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« VATICAN CHAPELS » À VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 22 octobre 2018

Dans le cadre de la Biennale d’Architecture de Venise, le « Saint Siège », participant pour la première fois à cette exposition, présente son « pavillon » intitulé « Vatican Chapels » …

Pour ce faire, le Vatican a demandé à une dizaine d’architectes, de pays et de foi diverses, de concevoir et bâtir une dizaine de chapelles résolument modernes dans la zone boisée de l’île de « San Giorgio Maggiore » afin de créer un parcours visuel et théologique…

C’est ce parcours que nous allons suivre aujourd’hui…

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Mais ne pensez pas que par ce reportage je veuille faire l’apologie du Vatican ou Saint Siège, loin de là…
L’intérêt à mon niveau n’est qu’architectural et artistique, surtout pas religieux, parole d’anticlérical forcené…

Chaque architecte a eu droit à une surface de bâtiment maximale de 60 mètres carrés n’incluant qu’un lutrin et un autel à l’intérieur de la chapelle. Les chapelles sont transportables et destinées à être réédifiées dans les différents villages italiens récemment dévastés par les tremblements de terre…

 « Ce projet est inspiré de la Cappella nel bosco (la Chapelle dans le bois), œuvre conçue par l’architecte suédois Gunnar Asplund dans les années 1920, près du cimetière de Stockholm, a indiqué dans un communiqué le Conseil pontifical pour la Culture, instigateur de cette participation du Saint-Siège à la Biennale. »

Ce sont exactement 11 chapelles que nous avons dénombré dans le parcours boisé de « San Giorgio » …

À droite de cette vue aérienne, nous visualisons la partie boisée de « San Giorgio Maggiore », cette petite île située dans le bassin de « San Marco » juste en face du Palais des Doges…

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J’ai shooté les chapelles au fur et à mesure de notre parcours (et non dans l’ordre de la première carte publiée dans ce billet)…
Allez, je vous emmène en promenade…

La première chapelle que nous rencontrons est celle de l’architecte australien Sean Godsell…

Sur chaque panneau nous pouvons lire le nom de l’architecte et dessous, le nom de la société ou l’entreprise chargée de bâtir la structure…

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Une tour en acier boulonnée sur des capuchons de pieux qui sont fixés eux-mêmes sur des pieux en bois similaires à ceux utilisés historiquement dans Venise…

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L’autel est placé directement sous la tour, sur une plate-forme surélevée au-dessus du sol…

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La deuxième chapelle de Smiljan Radic, architecte chilien d’origine croate…

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Inspirée des chapelles tribales chiliennes que l’on trouve au bord des routes et des chemins où des personnes en deuil déposent des fleurs et des bougies pour les disparus…

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Petit bâti conique, avec ses murs minces composés de 8 plaques de béton armé assemblées dans lesquels sont incorporés du film plastique à bulles qui donne cet aspect particulier….  

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Le toit en verre stratifié…

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La troisième chapelle de Francesco Cellini, architecte italien, de Rome…

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Cellini a choisi de dématérialiser les murs pour que le bâtiment soit ouvert, aéré et imprégné par les bois environnants…
Horizontalement, un corps parallélépipède définit deux espaces, tandis qu’un transept central le traverse perpendiculairement…

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« Le revêtement en grès cérame couvre à la fois l’intérieur et l’extérieur de la structure en acier, dalles fines en grès laminé, avec des textures inspirées par le fer couvrant les côtés vers le jardin, tandis que les dalles blanches brillantes créent des intérieurs purs et sereins » …

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La quatrième chapelle de Ricardo Flores et Eva Prats, architectes espagnols, de Barcelone…

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Intitulée « La Chapelle du Matin », son nom tient du fait qu’elle est positionnée au point le plus à l’est de l’île, de façon à être la première chapelle touchée par la lumière du jour. Un des trous circulaires est, en effet, positionné pour laisser passer les premiers rayons du soleil dans l’espace couvert.
Elle se profile comme un mur parallèle au chemin… Au centre par une ouverture en arc invite le visiteur à se détourner de son chemin pour explorer l’inconnu qui se cache derrière le mur…

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Une fois passée cette ouverture, on entre dans une petite clairière, tandis que l’épaisseur de la paroi ouvre une petite cavité couverte, accessible en gravissant trois marches…

Sa forme particulière rappelle les chapelles ouvertes de l’Amérique latine, probablement dérivées des temples indigènes anciens…

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Cinquième chapelle de Francesco Magnani et Traudy Pelzel, architectes vénitiens…

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Cette chapelle s’inspire directement de la « Woodland Chapel » construite en 1920 par l’architecte Gunnar Asplund au Cimetière Woodland de Stockholm, thème du pavillon du Saint Siège…

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Pour ce projet, le fabricant designer italien ALPI a développé un matériau : le Xilo 2.0 utilisé pour couvrir toutes les surfaces de l’édifice. Les extérieurs seront couverts de 9000 bardeaux avec le motif en bois Xilo 2.0 « Planked Grey » …

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Véritable lieu d’orientation et de rencontre, à l’intérieur, la chapelle accueillera une exposition de dessins de Gunnar Asplund, accompagnée de documents et de maquettes illustrant le concept et la construction de la chapelle d’origine…

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Notre sixième chapelle est celle de Terunobu Fujimori, architecte et historien japonais de l’architecture…

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Au centre du projet, il y a le symbole de la croix qui, dans la culture japonaise, distingue sans équivoque le christianisme depuis son arrivée au Japon au XVIe siècle. En fait, une petite croix suffit sur le toit d’un édifice anonyme pour le qualifier de chapelle chrétienne.

