FERRY, L’AS DE PIQUE par HUGO H

Posté par Claudio Boaretto le 15 septembre 2011

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Comme Hugo, j’adore ces vieux ferries un peu démodés par rapport au nouveau modèle mis en service depuis un an….

Les insulaires que nous sommes sont obligés de prendre ces ferries pour une traversée de ¾ d’heure lorsque nous voulons rejoindre la terre ferme…. Mais pour ceux qui ont la marine dans l’âme, ce n’est jamais une corvée de naviguer sur ces bâtiments d’un autre âge…. De plus, le bar à bord est toujours ouvert et c’est un réel plaisir de siroter  un « caffè Macchiato » ou un « spritz » selon l’heure, en admirant Venise depuis la passerelle des passagers….

Mais laissons l’artiste s’exprimer sur son œuvre :

« J’adore ces ferry-boats, alors il fallait bien leur rendre hommage avant qu’ils ne soient mis à la casse… Je ne dis pas que c’est imminent mais plutôt inexorable. Cette année, on a déjà vu arriver les nouveaux “motonave” et un (seul) ferry géant qui est beaucoup moins pittoresque que celui-ci !…. »

C’était le couplet nostalgique…. L’artiste s’explique maintenant sur la composition du tableau :

« ….Ici, la composition est décentrée et le ferry est vu sous son meilleur angle. Il est relativement grand dans le cadre et l’horizon assez bas met encore en valeur ses mensurations.

Je l’ai intégré dans un paysage de lagune sorti de mon imagination, comme beaucoup de choses sur cette toile, d’ailleurs… Ca participe à l’aspect “cartoon” que je voulais donner à l’ensemble.

La lumière est la première chose que j’ai inventée par rapport à la photo dont je me suis servi pour dessiner le ferry. Une lumière crue sous ce ciel bleu immense, qui donne une ambiance méditerranéenne avec de l’eau très bleue également.

Cette puissante lumière blanche qui vient de la droite, assez bas, frappe de plein fouet le flanc tribord du ferry. Le fort contraste qui en résulte souligne le “vide” au milieu du bateau qui reste sombre.

Comme souvent sur la lagune, les nuages ont l’air d’être tout autour mais pas au dessus de nous. C’est seulement à travers le ventre de l’embarcation qu’on voit un petit bout d’horizon dégagé.

J’avais envie de délirer un peu et de ne pas simplement peindre un ferry qui passe « comme ça bêtement pour rien »…

C’est donc un ferry de pirates : « l’as de pique ».

La peinture est restée d’origine par rapport aux transports urbains de Venise, mais un logo vient signaler son changement d’affectation.

Le pavillon des pirates est hissé haut également.

La présence d’un char Renault de la première guerre mondiale peut également éveiller les soupçons des observateurs perspicaces. Ce petit anachronisme, c’est pour le look, mais aussi pour rendre hommage à Hayao Miyazaki (le “Walt Disney japonais”)…

Et tant qu’on est dans les références pour vieux gosses, on peut signaler la présence d’Albator et de son fidèle Tochiro tout en haut du balcon. Enfin, les fanions colorés écrivent A. I. U. T.O, ce qui est une petite référence à Porco Rosso (les pirates s’appellent les “Mamma Aiuto” dans ce dessin animé) ….. »
« Dimensions : 80×100 cm »

Bon, ben moi, je vous ai photographié un ferry qui passe « comme ça bêtement pour rien », juste pour que vous puissiez faire la comparaison et apprécier le talent de Hugo….

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LE COYOTE AMATEUR DE PEINTURE

Posté par Claudio Boaretto le 10 septembre 2011

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Le crobar de Fabien, reçu hier…. Toujours aussi bien vu, toujours aussi drôle, toujours aussi sympa….

Bien sûr que je suis amateur de peinture…. D’ailleurs Fabien, dans ma vie de Lorrain, je n’ai jamais raté une de tes expos…. Avec un père, un frère aîné et aujourd’hui un gendre qui peignent, « j’suis tombé dedans quand j’étais p’tit !… » …. Ayant même quelques facilités à dessiner, je me souviens toujours de ma chère collègue, Nathalie, professeur d’art appliqué, qui me disait :

« Je ne comprends pas pourquoi tu ne t’y mets pas Claudio, tu as de l’or dans les mains »….

Ce à quoi, je répondais, lucide : « j’ai peut-être de l’or dans les mains, mais j’ai de la merde dans les yeux !»…. 

