MESSIEURS LES ELUS

Posté par Claudio Boaretto le 11 avril 2013

En cette période politique troublée en France, c’est le moment de republier ce poème que j’ai écrit il y a déjà plusieurs années mais qui reste d’une troublante actualité…..

Durant une de mes vies précédentes, je fus le directeur de cabinet d’un élu, heureusement intègre et généreux, chef de l’exécutif d’une collectivité territoriale….
Durant mes fonctions, je fus le témoin de conflits d’intérêt et de manœuvres de certains élus à la recherche du pouvoir, ne pensant qu’à leur propre intérêt au dépens de l’intérêt général….

Ce qui m’inspira le poème ci-dessous :

MESSIEURS LES ELUS

J’en ai des boutons, ça me gratte
Quand je vois tous ces démocrates,
Les élites, les mégalos,
Prêt à gouverner en solo.
Pour gagner, pour se faire élire,
Certains cassent leur tirelire,
Des grands bonjours, des au-revoirs,
Pour quelques onces de pouvoir.

Rien ne les bute, les ébrèche,
Ils sont tous les jours sur la brèche,
La course pour serrer des mains,
« Voteront-ils pour moi demain ? ».
La parole toujours facile
Pour charmer les plus indociles,
Être dans le coup, dans le bain,
C’est dur le métier de tribun.



MESSIEURS LES ELUS dans 10 Poèmes & Textes 2-mariannn

Désolé messieurs les élus,
Fi de vos planches de salut,
Je dis bonjour à ceux que j’aime,
Sans stratégie ou stratagème.

Et pour mieux pouvoir nous convaincre
De voter pour qu’ils puissent vaincre,
Ils disent sans nous ménager
La République est en danger.
Si c’est pas nous, c’est les fascistes
Les dictateurs et les racistes,
On sort les vieux épouvantails,
Bien sur c’est la peur du « détail ».

Et je ne parle pas d’argent,
De tous ceux qui grugent les gens,
De ces élus plutôt fripouilles,
Dans la combine et la magouille,
Dessous les sociétés écran,
Ceux qui passent en se sucrant,
Caisses noires dans la nature,
Vrais magots et fausses factures.

Désolé messieurs les élus,
Fi de vos planches de salut,
J’aime mieux jouer les anars,
Devant mon verre de pinard.

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Une fois qu’ils sont dans la place,
Faut surtout plus qu’on les remplace,
Tout ce qu’ils font c’est bien meilleur
De tout ce qu’il s’est fait ailleurs.
Car ceux d’avant, on les critique,
C’était pas bon leur politique,
Et même si c’était parfait,
Ils proclament l’autodafé.

Au lieu de cheminer ensemble,
Que les différents se rassemblent,
Que tous nous allions droit devant,
Coudes serrés contre le vent,
La république, maladroite,
Va sur la gauche, sur la droite,
Poussée en des courants divers,
Elle marche tout de travers.

Désolé messieurs les élus,
Fi de vos planches de salut,
Pour pas tomber à la renverse,
j’ai pris les sentiers de traverse.

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Claudio Boaretto

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AMÈRE DESTINEE

Posté par Claudio Boaretto le 10 avril 2013

Ce texte n’est pas une chanson, c’est une Villanelle….
Qu’est-ce une villanelle ?….
La villanelle est une forme fixe de la poésie française dont les règles datent du XVIème siècle…. 
C’est un poème composé d’un nombre impair de tercets, suivis d’un quatrain final…. 
Elle doit être écrite en vers de sept pieds, sur deux rimes, la première rime étant obligatoirement féminine…. 
Le premier vers du premier tercet constitue le troisième vers des tercets pairs suivants….
Le troisième vers du premier tercet forme le troisième vers des tercets impairs suivants…. 
Ces deux vers figurent dans le quatrain final dont ils sont respectivement les troisième et quatrième vers….

Amère Destinée

En cette nouvelle année
Souffle un vent de répression
Quelle amère destinée

Boire deux ou trois tournées
Devient pis qu’une agression
En cette nouvelle année

AMÈRE DESTINEE dans 10 Poèmes & Textes 1

Interdit de randonnées
Si quelconque libation
Quelle amère destinée

Quittez point vos cheminées
Sinon gare aux rétorsions
En cette nouvelle année

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Les haleines avinées
Risquent l’incarcération
Quelle amère destinée

Fi de ces règles damnées
Je trinque sans condition
En cette nouvelle année

p1190328

Aux ivresses condamnées
A l’ivrogne en perdition
Quelle amère destinée

Prévenez les maisonnées
Voici la prohibition
En cette nouvelle année
Quelle amère destinée

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COMPLIMENT DE FIN D’ANNEE

Posté par Claudio Boaretto le 16 mars 2013

Voici un texte que j’avais écrit et adressé comme carte de vœux en 1995….

Quelques petites anomalies au regard des règles de l’art m’agaçaient encore dans ce bout rimé…. Voilà pourquoi, remanié et l’ancienne publication effacée, je le publie de nouveau ….

Ce sont des vers octosyllabiques, bâtis sur le squelette d’un sonnet dont la chute se concrétise par l’ajout d’un quatrain en rimes suivies…. Résultat : un melting pot des trois principales organisations de rimes sur un même petit texte dont l’effet n’est pas pour me déplaire….
soit:

ABBA ABBA CCD EDE FFGG

Bon, quelques ayatollahs du classique objecteraient que le dernier quatrain devrait commencer par des rimes féminines….

Que nenni, sciemment je l’ai organisé à l’inverse car ce pamphlet se devait de terminer sur une note musicale féminine avec la rime en « asme » tout à fait appropriée….

