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NOTRE FAMILLE VÉNITIENNE À PÂQUES

Posté par Claudio Boaretto le 20 avril 2017

Ce billet illustré intéressera plus particulièrement les membres de notre famille et les amis proches…

Pâques, comme Noël, est une fête où la famille se rassemble, réminiscence de notre éducation judéo-chrétienne, même si certains d’entre nous, dont votre serviteur, ne croient plus depuis longtemps à ces billevesées religieuses…

Mais gardons de ces traditions le prétexte du bonheur de se réunir…

Cette année, le repas pascal se déroule au « Ristorante al Storico Crea » …

Ce restaurant est situé au beau milieu d’un chantier naval sur l’île de la « Giudecca », en quelque sorte le 7ème « sestiere » de Venise…

La flèche rouge désigne l’emplacement du restaurant…

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Pour le rejoindre, quand on vient en « vaporetto », il faut débarquer sur la rive nord de l’île et suivre le quai…

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Jusqu’au « Sotoportego » où une ancienne gondole monte la garde devant une première enseigne du restaurant…

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Une fois franchi ce « Sotoportego », il faut traverser tout le chantier naval pour atteindre le restaurant sis sur la rive sud de l’île…

Mettons les choses au point, en France, quand nous parlons de « chantier naval » on pense immédiatement aux immenses chantiers comme Saint Nazaire où l’on construit les grands paquebots…
Ce n’est pas le cas à Venise…

Un chantier naval ici, c’est comme un garage d’automobiles, mais pour bateaux…

Donc il y a des grands garages, des petits, des moyens, dans certains on fait l’entretien, dans d’autres on répare, dans d’autres encore on gare les bateaux en particulier pour l’hiver, d’autres plus élaborés fabriquent carrément leurs bateaux, et dans les grands comme celui de la « Giudecca » on fait tout à la fois…

Ce chantier possède aussi en son sein deux « squeri », endroits où l’on construit les gondoles, dont le « squero Crea »…

J’ai publié, en mars 2016, un billet relativement complet sur les « squeri » …
Si vous voulez en savoir plus, c’est là :
LES « SQUERI » DE VENISE, OÙ L’ON CONSTRUIT LES GONDOLES

Continuons notre chemin, nous slalomons entre les bateaux…

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Le long des quais, entre les grues…

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Des bateaux plus chouettes que d’autres attirent notre attention…
Un vrai plaisir pour un vénitien que de déambuler dans ces espaces marins…

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Nous passons devant les « Tese » où les embarcations sont garées à l’intérieur sur 4 niveaux, souvent pour l’hivernage…

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Là, c’est une gondole qui montre le p’tit bout de sa poupe…

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Voici enfin le restaurant « Crea » au premier étage de la « Tesa » …

« Crea » est le surnom de Gianfranco Vianello, vainqueur de la « Regata Storica » de « Voga alla Veneta » plusieurs années de suite… Les vainqueurs des régates historiques sont considérés comme des héros à Venise…
Son gendre tient le restaurant tandis que Crea s’occupe du chantier…

Ma cousine Marilena, qui s’est occupé de « l’organisage», nous a réservé la belle terrasse en haut des escaliers…

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Où nous attend la table pascale, nous sommes une petite vingtaine…

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La vue sur le chantier et sur la lagune sud est superbe…
L’île à droite est « Sacca Sessola », l’île à gauche « San Clemente »

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Tout le monde est quasiment présent, mais, comme d’habitude, nous attendons encore Florence, ma fille…
La voici enfin qui arrive à notre tribord sur son petit bateau…

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Le temps de croiser un bateau de travail…

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Zoom pour distinguer mes petits enfants à bord…

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Et voilà, tout le monde est à table…
Coucou, on me regarde pour la « foto » …

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Comme de coutume, je m’applique à réaliser un petit trombinoscope pour garder le souvenir des présents à ce repas…

Ma cousine germaine, Stefania, qui habite toujours dans l’appartement familial à Castello, là où vécurent mes grand-parents, mes parents pendant la période militaire de la seconde guerre mondiale, où naquit mon frère Renato et où je fus moi-même conçu…

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Sa sœur jumelle, Marilena…

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Stefano, son mari mais aussi mon dentiste-orthodontiste que je préfère rencontrer en dehors de son cabinet…

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Luca, un de leur deux fils, le second, Enrico, révise à la casa, examens en vue…

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Andrea, le frère de Stefano, prothésiste dentaire, ils font la paire…

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Cinzia, son épouse…

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Giulia, leur fille…

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Lydia, ma troisième cousine germaine…

