          Mais je ne reste pas muet…
          Quelques pseudo poètes croisèrent ma route, bardés de certitudes et de métriques bancales…
          Je signalais simplement les fautes de prosodie, sans attaque ni procès d’intention…
          En retour, des réactions parfois violentes, presque injurieuses…
          Cela ne freina nullement mon élan je remettais le couvert…
          « je n’aime pas les cons incompétents et prétentieux »…

          D’autres, heureusement, choisirent une voie différente…
          Après la remarque, la demande de conseil…
          Puis l’envoi de nouveaux textes, soumis sans arrogance, avec curiosité et désir de progresser…
          Là, le plaisir trouva pleinement sa place…
          Correction de la forme uniquement, jamais du fond, respect absolu de la voix singulière…
          Ainsi naquirent plusieurs « élèves », au fil du temps…

          L’un d’eux, dont je tairai le nom, remporta même le grand prix des poètes lorrains…
          Tous ses textes passèrent auparavant sous mon œil attentif qui corrigea la forme…
          Ce jour-là, une petite satisfaction personnelle quoique anonyme s’invita discrètement…
          Sans triomphe, sans tambour, juste le sourire tranquille du passeur…
          :-D :-D :-D

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