COUCHER DES GRUES CENDRÉES DANS LES LANDES
Posté par Claudio Boaretto le 3 décembre 2025
En ces tous derniers jours de novembre 2025, un commando de 3 fotografs aguerris prends la route, Joël, Jean-François et moi, dans l’intention de fotografier le vol des grues cendrées regagnant leur dortoir dans les Landes…
Deux cents bornes, presque trois heures de routes sinueuses, pas de quoi refroidir nos ardeurs…
Sur le trajet, halte prévue durant une heure afin d’observer les aires de nourrissage…
Malheureusement, grues bien présentes mais distance assassine, plus de cinq cents mètres…
Trop loin même pour nos téléobjectifs les plus puissants…
Arrivée donc à l’observatoire avec une bonne heure d’avance…
Dans la série « le fotograf fotografié » Joël me shoote avec mon monopode qu’il baptise avec humour : « pied de grue »…
Enfin, les voilà…
Silhouettes dans le ciel…
Ailes de dos, lignes fuyantes……
Descente progressive derrière la lisière, direction le dortoir…
Zoom poussé au maximum, objectif 200–500 mm en plein format…
Je passe mon boitier en APS-C pour atteindre les 750 mm équivalents…
Nécessité vitale, les oiseaux filent haut, loin, déjà ailleurs…
Deux captives dans le capteur…
Trois en plein travers…
Puis quatre…
Maintenant sept !…
Après, je renonce au calcul…
Sur la deuxième en haut, la seule de toute ma série dont nous apercevons les pattes…
Je tente de capter les arabesques dessinées dans le ciel, figures célestes composées à plusieurs plumes…
Je shoote en rafale, la mitraillette crépite…
Mais ça file vite…
Épaule en mouvement, index tétanisé sur le déclencheur, mon téléobjectif pèse plus de deux kilos et demi auquel on rajoute le poids du boitier, heureusement il s’appuie sur mon « pied de grue »…
Les prises de profil racontent mieux la danse céleste…
Maintenant, repères pris, j’anticipe mieux d’où les grues cendrées proviennent et les attends de pied ferme…
Foto croopée, un soupçon de bruit numérique, tant pis…
L’essentiel demeure, deux vies ailées bien nettes…
Ça file, faim de dortoir…

Constatation, elles se couchent à heure fixe, comme les poules…
Shoot lointain, baigné par l’aube du couchant…
Chaque soir de novembre à février, près de vingt mille voyageuses convergent vers leur havre d’hivernage…
Ça mérite un petit panoramique…
Je persiste dans mes captures en plein travers…
En vrac…
Je ne m’en lasse pas…
Dernières rafales avant disparition derrière les frondaisons…
L’obscurité gagne…
Ultime déclenchement avant que le ciel s’éteigne…
Dans ce coin perdu des Landes, spectacle garanti chaque soir…
Un ciel en mouvement…
Juste pour relever les yeux…
Claudio Boaretto
































Que c’est beau la nature. La vie en plein mouvement. Très beau travail de photographe. Le courage et la persévérance et surtout la patience du photographe. Merci à toi Claudio pour ces vols gracieux et je présume sonores.
Merci Thierry pour ton commentaire…
La nature compose sans relâche, ailes, vent, ciel en partage…
Le fotograf ne dicte rien… il guette, il patiente, il négocie avec la lumière…
Et quand les grues passent, le silence du regard dialogue avec le tumulte des cris…
Heureux que ces vols jusqu’ici t’aient porté…
Magnifiques photos qui illustrent bien le beau spectacle que vous avez dû voir.
Il ne manque que le son
Bravo Claudio
Merci Christine pour ton commentaire…
Le ciel ici chantait pour de vrai…
Mes foto ne livrent que la moitié du voyage…
L’autre flotte encore quelque part entre deux battements d’ailes…
Et ce manque, finalement, rend ce spectacle encore plus précieux…
Belles images ! Ce spectacle, je l’admire matin et soir au-dessus de chez moi. J’habite dans l’Aube, à proximité des lacs régulateurs du débit de la Seine. De nombreuses grues dorment sur les berges après avoir passé la journée dans les éteules non retournées. Les agriculteurs ne labourent qu’au printemps afin d’assurer la nourriture hivernale de ces magnifiques oiseaux. Précision : on a compté de nombreux décès cet automne dus à la grippe aviaire.
Merci Colette pour ton commentaire…
Joie sincère de te retrouver par ici…
L’Aube résonne comme un paradis pour migratrices… lacs, chaumes, berges en guise d’hôtels de luxe…
Tes lignes prolongent merveilleusement ce billet, du regard jusqu’au sol nourricier…
Triste revers, toutefois, que cette grippe aviaire, rappel brutal de la fragilité même dans le ciel…
Merci pour ces précisions précieuses… et pour ton retour sur le blog…
Merci Claudio pour ce spectacle prolongé par tes fotos! Hélas comme déja souligné, la bande son manque au grand ballet des grues cendrées!! Mais heureux d’avoir partagé ce moment!
