SONNET DE FIN D’ANNEE

Posté par Claudio Boaretto le 31 mars 2011

Il est nécessaire de situer l’époque ou fut écrit ce texte, soit en décembre 1992….

Voici déjà l’an neuf, et ses «quatre vingt treize»,
Et l’heure des Noëls, l’heure des réveillons,
Leur train de confettis, leur part de cotillons,
Leur trop plein de grands crus qui nous mettrons à l’aise.

Le chapon ou la dinde et l’appétit s’apaise,
Saumon et caviar, et gras foie aux torchons,
Et le champagne à flots, que sautent les bouchons,
Et la musique en sus, si bémol ou do dièse.

Mais ces festivités, pourtant que j’aime tant,
Rire et boire et chanter, toujours tambour battant,
C’est bizarre aujourd’hui, d’allant ne me transportent.

Car sans vraiment courir, vers tel mont, vers tel vau,
Tout près j’entends des cris, à côté de ma porte,
On assassine mon frère à Sarajevo !…

Les spécialistes du sonnet remarqueront l’absence de césure sur le dernier vers…. C’est une licence sciemment voulue, destinée à casser le rythme tranquille  et «pépère» des alexandrins afin de provoquer un effet de déséquilibre, de rupture et de malaise à la lecture de la chute du sonnet relatant l’inacceptable…. En d’autres termes, c’est une manipulation de la forme au service du fond….


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SONNET

Posté par Claudio Boaretto le 31 mars 2011

LE SONNET, forme fixe de la poésie française,  est habituellement composé deux quatrains suivis de deux tercets. Écrit en alexandrins, son schéma de rimes est le suivant :

ABBA
ABBA
CCD
EDE
il existe une variante pour le dernier tercet : EED

 Il faut  alterner les rimes féminines et masculines et c’est dans le dernier vers que doit se trouver « la chute » du sonnet se devant d’être caractérisée par une pensée ingénieuse, ou noble, ou délicate, ou par un trait d’esprit surprenant le lecteur ou l’auditeur.
Boileau dans son « Art Poétique » déclare :
« Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème »

Voici un sonnet de l’artisan-parolier intitulé simplement :

« SONNET »

Tu penses qu’à présent pour toi l’heure a sonné
D’écrire quelques mots, quatrains ou ritournelles,
Ballades, triolets, rondeaux ou villanelles,
Et puis, tout compte fait, pourquoi pas un sonnet.

Le premier des quatrains maintenant est  tourné,
Il te faut pour le moins trouver la rime en elle,
Ne point faire le fat ni le polichinelle
Ni te croire un instant poète chevronné.

A bien y réfléchir, est-ce vraiment utile
De soigner la césure et faire un peu de style ?
Que pour  ton « Souffle » absent tu sois au garde-à-vous ?

Pourquoi chercher les mots, jouer les forts en thème
Lorsque l’inspiration n’est pas au rendez-vous
Et que, tout simplement, tu veux dire « Je T’aime ».


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LES VOEUX DU COYOTE

Posté par Claudio Boaretto le 16 décembre 2010


LES VŒUX DU COYOTE :

ENCORE UN NOUVEL AN

Encore un nouvel an,
Une nouvelle année,
Comme un nouvel élan
Vers notre destinée,
Et le « Temps » insolent
Dans son heure égrenée,
Dans son jour déferlant,
Poursuit sa randonnée.

Que l’on soit nonchalant
Dans le même sillage,
Ou le poisson volant
Vers l’interdite plage,
Encor déambulant
Sur chemins de halage
D’un pas toujours plus lent
Nous avançons dans l’âge.

Contre vents violents
Cinglant nos peaux tannées,
Les soleils aveuglant
Nos faces burinées,
Nous serrons en nos flancs
Nos amours obstinées
Et d’un même talent
Nos libertés innées.

« MEILLEURS VŒUX DEUX MIL ONZE »

« AUGURI DOMILAUNDESE »


coyotegondole.jpg

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D’UNE BOUCLE DU TEMPS

Posté par Claudio Boaretto le 8 avril 2010

Ce n’est pas une chanson….
Sur deux rimes, juste quelques alexandrins sur les  retrouvailles de rencontres du Passé…

D’UNE BOUCLE DU TEMPS

Me fiant au présent s’accrochant à ma chausse,
Je croise des témoins de souvenirs datant,
Des fantômes surgis d’un passé qui se gausse,
M’attendent au détour d’une boucle du Temps.