Texte grivois, sans nul doute, volontairement provocateur à l’intention de mes «petites ennemies» de l’époque….

Je n’ai pas résisté au plaisir d’illustrer ce texte avec les superbes pin-up girls d’Aslan….

Grenouilles de bénitiers, s’abstenir….

COMPLIMENT DE FIN D’ANNEE

A mes Femmes

Noël ! Noël !

J’ai deux grands vœux dans mon étable,
Volontiers je vous en laisse un
Et vous embrasse entre les seins
Si vous me sucez sous la table.

COMPLIMENT DE FIN D’ANNEE dans 10 Poèmes & Textes 011

De quoi ? De quoi ? Inacceptable ?
Pourquoi ce regard assassin ?
Vous trouvez mon  discours malsain
Et mon propos bien regrettable ?


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Les prudes plus tard vous ferez,
N’allez point me faire pleurer,
Vous les lubriques, les volages.


Car de l’an venant de passer,
Il me souvient des enculages
Que même du cul vous jouissez.


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Pour l’année alors qui s’en vient,
Que le plaisir soit vésuvien
Et s’accomplissent vos fantasmes
Gorgés d’étreintes et d’orgasmes.

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Claudio Dante Enzo Boaretto

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LES OISEAUX DE PASSAGES

Posté par Claudio Boaretto le 28 février 2013

Les oiseaux de passage de Jean Richepin….

LES OISEAUX DE PASSAGES dans 10 Poèmes & Textes 01-richepin

Je voulais vous faire partager ce magnifique poème que m’a fait redécouvrir un de mes amis de la bande des «Vieux Ados», Jean-Claude K, poème écrit dans le pur style classique, mais pas avec des mots ou des paroles alambiqués, compréhensibles seulement pour une certaine «intelligentsia», non ! Écrit avec des mots simples, de tous les jours, à la portée de tout un chacun…..

C’est un long poème de 27 quatrains, mais d’une beauté inouïe et dont les images poétiques se prennent en pleine poire !….

Georges Brassens en a fait une chanson en mettant en musique une partie de ce poème en reprenant les quatrains 9, 10, 11, 13, 15, 16, 20, 21, 22, et 27… Dans le quatrain 15, il a modifié 2 mots au premier vers pour que la conjugaison reste cohérente au vu de sa sélection….

02-brassens-1 dans 10 Poèmes & Textes

Mais si le mérite de Georges Brassens est d’avoir fait connaitre ce texte au grand public, je ne peux m’empêcher de trouver dommage qu’il soit ainsi tronqué….

Alors, pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà, lisez d’un trait, descendez comme un chapelet ces magnifiques alexandrins, sans oublier de reprendre votre souffle à la césure….

Les Oiseaux de passage

C’est une cour carrée et qui n’a rien d’étrange :
Sur les flancs, l’écurie et l’étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.

Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l’eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d’or.

Loin de l’endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d’avoine en poussière s’entasse,
La poule l’éparpille à coups d’ongle et de bec.

Plus haut, entre les deux brancards d’une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d’aise, assoupi,
Hérissé, l’œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu’une couveuse en boule est accroupi.

Des canards hébétés voguent, l’œil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s’arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d’un plongeon les moires de l’étang.

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Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d’argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.

Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l’ébène et tantôt de l’émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.

Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?

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Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu’avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ça lui suffit, il sait que l’amour n’a qu’un temps.

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Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : « C’est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir. »

Elle a fait son devoir ! C’est-à-dire que oncque
Elle n’eut de souhait impossible, elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu’on a dans le sommeil,
Pour aller voir la nuit comment le ciel s’allume
Et mourir au matin sur le cœur du soleil.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours pour ces gens-là cela n’est point hideux
Ce canard n’a qu’un bec, et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoir deux.

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Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
Qu’ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !

N’avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !

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Oh ! Les gens bienheureux !… Tout à coup, dans l’espace,
Si haut qu’il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d’une voix tremblotante ont gloussé.

Les poules picorant ont relevé la tête.
Le coq, droit sur l’ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l’œil en l’air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.

Qu’est-ce que vous avez, bourgeois ? Soyez donc calmes.
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n’entendront pas.
Et d’ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons.

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Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,
Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.

Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu’importe !
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
À l’haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.

La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
L’averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l’abîme et chevauchent l’orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.

Ils vont, par l’étendue ample, rois de l’espace.
Là-bas, ils trouveront de l’amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

Là-bas, c’est le pays de l’étrange et du rêve,
C’est l’horizon perdu par delà les sommets,
C’est le bleu paradis, c’est la lointaine grève
Où votre espoir banal n’abordera jamais.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux.
Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

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LES VOEUX DU COYOTE 2013

Posté par Claudio Boaretto le 14 décembre 2012

 VŒUX 2013

Chimères lagunaires

Dans mes jardins marins,
En amitié profonde,
Les bernard-pèlerins
Ensemble font la ronde.

Sous le ciel pâlissant,
Plane un faucon-l’hermite
Et son regard perçant
Me scrute sans limite.

Le poisson chat venin
Surveille la bernache,
Quand  le calamar nain
Dans les algues se cache.

Laisse-moi divaguer
Sous le clair de la lune,
Toujours extravaguer
Au bord de ma lagune.

Laisse encore le temps,
Heure indisciplinée,
Pour un nouveau printemps,
Une nouvelle année.

LES VOEUX DU COYOTE 2013 dans 10 Poèmes & Textes CoyoteGondole-blog1

Bon Vent pour Deux mil Treize à la douzaine

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