L’architecte a donc décidé de l’intégrer et d’en faire un élément essentiel du bâtiment. 

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À l’intérieur, Le regard est immédiatement attiré par la croix centrale recouverte au centre de feuilles dorées. Le mur blanc autour est recouvert de fragments de charbon, pour la faire ressortir encore plus.  Le poteau central continue au-delà du toit, créant l’autre croix que nous avons aperçue sur le dessus de la chapelle…

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La septième chapelle que nous rencontrons est celle de Javier Corvolàn, architecte paraguayen…

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Au premier coup d’œil, j’ai cru que c’était un OVNI style soucoupe volante atterrie…

La structure, qui semble suspendue, a la forme d’un cylindre privé des bases. Elle n’a qu’un seul appui, un pieu que Corvalán compare à la « bricolà » qui délimite les chenaux de la lagune. Ce cercle fait référence à l’espace circulaire central de la chapelle d’Asplund et a la même taille. Quant au support, celui-ci devait être en bois, mais pour des raisons de simplification il est construit en acier…

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La croix qui surplombe l’ensemble est particulière : « C’est comme la croix de San Marco », rapporte l’architecte…

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Huitième chapelle de Norman Foster, baron Foster of Thames Bank, architecte britannique…

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La chapelle de Foster a commencé avec une terrasse en bois et trois croix symboliques enveloppées par des lattes de bois formant un voile attaché à la structure créant un espace ombragé … 

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Vue de l’autre côté avec la terrasse-autel en bout de la structure…

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Terrasse-autel d’où l’on peut admirer la lagune…

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Neuvième chapelle de Andrew Berman architecte américain de New York…

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Vue de l’arrière, une structure voulue simple avec des matériaux de base comme pour les hangars…

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Toutes les surfaces extérieures sont revêtues de polycarbonate translucide. L’intérieur est doublé de contreplaqué peint en noir. 

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Dixième et pénultième chapelle de Eduardo Souto de Moura, architecte portugais…

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Ce qu’il en dit : « non, ce n’est pas une chapelle, pas un sanctuaire et en aucun cas une tombe. C’est simplement un endroit entouré de quatre murs de pierre… L’entrée est protégée par un arbre que nous avons conservé. »

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Une autre pierre au centre pourrait être l’autel tandis que des rebords des deux côtés permettent aux visiteurs de s’asseoir et de se reposer, voire de prier…
Je remarque aussi la croix au fond à gauche, donc il a beau dire que ce n’est pas une chapelle mais ça lui ressemble fort…

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La onzième et dernière chapelle de Carla Juaçaba, architecte brésilienne…

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Une chapelle réduite à sa plus simple expression…

Quatre poutres en acier inoxydables posées sur 7 plots de béton…

Deux poutres forment la croix, une troisième un banc pour s’asseoir, reliée à la croix par la quatrième poutre…

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J’ai dû attendre le départ des visiteurs pour faire un cliché de plus près…

Cette chapelle disparaissant dans l’environnement aurait presque ma préférence…

Remarquons la croix posée à l’envers…

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Une jolie promenade pour des œuvres insolites dans un endroit magnifique…

Un dernier coup d’œil depuis San Giorgio sur la lagune d’où nous pouvons apercevoir la façade du célèbre Palace hôtel Cipriani…

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Claudio Boaretto

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L’EXPOSITION « HOMO FABER » À VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 6 octobre 2018

« Homo Faber » est la première grande exposition dédiée à la maîtrise artisanale dans toute l’Europe…

Un événement culturel international qui entend valoriser les métiers d’art contemporains et traditionnels et leur interférence avec le monde du « Design » …

Un voyage à la découverte de l’excellence avec la possibilité de rencontrer in situ les maîtres d’art européens…

Cette superbe exposition s’est déroulée du 14 au 30 septembre 2018 à Venise, sur l’île de San Giorgio Maggiore…

Voici le plan de l’île où les endroits numérotés désignent les espaces d’exposition…
Le public n’a pas accès à la grande partie verte (en bas à droite du plan) comprenant le théâtre de verdure, il faudra qu’un jour je trouve le moyen de le visiter…

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La « foto » aérienne de Google Earth est plus parlante…
La flèche rouge indique l’entrée principale de l’exposition par où nous pénétrons…

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Si l’exposition est magnifique, le lieu choisi est tout autant superbe…

Nous arrivons immédiatement dans le premier cloître

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Avec la vue depuis le jardin intérieur de l’arrière de l’église palladienne et du haut du campanile de San Giorgio …

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Le jardin intérieur du cloître avec ses haies taillées…