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Son mari, Gino…

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Fulvia, leur fille…

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Stefano numéro 2, son compagnon…

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Renato, mon frangin…

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Mireille, son épouse…

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Flo, ma fille…

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Hugo, son mari et notre artiste peintre préféré…

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Gaetano, mon petit-fils…

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Charlotte, ma dernière petite fille…

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Evelyne, ma tendre et douce…

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Une pensée pour nos deux chers anciens qui viennent de nous quitter, la « Mamma » de Stefano et Andrea, et mon « Papà » …

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Mais profitons de l’instant présent, les plateaux « d’antipasti » arrivant sur la table, chez « Crea » on mange à la vénitienne et c’est fameux, je vous le recommande vivement…

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Pour ne pas trop vous faire saliver, je vous fais grâce des mets délicieux que nous avons dégusté…

Le long du repas, on ne peut se lasser d’admirer notre lagune…

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Face à nous l’île de « Sacca Sessola », appelée aussi l’île aux Roses…

Depuis 2015 l’île est devenue un grand hôtel de luxe de 250 chambres et suites de la chaîne américaine « JW Marriott » …
Entouré de jardins et d’oliviers de grande valeur environnementale, le complexe est équipé d’un centre de bien être, un spa et des piscines extérieures, intérieures et suspendues, plusieurs restaurants, des bars, un ponton, un « port de plaisance » et un héliport…
Quand Stefano sortira son bateau de l’hivernage, nous irons faire un reportage illustré sur cette île…

Juste devant l’île, une « Vela al terzo », (voile au tiers) s’amuse à tirer des bords…

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Je terminerai ce familial reportage par un gros zoom sur ce joli voilier, symbole de la marine à voile traditionnelle vénitienne…

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Joyeuses Pâques !…

Claudio Boaretto

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COUCHER DE SOLEIL AU LIDO DE VENISE

Posté par Claudio Boaretto le 10 mars 2017

Hier soir, en nous rendant au vaporetto pour aller chez les enfants, nous n’avons pas pu nous empêcher d’admirer le coucher du soleil sur la lagune vénitienne…

Malheureusement, je n’avais pas eu le réflexe de prendre mon Reflex…

C’est donc avec mon smartphone, via l’application Lightroom Mobile, que j’ai shooté ce crépuscule coloré…

Savez-vous que l’on arrive maintenant à prendre des « foto » correctes avec un smartphone en utilisant Lightroom Mobile… Ce n’est plus le « Téléfon » qui fait la « foto » tout seul car, avec cette appli, quand on shoote on peut influencer l’exposition, la balance des blancs et un tas d’autres petits réglages sympas…

OK, c’est quand même plus mieux avec un bon Reflex mais on arrive à se débrouiller…

Voilà le shoot…

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Comme je ne voulais pas avoir sur le cliché toutes les « Bricole » et « Duc d’Albe » en premier plan, je me suis approché sur l’embarcadère, à côté de la petite dame dont on voit la silhouette à gauche…

De là, j’ai pu shooter tranquille une seconde fois…

Sur la gauche nous entrevoyons un petit bout de l’île de « San Lazzaro degli Armeni » et sur la droite une grande partie de l’île de « San Servolo » …

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Nous avons la chance de vivre dans un bel endroit…

Claudio Boaretto

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VENISE À MARÉE BASSE ET DANS LE BROUILLARD

Posté par Claudio Boaretto le 12 décembre 2016

Depuis plusieurs jours Venise est enveloppée par le brouillard, simultanément avec des coefficients de marée bien bas allant de -40 à -50…

Si le brouillard s’estompe un peu, généralement vers midi, samedi le « Caigo » (brouillard en vénitien) n’a pas quitté un seul instant la Sérénissime et sa lagune…

L’occasion de shooter quelques « foto », même en visibilité réduite…

Ce premier cliché de Sant’ Elena, pris en tout début d’après-midi vous donne une idée de l’intensité du « caigo » et de la faible hauteur de marée, le niveau normal, coefficient zéro, étant à la hauteur de la première bande d’algues noires sur le quai…

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L’embarcadère du vaporetto, la visibilité sur la lagune est réduite à une petite centaine de mètres, voire moins…

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Sur tous les « vaporetti » tournoient les radars permettant la navigation…

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Je me suis approché de la cabine du commandant afin de shooter, tant bien que mal, l’écran du radar malgré les reflets…

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Sitôt que nous mettons pied à terre, le brouillard, quoique présent, est un peu moins intense…

Les Giardini…

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Le « Viale Garibaldi » …

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Mais il conserve son opacité dans les espaces plus ouverts…