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ARRIERE DE LA GIUDECCA par HUGO H

Posté par Claudio Boaretto le 21 août 2011

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Ce n’est pas un des derniers tableaux d’Hugo, mais c’est un de mes préférés…. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à l’apprécier car il est déjà dans la collection privée d’un amateur vénitien,

C’est encore une vue de l’arrière sud de la Giudecca avec ses espaces qui transpirent du labeur des hommes et qu’une modernité désuète rend pittoresque…. Quand on sait que «pittoresque» veut dire « relatif à la peinture » il était logique qu’Hugo se mette à peindre cet endroit…. Ces deux vieux remorqueurs ne sont plus en service, mais je les ai vus naviguer il y a quelques décennies…. En Venise, on ne dit pas remorqueur mais «Pilote» en prononçant  «-pi-lo-té-» avec l’accent tonique sur -lo-….

Nonobstant l’émotion que me procure ce tableau, voyons tout de même le commentaire technique de l’auteur :

« La scène est très frontale, calée dans une perspective centrée à un seul point de fuite, encore écrasée comme si elle était vue de très loin…

Le découpage du format est très géométrique, avec des angles droits partout, et des surfaces orthogonales qui font apparaître les différents plans comme un collage : L’eau et les bateaux, puis la zone “portuaire”, puis le rideau de végétation des jardins et enfin la ville au fond.

On a une répétition du motif sur chaque moitié de la toile : Un bâtiment, un remorqueur, une grue, puis encore une fois la même chose avec une position de la grue quasi identique sur chaque moitié du format…

Ainsi, le lieu semble suspendu dans le temps, et déserté des hommes. D’ou la présence d’un chien pour seul protagoniste, qui se promène là tout seul…

La lumière crue ajoute encore, selon moi, à cette impression d’ouverture, de grand air ! »

OK ! Et on clique sur la photo pour avoir un format plus grand afin d’apprécier les détails….

 

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LA BARBICHUE par HUGO H

Posté par Claudio Boaretto le 8 août 2011

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Le dernier tableau d’Hugo sur notre Venise avec ses quais laborieux, ses barques et ses chantiers….. Comme d’habitude, cliquez sur le tableau pour le voir en grand format….

Ce qu’en dit l’artiste :« une barque en réfection qui pointe le bout de son nez. Un nez tout sale d’avoir trainé trop longtemps dans l’eau, si bien qu’une barbiche d’algues y a poussé.
Une vue à la lumière forte, blanche, latérale. Un contrejour dont l’ombre joue la diagonale et accentue la perspective. Une ombre portée très présente dans laquelle on voit autant de détails que dans les parties éclairées. »

J’ajouterais, en référence à son tableau précédent : on y retrouve ces algues qui nous accompagnent quotidiennement le long des quais et des canaux de la sérénissime et marquent la « frontière » entre le monde aquatique lagunaire et le monde aérien…. On remarque aussi au dessus de la barque, comme dans tous les petits chantiers navals vénitiens, la petite grue peinte en jaune avec ses deux lanières servant à sortir les bateaux hors de l’eau….

Je craque toujours quand je vois sur un tableau un bout de lagune et un bateau….

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LA FRONTIERE par HUGO H

Posté par Claudio Boaretto le 26 juillet 2011


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Un tableau de Hugo sur Venise intitulé « LA FRONTIERE » ; une peinture à l’huile de 100×150…. Cliquez sur la photo pour obtenir un format plus grand….Si le motif ne vous parait pas évident, écoutez l’artiste qui parle de son œuvre :

« Voici la frontière entre la ville de Venise et sa lagune, entre notre monde aérien et le monde aquatique ô combien plus mystérieux. Le long de cette frontière entre le dessus et le dessous, mouvante au gré des vagues et des marées, une vie spécifique s’installe, bien rangée en diverses strates correspondant à une humidité plus ou moins prononcée : des algues vertes qui finissent par sécher, plus bas d’autres algues plus bleutées et sombres comme si elles voulaient insister sur leur appartenance au monde marin, des moules aux reflets bruns, verts ou violacés selon leur position, et enfin les algues de grande dimensions, ocres et rouges, qui trempent dans l’eau en permanence, toujours secouées par les vagues. Ce sujet, encore une fois très frontal et traité à taille réelle, était un bon banc d’essai pour tester une expressivité dans le geste. Le grand format permet également d’imprimer des mouvements plus amples et dynamiques. Ensuite, l’omniprésence du noir qu’induit cette lumière rasante m’a permis de m’amuser à chercher un graphisme correspondant à chaque élément. Quand je peins avec du noir, j’ai tout à coup l’impression de dessiner. C’est une drogue (à consommer avec modération, donc).

De haut en bas de la toile, on passe du sec au mouillé.
Tout en haut, on est dans la strate minérale : des pierres de couronnement dont la tranche est juste rasée par la lumière, et un vieux béton fatigué mais très massif, dans le grain duquel le noir et le blanc se côtoient pour donner ne vibration rugueuse.Tout en bas en revanche, la fine couche d’eau qui recouvre les algues brunes, très sombres, est complètement limpide. L’unique propriété qui la révèle est sa brillance. Ici, l’éclat lumineux est concentré en petits points brillants : le blanc et le noir se séparent totalement. »

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