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Le sujet de ce premier espace, ce sont les « foto » de Susanna Pozzoli exposées sur les murs du cloître, « foto » qui nous conduisent dans les coulisses des boutiques de 21 maîtres artisans de Venise et de Vénétie…

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« Fotografier » des « foto » m’a toujours semblé absurde…
Bien qu’elles soient magnifiques je me suis plutôt intéressé aux techniques photographiques de l’auteure qu’aux sujets même de ses « foto », passion oblige …

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Le second cloître attenant au premier…

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Donnant une ambiance toute particulière à cette exposition de « foto » …

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Juste après les deux cloîtres, comme on le distingue sur la « foto » aérienne, se trouve le labyrinthe…

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Le mur végétal n’est pas bien haut, approximativement un mètre vingt ou un mètre trente, mais ne diminue en rien la complexité du dédale…

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Nous montons au premier étage d’un des cloîtres pour l’espace intitulé « Talento Naturale » où est exposée une collection originale d’objets en bois conçus par les étudiants de la « Creative Academy » sous la direction de « EligoStudio » et réalisés par le maître ébéniste Giordano Vigano et le maitre tourneur sur bois Carlo Meloni…

Comme ces petites boites à bijoux composés de diverses essences de bois rares et précieux et inspirés de l’architecture italienne…

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Il est à noter la présentation originale de ces objets dans une salle à la lumière tamisée, sur des plaques d’acier encastrées dans des troncs de bois…

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Des boites, des chandeliers et même une mini planche de skate…

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L’espace suivant « Creativity & Craftsmanship » est tout aussi original…

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La présentation muséographique à l’aide de grands cônes sombres pointant la lumière sur les pièces exposées est spectaculaire…

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Ce que l’on nous dit :

« Découvrons ce qui se produit de la rencontre entre la maestria de 8 artisans extraordinaires et de 8 célèbres designer internationaux…
Une collection d’objets d’art exclusivement créés pour Homo Faber » …

Quelques exemples :

Indoor / Outdoor. Open House…

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« Une structure en bois entièrement recouverte de mosaïque… Comme un tabernacle en forme de maison, mosaïque de marbre et de pierre diffère de l’intérieur en mosaïque d’or légèrement polie par Giulio Candussio, mosaïste et Ugo La Pietra, designer » …

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Starry Pyramid
« Pyramide étoilée placée sur une base en bois. Les quatre faces sont couvertes en cuir. Une LED à l’intérieur donne la lumière filtrée par les trous en forme d’étoile sur les faces de la pyramide, par Pere Ventura Sala, travail sur cuir et Tusquets Blanca, Designer » …

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Un autre salle un autre espace :
« Fondation Bettencourt Schueller »

« L’excellence de l’artisanat français vu à travers l’activité de la Fondation Bettencourt Schueller, un monde fait d’œuvres qui expriment un savoir-faire unique. » …

Sellettes…
La fonction des Sellettes (supports) est de présenter, exposer des objets. Composées de feuilles de liège et d’or, elles juxtaposent deux matériaux antinomiques, l’un modeste et naturel, l’autre précieux et rare…

Aux yeux des concepteurs elles symbolisent la beauté du monde et le talent des hommes…

Les étudiants, reconnaissables à leur tablier, expliquent aux visiteurs la fabrication méticuleuse des pièces…
Ici chaque morceau de liège a été travaillé de manière à ne pas remarquer leur assemblage…

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Empreinte…
La 1ère de ces deux petites commodes est en bois d’ébène, acajou, ardoise, cuir non traité…
La 2nde en carton, matériau composite, aluminium, poudre de caillou, acajou, caoutchouc…

Ces deux pièces sont des copies de petites commodes de style Art Déco… Tandis que les originaux auraient été faits en utilisant des matériaux précieux, l’interprétation de l’ébéniste Ludovic Avenel ajoute une note contemporaine en juxtaposant les matériaux nobles avec plus de matériaux « modestes » tel le carton, l’aluminium et le caoutchouc…

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Deux Triangles…
Sculpture en verre…

Ces deux triangles en verre sont formés de blocs de verre optique fondus… Les côtés opaques des triangles diffèrent fortement du verre immaculé et transparent qu’ils entourent…
Ces deux sculptures font partie d’une série intitulée « Formes brèves » du sculpteur Bernard Dejonghe dont le travail prévoit de ramener des formes à leur essence…

Le résultat est bluffant, on a l’impression que les triangles sont vides tellement le verre intérieur est transparent… Il faut mettre le nez dessus pour s’apercevoir que ce sont deux blocs de verre plein…

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Passons dans la salle « Singular Talents », talents rares où, quand il y pénètre, le visiteur est montré du doigt par une main géante…

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À l’intérieur des court-métrages feront découvrir les ateliers extraordinaires d’une douzaine de maîtres d’art dont le travail peut être considéré comme rare, si ce n’est unique… 3 de ces films peuvent être vécu en réalité virtuelle…

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Au sortir de la salle, un coup d’œil sur le majestueux escalier monumental qu’il est impossible de cadrer en son entier même en combinant 2 foto comme ci-dessous…