Le rio de « San Piero de Casteo »…
Nous avons de la peine à distinguer le grand pont face à nous…

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Et la basilique éponyme…

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En revanche, si l’on s’aventure à l’intérieur des petites « calle », le « caigo » a presque disparu…

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Et il n’est plus du tout visible sous les « Sottoportèghi » …

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Il est moins présent également dans les « Rii » plus étroits, nous avons presque 200 mètres de visibilité…

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Mais là, la marée basse nous permet des découvertes, au sens propre comme au sens figuré, comme ces épaves à l’abandon…

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Zoom…

Les propriétaires de ces embarcations, à moins qu’ils ne soient décédés, témoignent là d’une certaine incivilité, dangereuse à marée haute pour la navigation…

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Que dire de ce petit « pontil » que je viens d’emprunter pour prendre quelques clichés…

La marée basse nous signale que les pieux de soutènement sont complètement rongés par l’eau salée…
« J’aurais su, j’aurais pas été d’ssus ! » …

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Reprenons notre promenade dans le « Fog » vénitien…

La « Via Garibaldi » dont nous n’apercevons plus le bout…

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Et de l’endroit où je shoote, d’habitude nous distinguons très nettement l’entrée et le pont de « l’Arsenale » …

Ce n’est pas le cas aujourd’hui…

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Sitôt que l’on se rapproche de la rive et des 55 000 hectares de lagune, le « caigo » reprend le dessus…

La « Riva dei sette Martiri » …

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Ce sera tout pour aujourd’hui, rentrons vite au chaud, et surtout au sec car l’humidité nous pénètre de partout…

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Claudio Boaretto

 

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LE LIDO DE VENISE PREND SES QUARTIERS D’HIVER

Posté par Claudio Boaretto le 27 novembre 2016

Nous voici déjà fin novembre, le Lido, notre petite île d’une largeur moyenne de 500 mètres s’étirant sur une douzaine de kilomètres entre la lagune de Venise et la mer Adriatique, prend déjà ses quartiers d’hiver…

En effet, les plages sont fermées et les touristes absents…

Ne restent sur place sous le ciel grisaillant que les « indigènes » : les « Lidensi » dont nous sommes…

Le « Gran Viale » qui relie la lagune à la mer, en quelque sorte nos Champs Élysées, est relativement désert…

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Les larges trottoirs carrelés du « Gran Viale » où l’on peine à circuler pendant les mois d’été sont maintenant réservés aux seuls autochtones…

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De nombreux restaurants, bars, hôtels et boutiques sont clos jusqu’à la prochaine belle saison…

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Les embarcadères des taxis et des vaporetti ne sont plus pris d’assaut nous procurant un peu de quiétude dans nos déplacements…

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No body sur la terrasse de cet hôtel-restaurant d’ordinaire très fréquentée avec sa vue imprenable sur la lagune…

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Mais les villas « Liberty » continuent de monter la garde sous le ciel maussade…

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Même si leurs cadrans solaires peinent parfois à nous indiquer l’heure faute de soleil…

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Nous goutons alors le charme et la tranquillité de nos canaux intérieurs…

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Le pittoresque des barques vénitiennes traditionnelles…

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Les « Scalini » pour descendre aux embarcations…
Mais attention aux dernières marches plus glissantes qu’une patinoire, certains copains venus nous rendre visite s’en rappelleront encore longtemps…

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Et puis, nous avons les plages pour nous seuls…

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Toutes les cabines sont fermées et, comme tous les ans, une longue muraille de sable les protège contre les grandes marées…
Côté tribord…

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Côté bâbord…
Plus de 2 kilomètres de cabines sur plusieurs rangées…

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Les digues brise-lames, surpeuplées en saison d’estivants rôtissant au soleil, goutent au repos hivernal…

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Ici et là, sur la grève, des branches échouées venant peut-être de Slovénie ou de Croatie, de l’autre côté de l’Adriatique…

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Ne vous y méprenez pas, contrairement à d’autres je n’ai rien contre le touriste qui fait vivre 90% des vénitiens, ni même contre le plagiste de la belle saison qui anime le bord de de mer, mais quel bonheur parfois de se promener sur une plage complètement déserte…

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Claudio Boaretto

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MON PÈRE, CE HÉROS, ET LA BATAILLE NAVALE DES ÎLES KERKENNAH

Posté par Claudio Boaretto le 30 octobre 2016

La bataille navale des îles Kerkennah s’est déroulée le 16 avril 1941…
Pour bien comprendre son déroulement allons quelques jours en arrière…

