SA FOTO
Posté par Claudio Boaretto le 29 juillet 2025
Présentation de la chanson « Sa Foto »…
Sur la forme…
Ici, pas de métrique stricte ni de prosodie millimétrée…
Ce texte, né pour la chanson, s’éloigne volontairement de la rigueur classique que je privilégie parfois dans d’autres refrains…
Quelques assonances glissées, des échos sonores qui surgissent au détour d’un mot… Une liberté de souffle pour mieux épouser la musique…
Une musique signée Jean-Marie Duwicquet, complice fidèle…
Il reçut ma consigne : une ambiance country, sobre et rythmée… Il traduisit cette attente avec talent, sans détour ni surcharge…
Tempo andante, accords balancés, rythme en trois-quatre qui boitille légèrement, comme le cœur du narrateur…
La structure reprend en boucle les mêmes motifs, malgré les hiatus :
« tu as déchiré sa foto… tu as jeté son petit mot… » ;
comme un mantra mélancolique…
Pas de refrain véritable, mais des retours entêtants, presque obsessionnels, entre solitude et dérision…
Sur le fond
Un portrait moqueur et attendri d’un homme qui s’acharne à séduire malgré les ans…
Cow-boy du trottoir, matou cabossé, coyote égaré…
Ses armes ? Un regard de velours, un vieux lexique d’amour, et la certitude désespérée que « le premier jupon qui passe » relancera la partie…
Un texte en clair-obscur, où l’humour tempère la mélancolie, où l’autodérision sauve du naufrage…
Une chanson qui glisse… comme le temps…
Pour l’écoute de la chanson, cliquez sur la flèche à gauche du lien ci-après :
(Conseil d’écoute :Toujours d’écouter la chanson avant, et lire les paroles après, surtout pas l’inverse !…
Ou, en dernier ressort, lire simultanément à l’écoute…
Car il ne s’agit pas d’un poème figé, mais bien d’une chanson vivante…
Quelques écarts entre le texte et l’interprétation surgissent parfois…
Rien d’étonnant, une chanson respire, évolue, se réinvente…
L’auteur, selon l’humeur, peut changer un mot, une rime, un clin d’œil différent…)
SA FOTO
Tu as déchiré sa foto
Tu as jeté son petit mot
Te voilà seul sur le trottoir
Avec un vieux goût de cafard
Dans la bouche ce goût amer
Cette mélancolie d’enfer
Tu retraverses le désert
Comme un vieux cow-boy solitaire
Ne prends pas cet air de dégoût
Tu dois savoir tenir le coup
Et le premier jupon qui passe
Il va falloir te mettre en chasse (bis)
II
Tu as déchiré sa foto
Tu as jeté son petit mot
Ces petits mots qui égratignent
En une dizaine de lignes
Elle a refusé ta passion
Elle a sapé tes illusions
En prenant ton cœur à rebours
Elle a dit non à ton amour
Tu as failli te rompre le cou
Car tu n’étais qu’un vieux matou
Tu es parti-z-à l’aveuglette
Derrière une petite minette (bis)
III
Tu as déchiré sa foto
Tu as jeté son petit mot
Tu-as tout tenté pour la séduire
Mais elle n’a fait qu’en sourire
Tu étais fou de t’acharner
Elle aura vingt ans cette année
Toi cinquante l’année prochaine
Les années passent les années viennent
Encore deux ou trois tempos
Tu seras au bout du rouleau
Même si la chanson n’est pas bonne
Rien n’arrête le métronome (bis)
IV
Tu as déchiré sa foto
Tu as jeté son petit mot
Te voilà seul sur le trottoir
Avec un vieux goût de cafard
Tu as le style un peu rétro
Rates pas le dernier métro
Ton sourire de séducteur
Prend des rides à deux cents à l’heure
Ressort ton regard de velours
Ton lexique de mots d’amour
Et le premier jupon qui passe
Il va falloir te mettre en chasse (bis)
V
(chantonner les six premiers vers)
(reprise des six derniers comme suit)
Tu retraverses le désert
Comme un vieux coyote solitaire
Ressort ton regard de velours
Ton lexique de mots d’amour
Et le premier jupon qui passe
Il va falloir te mettre en chasse (bis)
Paroles Claudio Boaretto
Musique Jean-Marie Duwicquet








Nostalgie….
Il y a très longtemps j’écoutais cette voix, ces accords, et d’autres…, un soir de début d’été dans un petit village du Nord meusien…le métronome a fonctionné drôlement vite je trouve…. depuis pas loin de 50 ans.
Merci Chantal pour ton commentaire…
Les saisons défilent si vite qu’on se demande si le métronome ne triche pas un peu…
et quelques soirées d’été gardent, mine de rien, un petit parfum qui ne s’efface pas…
Une jolie mélodie pour accompagner un thème intemporel avec un texte léger; j’aime beaucoup ce côté un peu « cow boy »
Merci Christine pour ton commentaire…
Un cow-boy garde toujours une chanson en selle…
Surtout quand la balade traverse les saisons avec un brin de poussière au bord des santiags…
Tu tisses le lien… en y ajoutant de la nostalgie.
Mais après lecture de ton riche commentaire, qu’ajouter ?
Plaisir de trouver guitare, paroles et… toi
Je me répète, je suis une vieille branche tordue sans jamais avoir été très branché.
C’est toujours bien d’ouvrir les vieux tiroirs, trésors !
Rémy
Merci Rémy pour ton commentaire…
Les vieux tiroirs cachent parfois des cordes qui vibrent encore…
et même les branches tordues savent offrir de l’ombre aux refrains qui prennent le soleil…
Ouvrir ces tiroirs, c’est retrouver un parfum oublié, un air qui revient tout seul, comme s’il attendait derrière la porte…
La nostalgie y pose sa main, non pour retenir, mais pour accorder…
Toujours un peu dans le même thème avec une assurance et une voix plus sûre et affirmée.. bravo Claudio tu me rappelles à ma jeunesse…tes concerts.. la télé c’était déjà un début prometteur…amitiés
Merci Marie-Claude pour ton commentaire…
Les thèmes suivent leur fil, la voix prend le chemin qui lui convient…
et les chansons se posent là où les souvenirs viennent les écouter…
Certains soirs semblent proches, d’autres se teintent de brume…
mais tous trouvent encore leur place dans la mélodie…
Un coyote malicieux et oh combien amoureux de cette musique « country ». Un tempo musical et vocal accompagné simplement à la guitare.
Des petits mots nostalgiques chantés avec cette voix reconnaissable qui est la tienne.
Merci Claudio pour ce beau partage.
Merci Thierry pour ton commentaire…
Ton écoute fidèle suit le coyote depuis bien des sentiers…
et ce tempo country, guitare en main, garde la même poussière dorée au bord du chemin…
Ceux qui écoutent, fidèles ou de passage, prolongent sans le savoir la chanson bien au-delà de sa dernière note…