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Je suis tout autant en admiration des extérieurs…

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Nous arrivons dans l’immense espace numéro 9 :
« Best of Europ » …

Un voyage au cœur de l’artisanat européen contemporain avec les artistes-artisans et leurs œuvres…

Plusieurs centaines d’objets exposés allant du cuir espagnol à la céramique italienne, de la porcelaine française à l’osier irlandais ou au verre allemand…

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Certains artisans et maîtres d’art sont présents…

Ce ne sont pas toujours les mêmes, ils alternent à chaque journée de l’exposition…

Le travail du cuir de l’italien Stefano Conticelli qui nous explique comment il imperméabilise le cuir qu’il traite…

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Une parure en cuir pour le guidon d’une vespa comme nous le verrons un peu plus tard…

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Chausse-pieds et cuillères en bois du Norvégien Stian Korntved Ruud…

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La française Sylvie Deschamps et l’art antique de la broderie du fil d’or… Nommée maître d’art en 2010…
Je suis particulièrement sensible à ce titre puisque mon frère ainé, Renato Boaretto, fut l’un des premiers maîtres d’art nommé par le ministère de la culture en 1995…

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Une autre française, Stéphanie Millet, artisan tabletier travaillant la nacre…

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Le britannique Sam Elgar, sculpteur sur pierre…

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La sculpture sur papier de la suédoise Cecilia Levy… 

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Quelques œuvres exposées sans la présence aujourd’hui de leurs créateurs…

Testone…
La tête iconique du David de Michael Ange avec une minuscule femme en porcelaine s’abritant à l’intérieur, de l’italien Andrea Salvatori…

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J’arrête pour cet espace car nous aurions pu y passer l’entière journée…

Un autre espace particulier intitulé « Whorkshop Exclusive » en anglais et « Mestieri in Movimento » en italien, soit deux appellations différentes, l’italienne me semblant la plus pertinente…

Des œuvres extraordinaires se réalisent également dans les officines mécaniques, disons-le simplement, les garages…
Des maitres artisans qui construisent, réparent, restaurent chaque moyen de transport : auto, moto, bicyclette et même hélicoptère…

Mon regard se porte automatiquement sur les motos…
Motos vintages montées par l’espagnol David Borras (alias El Solitario) …

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Deux Ferrari restaurées par Carlo Bonini…

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Carlo Bonini restaure des automobiles depuis plus de 30 ans…Son garage est basé à Cadelbosco di Sopra, petite ville de la région Reggio Emilia…

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L’italien Sergio Bortoluz fabrique carrément des hélicoptères…

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Avec 25 ans d’expérience, il fonde sa société, Konner S.R.L., en 2002 et développe son produit clé, l’hélicoptère biplace K1…

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Nous retrouvons les vespas « habillées de cuir » par le maître artisan Stefano Conticelli que nous avions vu précédemment…

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Beaucoup d’autres créations dans sa boutique :
“Bottega Conticelli”
Ctr. Torraccia – 05013 Castel Giorgio (TR) …

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Un fabricant monégasque de vélos électriques , Stajvelo…

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Nous sommes restés longtemps à discuter avec lui…
il nous a présenté en détail l’éco-vélo RV1, magnifique vélo, fait main, sans chaines, une sélection rigoureuse des matériaux, 100 kms d’autonomie, 7000€ le vélo quand même…

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Le dernier espace que nous partagerons aujourd’hui de cette immense exposition s’intitule « Fashion Inside and Out » …
Une installation dans l’ancienne piscine Gandini…

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Une présentation très originale…

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Comme je n’y connais pas grand-chose en mode voilà ce qui se dit sur un mannequin pris au hasard de cette « mostra » …

« Wig for Chanel dress »
« Pour accompagner ces robes à la finition complexe conçues par Karl Lagerfeld pour Chanel, Angelo Seminara a créé deux coupes de cheveux en chignons. Une conception très simple et minimale à l’avant contraste avec l’augmentation du volume vers le dos. Trois techniques différentes ont été employée pour créer ces perruques en osier » …

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Bon ben, focus sur les perruques…

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Moult mannequins en robes, jupes, chemisiers et pantalons que je saurais vous détailler ici…

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En revanche j’ai bien aimé les mannequins nageurs de cette piscine avec des coiffures représentant l’eau …

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Celui-ci nage sur le dos…

« Les coiffures de ces nageurs ont été commandées par Judith Clark et faites par Stephen Jones pour l’Homo Faber. Ces coiffures en plastique, moulées à la main, sont reliées à une cagoule cousue à la machine fabriquée en coton et en cuir. Chaque pièce a pris environ 21 heures pour sa fabrication. » …

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Ainsi se termine ce long reportage sur cette fabuleuse exposition Homo Faber qu’il n’aurait pas fallu rater, aussi bien pour l’exceptionnel artisanat d’art que nous avons pu approcher et appréhender que pour la découverte de ces lieux magnifiques, la plupart du temps fermés au public…

Claudio Boaretto

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LA TOUR DE L’HORLOGE, PLACE SAINT MARC À VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 3 avril 2018