Il m’est pour souvenir d’avoir cueilli la rose,
Ses épines griffaient mon cœur à bout portant,
Pourtant j’imaginais vivre l’amour en rose,
Mais je dus l’enfermer dans mes pages d’antan.
Voici qu’un vent malin, sur cette page close,
S’en vient de parcourir mes feuillets à l’encan,
Que la rose séchée à nouveau s’est éclose,
Mais l’épine émoussée a perdu son piquant.

rose.jpg

Et mes copains d’abord, mes amis de symbioses,
inconscients nous étions, nous buvions nos vingt ans,
Avides en projets pour nos futurs grandioses,
Nous plongions dans l’éclat de nos jeunes printemps.
Quarante hivers plus tard, je les entends qui causent
Au plus près de mon huis, les vieux adolescents,
Nul ne manque à l’appel quand l’amitié s’impose,
Soixantièmes doublés, hurlants et rugissants.

vieuxados.jpg

Chasseur au fond des bois, où je fus amaurose,
Toi le maître de l’arc, de ses traits jaillissants,
Tu m’enseignas cet art, tel une noble cause,
Au plus près du gibier aux abois angoissants.
Puis encore à ce jour, dans ma chasse déclose,
La flèche sans faillir fend sa cible en sifflant,
Encochée au « Tao » que ton brio propose,
De toute ombre furtive elle atteindra le flanc.

Des passages du temps, me poursuit la névrose,
Mon premier compagnon, de route, de talent,
Que je connus jadis dans une étrange osmose,
A l’ombre du Pont Neuf, le long du Vert-Galant,
Te voilà revenu, dans une apothéose,
Tes Jésus coléreux bousculant le croyant,
Submergeant de tes arts, domptés en virtuose,
Te voici l’homme roc, solide et flamboyant.

christsensemble.jpg

Me fiant au présent s’accrochant à ma chausse,
Je croisais des témoins de souvenirs datant,
Des fantômes surgis d’un passé qui se gausse,
M’attendaient au détour d’une boucle du Temps.

Claudio Boaretto

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LE POETE SOLITAIRE

Posté par Claudio Boaretto le 7 avril 2010

Il est vrai que, le long de mes différentes vies parallèles ou perpendiculaires, j’aimai la solitude, elle m’accompagna longtemps sur ma route…. D’où cette appellation de « Coyote Solitaire » que je n’ai jamais reniée….
Certains ont cru devoir m’affublé du titre de « Poète Solitaire », moi, le faiseur de chansonnettes…. « Solitaire » oui, je veux bien, je le fut, je ne le suis plus….
« Poète » non, je réfute ce titre et toute la prétention qui pourrait en découler…. Je lui préfère le qualificatif « d’Artisan Parolier » Pour preuve cette chanson (dont la musique n’est pas enregistrée) :

LE POETE SOLITAIRE

« refrain »
C’est un poète solitaire,
Il a besoin d’être isolé,
Il n’a pas trop les pieds sur terre,
Il est toujours inconsolé.

Il flâne sur plages désertes,
Pour certains ça les déconcerte
Qu’il soit si souvent à l’écart
Comme s’il était au rancart.
Ce n’est pas qu’il soit en détresse,
Sont ses amantes, ses maîtresses,
La taille fine et l’œil moqueur,
Qui l’embarquent à crève-cœur.

plagedserte.jpg

Il a la fibre artistique,
C’est un ancien, un romantique,
Ils disent tous à l’unisson
Il a la tête à ses chansons.
Mais ceci n’est que baliverne !
Pauvre racontar de tavernes !
Vous voulez la vérité vraie ?
Je m’en vais donc vous la livrer.

S’il aime tant la solitude
C’est parce qu’il à l’habitude
De mettre les doigts dans son nez
Sans vouloir être importuné.
Il ne veut plus qu’on le serine
Quand il récure ses narines.
Il veut qu’on lui fiche la paix
S’il vient à lâcher un vieux pet.

doigtnezclaudiobis.jpg

« dernier refrain »
Fi du poète solitaire,
Du romantique inconsolé,
Plus de mystiques de mystères
Pardonnez-moi mon franc-parler.

Claudio Boaretto

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