Merci Joël pour ton commentaire…
Et merci à toi surtout, chef d’orchestre discret de cette escapade ailée…
Sans ton flair ni ton organisation, ce ciel là aurait glissé sans nous…
Quant à la bande son… elle résonne encore dans les oreilles… et dans les images…
Heureux partage, vraiment…
Les vols de grues suivis par la LPO: https://champagne-ardenne.lpo.fr/grue-cendree/migration-et-hivernage/la-migration-des-grues-cendrees-au-jour-le-jour
On les entend souvent avant de lever le nez pour les voir. Quel caquetage! Elles sont omnivores mais elles raffolent du maïs, ce qui déplait à certains agriculteurs.
Merci Michel pour ton commentaire…
Article intéressant, limpide comme une trajectoire d’aile…
Nous étions sur la réserve d’Arjuzanx, là où les chiffres tournent autour de vingt mille migratrices chaque soir…
Et toujours ce concert avant l’apparition, signature sonore dans l’air frais…
Le maïs, trésor pour elles, sujet sensible pour certains champs… équilibre fragile entre ciel et terre…
Magnifique!
Merci Claudio
Merci Cécile pour ton commentaire…
Joyeux anniversaire avec trois jours de retard…
Que cette année file comme un ciel migrateur, pleine de lumière et de projets qui te chatouillent l’âme…
Bonjour Claudio.
Un bien joli spectacle, je vais peut-être y faire un tour la semaine prochaine.
Que de belles Tof’s.
Merci Jean Bernard pour ton commentaire…
Un ciel généreux par là bas, chaque soir différent…
Tes Tof’s futures déjà en embuscade…
Bon voyage sous les ailes…
Que de beauté ! merci à toi d’avoir su les saisir « au vol » !
Merci Chantal pour ton commentaire…
Ces ailes offraient déjà tout…
Le fotograf n’a cueilli que l’instant…
Bravo cousin! Tu deviens officiellement le Spielberg des oiseaux! Merci pour ton reportage exceptionnel sur les grues cendrées en mode » retour à la maison « . Je les entendais presque…..râler parce l’une d’elles a râter son virage….franchement, un épisode de Grues Académy/ saison migration.
Merci Sylviane pour ton commentaire…
Spielberg version plume… j’accepte le rôle, mais sans tapis rouge…
Entre ratés d’atterrissage et chœurs migrateurs, le feuilleton s’écrivait tout seul…
« Grues Academy », saison migration, mérite clairement une diffusion quotidienne…
Ravi que tu aies presque entendu leurs râleries…
Quels magnifiques clichés de ces grues cendrées si délicates !
Merci Claudio, pour ce partage, j’aime beaucoup.
Merci Patricia pour ton commentaire…
Sous ces ailes, la poésie circule libre…
Heureux que ce vol jusqu’ici t’ait souri…
ah ! très intéresssssant ! merci pour cet article.
Depuis 1999 Jacqueline et moi on allait chaque année au lac du Der louer un mobil-home et y regarder les grues.
Je suis les nouvelles sur la migration des grues, elles ont maintenant ouvert une nouvelle route avec un nouveau lieu de halte, qu’elles n’utilisaient pas avant, en Camargue. Fascinant !
la dernière fois ce fut en 2002, après elle est morte.
Dernière publication sur Miiraslimake : Permanence du nazisme
Merci Miraslimake pour votre commentaire…
Le lac du Der résonne entre tes lignes comme un nom chargé d’ailes et de mémoire…
Regarder les grues, année après année, puis garder ce rituel dans le cœur quand les routes changent, voilà une fidélité rare…
La Camargue désormais sur leur carte élargit encore le mystère…
Et votre regrettée Jacqueline demeure là, quelque part entre deux passages, portée par les mêmes vents…
L’homme se pique de faire de l’art mais les animaux et la nature font ça tous seuls. Il reste à s’incliner
Merci Mireille pour ton commentaire…
La nature signe sans signature…
L’homme griffonne parfois à côté…
Quand les animaux dessinent le ciel, l’humilité s’impose…
Merci Claudio. C’est très beau! Je suis emballé
Merci Jean Paul pour ton commentaire…
Heureux que ce ciel t’ait embarqué…
Bonjour Claudio,
Enviable, ton pied de grue et la hutte qui cache ta chaume personnelle et les yeux doubles sur ton nez. La barbe !…
Passons aux vues de grues
Quelles lignes épurées dans ton ciel, encres de Chine sur tes pages monochromes.
Je t’imagine ne plus savoir où donner du déclic
Grues tout en courbes planantes, indifférentes aux humains embourbés qui les guettent.
Un des premiers cadeaux d’hiver. Merci.
Rémy
Merci Rémy pour ton commentaire…
Toujours cette manière bien à toi de filer l’image, d’y glisser un clin d’œil et un sourire en coin…
Ton « pied de grue » m’amuse… Ta hutte improvisée me peint en veilleur des marais, planté dans le froid, la barbe en étendard et l’œil aux aguets…
Puis viennent les vraies reines du ciel…
Lignes pures, traits d’encre sur page d’hiver, souplesse tranquille au-dessus de nos terres engourdies…
Et oui, face à elles, le déclic frémit, se relance et crépite…
Elles offrent toujours un premier cadeau de saison, un souffle venu du nord…
Toujours un plaisir de lire ta plume vagabonde…