La Tour de l’Horloge, appelée également Tour des Maures, est un des éléments architecturaux les plus célèbres de Venise…

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Elle surplombe, comme un arc de triomphe, l’accès aux voies commerciales de la ville, « l’Antica Mercerie », élément à la fois de rupture et de connexion avec les différents bâtiments remarquables de la place Saint Marc, sièges des pouvoirs administratifs, politiques et religieux…

La tour est aussi, avec sa grande horloge astronomique, un chef-d’œuvre de technicité et d’ingénierie, deuxième horloge la plus connue au monde après Big Ben, inaliénable élément de l’image même de Venise et témoin depuis plus de 500 ans du temps qui passe sur la Sérénissime…

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Visitons cette tour inaugurée en 1499…

Nous pouvons la décomposer en 5 parties…

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1ère partie, l’arc permettant le passage depuis la place Saint Marc aux zones marchandes et commerciales de la ville…

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2ème partie, la grande horloge astronomique, composée d’un premier cercle de marbre qui donne les 24 heures en chiffres romains

À l’intérieur un second cercle mobile avec les signes du Zodiaque…

Au centre, tout aussi mobile, la terre, la lune et les étoiles…

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Gros plan pour une meilleure compréhension…

Au centre, la sphère dorée du milieu représente la terre, entourée des principales constellations et de la lune dont nous n’apercevons qu’un léger croissant puisque nous sommes à la fin du dernier quartier (sur la foto, presque parallèle et à gauche de la terre) …

Enfin vous avez l’aiguille ornée d’un soleil qui indique l’heure et le signe du Zodiaque, en l’occurrence le bélier cette foto étant prise le 21 mars à 15h42…

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Une autre foto prise le 30 mars à 13h31…

Comme nous le constatons, la phase lunaire à changé nous sommes quasiment en pleine lune, l’aiguille et le soleil montre l’heure et toujours le signe du zodiaque…

Cette horloge est un monstre d’ingéniosité…

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La 3ème partie est dédiée à la Madone et l’enfant…

À sa gauche en chiffres romains les heures, à sa droite en chiffres indo-arabes les minutes affichées toutes les 5 minutes…

Devant la Madone comme une petite terrasse, une mini-scène qui se déroule chaque année à l’ascension et à l’épiphanie, précisément après les 12 coups de midi…

Défilent alors devant la madone l’ange annonciateur et les trois rois mages qui s’inclinent et se décoiffent devant elle…

Je promets d’aller les shooter à leur prochain passage !…

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Gros plan sur la madone, protégée d’un filet contre les pigeons et leurs nuisibles fientes…

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4ème partie, à tout seigneur tout honneur, le célèbre Lion de Saint Marc, symbole de la République de Venise…

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5ème et dernière partie, les 2 Maures en bronze qui martèlent chaque heure…

À droite, le barbu, dit « le Vieux », à gauche « le Jeune » …

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Foto prise après minuit, heure à laquelle tous les projecteurs éclairant les monuments de la place sont déjà éteints, seul subsiste un spot de lumière jaune à l’arrière gauche du monument…

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Avant de pénétrer dans la tour passons de l’autre côté, dans les « Mercerie », la zone dite commerciale où foisonnent négoces et boutiques pour le plus grand bonheur des touristes et de leurs cartes de crédit…

L’envers de la tour…

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De ce côté, version simplifiée de l’horloge…

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Aussitôt passé le porche de l’horloge, une porte étroite donne accès à l’intérieur de la tour…

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Si étroite que j’aie demandé à ma compagne de poser afin d’appréhender les proportions de la porte…

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Le mécanisme de l’horloge avec ses poulies crantées, ses chaines et ses poids, aujourd’hui restauré et automatisé…

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La restauration de l’horloge et de l’édifice de la tour a duré 10 ans, de 1996 à 2006… Une entreprise de longue haleine, ponctuée de querelles entre la Mairie de Venise et les propriétaires des bâtiments adjacents…

Auparavant le « remontage » du mécanisme de l’horloge était manuel et pendant 500 ans, depuis 1499, trente-trois générations d’horlogers, logeant dans la tour avec leur famille, se sont succédé pour accomplir cette principale et incontournable tâche : toutes les 12 heures remonter l’horloge à l’aide de câbles, poulies et poids, pour assurer son fonctionnement permanent…

En 1996, Massimo Cacciari, maire de Venise, trouve le mécène, l’horloger suisse Piaget, qui s’engage à restaurer les rouages de l’horloge :

 « Le projet a été conçu dans un esprit de conservation du patrimoine, observe Yves Piaget, président de la marque, sans ajouter ou supprimer aucune fonction au mécanisme hérité de la dernière restauration, en 1858. Nous avons simplement automatisé la remontée des poids. À ma grande surprise, les rouages étaient dans un état remarquable. »

À cette occasion, dans sa collection de haute joaillerie, Mythical Journey, Piaget a créé des montres inspirées de Venise et de son horloge, dont celles-ci :

« Directement inspiré du cadran de la Tour de l’Horloge de la place Saint-Marc, restaurée grâce au mécénat de Piaget, une somptueuse voûte zodiacale habille le modèle Altiplano 40 mm, réf. G0A40599. Combinant l’émail paillonné et la gravure en relief, le garde-temps fait converser douze appliques gravées puis rapportées sur le cadran avec une pluie d’étoiles scintillantes. Réalisées en 4 paillons d’or ou de platine, ces dernières sont insérées entre deux couches d’émail grand feu pour illuminer le centre du cadran. »

Le prix de cette montre, qui permettrait de s’offrir plusieurs Rolex, dépasse l’entendement et ce n’est pas demain qu’elle ornera mon prolétaire de poignet…

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Mais focalisons-nous sur le superbe mécanisme de la tour de l’horloge…

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Nous sommes au premier étage de la tour, retour en extérieur pour repérer les hublots sous l’horloge…

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Qui, de l’intérieur et derrière les vitres de protection, donne cette vue…

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Nous surplombons maintenant le mécanisme, face aux 2 hublots du haut….

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D’où ce cliché particulier…

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Nous voici grimpés au 2ème étage de la tour, derrière la madone et l’enfant, nous permettant de voir le tambour des chiffres des heures en son envers…

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De profil…

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Le tambour des minutes actionné toutes les 5 minutes…

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Son profil…

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Actionnés mécaniquement par ces rouages crantés…

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Comme expliqué précédemment, deux fois par an, épiphanie et assomption, ces tambours sont déplacés et remplacés pour permettre le carrousel des rois mages et de l’ange annonciateur…
Ces personnages sont stockés dans une pièce voisine en attendant leur entrée en scène bisannuelle

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Ce sont des automates…

L’ange annonciateur qui portera la trompette aux lèvres au moment du passage devant la madone…

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Le roi Melchior…

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Gaspard…

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Et Balthazar

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Tous se décoifferont au passage devant la madone et l’enfant…

Melchior en position normale…

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Par un système mécanique, comme nous montre la guide en lui levant le bras, l’automate s’incline alors et se décoiffe…

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Nous accédons à l’étage supérieur par l’étroit escalier de fer forgé en colimaçon…

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Nous sommes maintenant à l’arrière du Lion de Saint Marc dont nous apercevons une partie derrière la fenêtre…

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Si nous retournons sur la façade nous distinguons alors la fenêtre sous le ventre lion…

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Depuis l’intérieur, au travers des vitres, nous voyons la poitrine et l’antérieur droit de la statue…

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Nous reprenons l’étroit colimaçon pour accéder à la terrasse…

Nous apprécions le système de fermeture de l’escalier…

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Les deux maures en bronze que vous voyons depuis la place, sonnant de leur marteau toutes les heures sur la cloche…

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Les voici de l’arrière et de tout près…

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D’abord le Vieux, qui sonne l’heure 2 minutes avant, symbolisant le temps passé…

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Puis le jeune, qui sonne l’heure 2 minutes après, symbolisant le temps futur, l’heure exacte étant donnée par les cloches du campanile…

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Depuis la terrasse, la belle vue sur la « Piazzetta » …

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Derrière nous, les toits de Venise et l’église de « San Giovanni et Paolo »

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Et nous sommes beaucoup plus près du sommet du campanile de San Marco…

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En espérant que cette visite en détail de la tour de l’horloge vous aura séduit…

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Claudio Boaretto

Publié dans Venise : musées & expos & monuments | 44 Commentaires »

LA « SCALA DEL BOVOLO » À VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 20 décembre 2017

Aujourd’hui, aussi bizarre que cela puisse paraître, je vous emmène visiter un escalier…

La « Scala del Bovolo » veut dire en vénitien « l’Escalier de l’Escargot », dénomination due au fait que cet escalier est en colimaçon, son véritable nom étant « La Scala del Palazzo Contarini del Bovolo » (l’Escalier du Palais Contarini de l’Escargot) …

Cet escalier, construit en 1499 par la famille Patricienne Contarini, permet d’accéder à chaque étage du palais par des loggias… Il n’était pas étrange pour l’époque de réaliser un escalier hélicoïdal, mais ce sont sa structure et sa dimension qui rendent celui du Palais Contarini unique…

Voici une première vue depuis la ruelle jouxtant le palais et l’escalier…

(Avertissement : vous noterez quelques différences entre certains clichés car j’ai utilisé deux boîtiers avec deux objectifs différents, pour réaliser ce billet illustré… un Grand Angle de 18 mm et un UGA (Ultra Grand Angle) de 8 mm, condition sine qua none, vu le manque de recul, pour « fotografier » l’escalier en son entier, et avec un UGA on ne peut se dédouaner de quelques déformations dues à son très large spectre…)

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Nous pénétrons derrière les grilles, dans la petite cour pour prendre un second cliché de ce magnifique escalier de 26 mètres de haut, construit en pierre d’Istrie et en brique, de style mi renaissance mi byzantin, typique de Venise…

Nous voyons bien les loggias sur la droite qui permettent d’accéder au palais et le petit escalier droit au rez de chaussée

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Escalier droit menant au colimaçon…

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Nous voici déjà sur la loggia du 1er étage…
Une oeuvre d’art que cet escalier…

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Nous reprenons l’ascension dans le colimaçon de 5 mètres de diamètre où les 80 marches monolithiques se montent en sens contraire des aiguilles d’une montre …

« Foto » prise en Grand Angle…

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« Foto » prise en Ultra Grand Angle…

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Nous poursuivons notre ascension…

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Nous voici à la loggia de l’étage supérieur…

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Je me décale pour prendre un peu de la « Scala » en extérieur et le haut des maisons d’où le campanile de Saint Marc  montre le bout de son nez…

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Retour dans le colimaçon, nous aurons bientôt gravi les 80 marches…

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Nous avons atteint le dernier étage et son belvédère…

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« Foto » prise du même endroit mais avec l’Ultra Grand Angle…

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Je me décale une fois encore pour bien shooter le campanile de « San Marco » dominant les toits de Venise…

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L’intérieur du belvédère décoré de sapin et de boules colorées pour la Noël…

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Nous profitons alors d’une vision à 360 degrés sur les toits vénitiens…

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Je me déplace pour changer d’angle…

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Soleil en contre-jour masqué par les nuages…

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Nous pouvons même apercevoir à l’horizon les « Dolomites » et ses neiges éternelles…

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Nous allons descendre maintenant en sens inverse, depuis le haut du pilastre du colimaçon…

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Nous sommes revenus au pied de l’escalier qui surplombe nos têtes…

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Très content d’avoir pu visiter cet escalier ouvert au public que depuis le 1er juillet 2016, avant nous ne pouvions l’admirer que de l’extérieur…

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À ne pas rater…

Claudio Boaretto

Publié dans Venise : musées & expos & monuments | 27 Commentaires »

DAMIEN HIRST AU PALAZZO GRASSI À VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 14 novembre 2017

« Treasures from the Wreck of the Unbelievable » (Trésors de l’épave de L’Incroyable), l’exposition de Damien Hirst présentée du 9 avril au 5 décembre 2017, que nous avions commencé à la « Punta della Dogana » se poursuit au « Palazzo Grassi », le second musée d’art contemporain de la fondation Pinault à Venise, comme en témoigne la grande affiche au-dessus de la porte d’entrée du palais…

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Cette même affiche que l’on observe également sur la porte d’eau…

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Et cette statue de bronze qui interpelle tous les passagers des vaporetti passant sur le « Canal Grande » …
« The Fate of a Banished Man (Rearing) »

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Sitôt entrés dans le musée nous avons le souffle coupé par les colossales dimensions de la statue sans tête qui occupe tout l’atrium du palais, aussi bien dans sa largeur que sa hauteur…

« Demon with Bowl » (démon avec bol)

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Même en faisant plusieurs fois le tour, impossible de cadrer cette statue en son entier dans l’objectif de mon boitier…

Plus de 18 mètres de haut et pas le recul nécessaire pour shooter l’œuvre…

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Il faut monter dans les étages pour en apprécier plus encore le gigantisme…

Aussi impressionnant vue d’en haut que d’en bas…

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Je shoote par fragments…

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Que nous raconte l’artiste sur cette œuvre ? …

« Cette sculpture monumentale est une copie d’un plus petit bronze retrouvé dans l’épave. Sa découverte a résolu un mystère archéologique : en 1932 une tête de bronze aux traits de saurien est retrouvée dans les ruines de la vallée du Tigre. Dotée d’une mâchoire béante et de grands yeux bulbeux, la tête fut initialement identifiée comme celle de Pazuzu, « le roi babylonien des démons du vent ». L’exhumation du corps de la sculpture a remis en question cette assertion, en révélant l’absence des attributs habituels de Pazuzu : ailes, queue de scorpion et pénis à tête de serpent.

Créatures primitives complexes, les démons mésopotamiens habitaient des royaumes au croisement de l’homme, de l’animal et des divinités. Incarnant une réponse transgressive à des structures sociales rigides, ces êtres hybrides pouvaient être apotropaïques, bienveillants ou malveillants. L’hypothèse selon laquelle le bol que tient le démon serait un récipient pour récolter le sang humain correspond à une interprétation contemporaine des démons en tant qu’êtres universels destructeurs.

Il est plus probable que cette figure ait été le gardien de la demeure d’un membre de l’élite locale. » …

Comment ne pas y croire ?…

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Quoiqu’il en soit l’énorme tête est bien là au pied du démon, aussi monstrueuse que la statue…

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Et la pseudo découverte « fotografiée » au fond des flots…

Aluminium thermolaqué, polyester imprimé et caisson lumineux en acrylique (122 x 122 x 10cm) …

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Nous quittons l’atrium pour emprunter la magnifique montée d’escalier où, à mi palier, nous pouvons contempler encore un caisson lumineux de 3 x 2 mètres :
« Aspect of Katie Ishtar Yo-landi Beneath the Sea » …

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Nous voici dans les salles du 1er étage…

« The Skull Beneath the Skin » (le Crâne sous la peau) …

Marbre rose et agate blanche…

« La fin de l’Époque classique (env. 400-323 avant l’Ère Commune) est marquée par de grandes avancées dans le domaine de la théorie médicale dont une nouvelle conceptualisation de la dualité entre corps et esprit.
Les yeux mi-clos de cette figure moitié chair moitié squelette évoquent la croyance selon laquelle le travail du corps se faisait sous le seuil de la conscience »

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Dans la salle suivante 3 statues d’Hermaphrodite…

« Cette sculpture endommagée d’Hermaphrodite, dieu à deux sexes, est à côté d’une copie contemporaine de musée et d’une version avant restauration incrustée de coraux » …

Sculpture endommagée en granit noir…

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Copie contemporaine en bronze…

« Cet hermaphrodite grandeur nature adopte une posture contrapposto (déhanchement) qui accentue les courbes idéales de son corps. L’équilibre maintenu entre les forces contraires, et pourtant complémentaires, illustre la pureté associée par les Anciens à l’androgynie. »

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Version en bronze avant restauration, incrustée de coraux…

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« Museum Specimen of Giant Nautilus Shell »…

Bronze peint, 90 x 70 x 43cm…

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Dans la salle suivante, 8 statuettes en argent et peintes, nous attendent…

Entre autres « Lion and Serpent » 29,7 x 28 x 21cm…

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Dont la reproduction de deux statues monumentales que nous avions vu à la « Punta della Dogana » …

« The Warrior and the Bear » 64,3 x 37.4 x 29,1cm…

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« Hydra and Kali » 93,5 x 122,2 x 57,5cm…

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« Skull of a Cyclops » (crâne d’un Cyclope) …

135 x 114 x 139 cm…

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Le crâne du Cyclope examiné par un plongeur,

Caisson lumineux de plus de 2 mètres de large sur 1,50 mètre de haut…

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Le Cerbère dans sa vitrine, 71,5 x 42 x 85 cm…
(Excusez pour les reflets, je n’avais pas mon filtre polarisant) …

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Les explications :

« Trois inscriptions sont visibles sur les flancs abimés de cette bête à trois têtes : l’une en hiéroglyphe égyptien, l’autre en copte officiel et la dernière en graffiti copte. Chacune fait référence au statu de culte de cet animal, décrit comme le gardien féroce du monde souterrain. Les hiéroglyphes sont antérieurs aux écrits identifiant cette créature comme étant de toute évidence le chien d’Hadès, « féroce, innommable Cerbère qui mange de la chair crue » (Théogonie, Hésiode). L’objet évoque l’ampleur du syncrétisme sous l’Antiquité, om diverses civilisations adoptaient et se réappropriaient les sujets de culte polythéiste. » …

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Encore une statue monumentale…

« Andromeda and the Sea Monster » …

Environ 6 par 4 mètres…

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Les dimensions de la salle ne permettent pas encore d’avoir le recul nécessaire pour shooter l’œuvre en son entier…

J’y arrive à peine en m’aplatissant dans un « racoin » …

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Quelques détails de ce bronze…

 

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Nous arrivons dans une partie plutôt vouée à l’humour et à la dérision de l’exposition…

« Goofy », bronze…

Chez nous, on l’appelle Dingo…

Recouvert de coraux et coquillages après 2000 mille ans au fond des eaux…

Qui n’y croirait pas ?…

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« Best Friends » bronze…

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Trop drôle, j’adore…

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Sans oublier l’inévitable « Mickey », bronze …

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Et bien sûr sa découverte par un plongeur au fond de l’océan indien depuis 2000 ans…

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L’autoportrait de Damien Hirst en bronze :

« Bust of the Collector » …

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Nous allons finir par y croire au naufrage de « l’Apistos », « Unbelievable » en anglais, « l’Incroyable » en français…

Nous trouvons même sa maquette dans une des salles du palais avec force de précisions :

« Le récit de l’histoire du naufrage est livré par le marin Lucius Longinus, confirmé par le contenu d’un papyrus retrouvé dans les ruines de port de Myos Hormos sur la rive de la mer Rouge. Longinus nous apprend que la structure de l’Apistos a été construite en Alexandrie puis transportée le long du Nil avant d’être assemblée à Myos Hormos.
Le navire mesurait soixante mètres de long et pesait plus de 460 tonnes. Un obélisque de 26 mètres trônait sur le pont du bateau » …

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Nous terminerons cette visite par la tête de la Gorgone puisqu’elle figure dans les affiches promouvant l’exposition…
(Étant sous vitrine, nous n’éviterons pas quelques reflets) …

« The Severed Head of Medusa » …

« Entièrement sculptée en malachite, un minerai de cuivre vert protohistorique qui émet une poussière toxique lorsqu’on le sculpte.
Quatorze des serpents les plus venimeux au monde – restitués ici dans les moindres détails – trône sur la tête pétrifiée de la Gorgone, dont le python de Seba, la vipère cornue et le serpent corail » …

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Je ne vous ai pas tout montré bien évidemment…

Dans moins de 3 semaines l’exposition ferme ses portes…

Si vous êtes à Venise, il serait dommage de la rater…

Sinon, entre la « Punta della Dogana » et le « Palazzo Grassi », j’avoue avoir une préférence pour la Pointe de la Douane…

Claudio Boaretto

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