Le soir du 13 avril 1941, un convoi maritime, dénommé « convoglio Tarigo » (convoi Tarigo), formé de quatre navires de transport de troupes allemandes, les « Adana », « Arta », « Aegina » et « Iserlohn », et un navire marchand italien, le « Sabaudia », chargé de munitions, quitte Naples en direction de Tripoli…

Ils sont escortés par 3 contretorpilleurs italiens, le « Tarigo » qui dirige le convoi, (d’où son nom) commandé par le capitaine de frégate Pietro de Cristofaro, le « Lampo », commandé par le capitaine de corvette Giuseppe Arnaud, et le « Baleno », commandé par le capitaine de corvette E. Marano…

Entre troupes et équipages, ce sont 3000 hommes qui sont embarqués sur ces 8 bâtiments…

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le Baleno

Sur le « Baleno », est embarqué le Sous-Chef Infirmier, Alberto Boaretto, mon père…

Petit aparté pour expliquer que mon père avait suivi l’école militaire d’infirmiers du Corps Royal des Équipages de la Marine Italienne à Pola en Istrie qui faisait alors partie du royaume d’Italie…
Sorti second de sa classe lui permit de choisir sa spécialité et son affectation ainsi que d’être inscrit au tableau d’honneur de l’école militaire comme en témoigne le diplôme ci-dessous daté du 23 juillet 1937…

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Revenons au « convoi Tarigo » …

Le contrôle de cette partie de la Méditerranée, entre l’Italie et la Lybie, est fortement disputé entre les forces de l’Axe et les Alliés car les deux parties ont la nécessité de sauvegarder leurs propres convois et empêcher simultanément le transit des convois ennemis…

Les convois de l’Axe vers l’Afrique du Nord sont cruciaux pour réapprovisionner et renforcer les armées italiennes et allemandes et, d’autre part, les forces aéronavales Alliées sont basées sur l’île de Malte, qui à son tour dépend des convois pour les approvisionnements…

La première partie de navigation du « convoi Tarigo » est régulière et tranquille, mais une fois doublées les îles Egadi un fort coup de vent imprévu, force 9, vent de 80 km/h, avec de grosses lames déferlantes et une visibilité réduite par les embruns, rend difficile de continuer en formation, disperse et retarde le convoi de plus de 4 heures par rapport à la feuille de route prévue…

Le matin du 15 avril un avion anglais repère le convoi italien et le signale à Malte…

Le commandement de la marine italienne intercepte la communication anglaise et demande l’intervention de l’aviation, mais celle-ci est bloquée au sol à cause du mauvais temps…

Le commandement italien ordonne alors au « Tarigo » de changer de route, de doubler la bouée numéro 4 des hautfonds de Kerkennah puis de suivre la côte…

Privé de reconnaissance aérienne le « convoi Tarigo » ne s’aperçoit pas qu’entre temps sont sortis quatre contretorpilleurs de la 14ème escadre anglaise, les « Jervis », « Janus », « Nubian » et « Mohawk », sous le commandement du capitaine de corvette Philip Mack…

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L’énorme différence entre les contretorpilleurs italiens et britanniques est que ces derniers sont beaucoup plus récents et équipés de radars alors que les bâtiments italiens, plus anciens, en sont totalement dépourvus… C’est pourquoi à l’époque les anglais préfèrent et provoquent des affrontements navals nocturnes en raison de leur prépondérante supériorité technique…

Le « convoi Tarigo » n’atteindra jamais la bouée numéro 4, il sera détruit par l’escadre britannique entre les bouées numéro 1 et 2…

L’escadre britannique n’a aucune difficulté à intercepter le lent convoi italien et, grâce à ses radars, manœuvre avec calme pour se mettre dans les meilleures conditions favorables pour l’attaque, en arrière du convoi italien et le plaçant à contre-lune les rendant quasiment invisible aux vigies des bâtiments italiens…

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À 2h20 du matin du 16 avril l’escadre anglaise ouvre le feu à une distance de 2000 mètres contre l’arrière du convoi italien qui ne l’avait pas encore détectée, entre les bouées 1 et 2 qui délimitent les hautfonds des îles Kerkennah, …

Le « Baleno », à tribord arrière du convoi, et le « Lampo », à bâbord arrière, furent les premiers ciblés, touchés et immédiatement mis hors combat…

Ensuite, le « Sabaudia » touché, explose et coule… Les autres navires de transport, n’ayant pas la capacité et l’armement pour se défendre, sont touchés et coulés à leur tour… Seul « l’Arta » reste quasi indemne et tente d’éperonner un contretorpilleur anglais…

Le « Tarigo » en tête de la formation est le dernier attaqué… Il fait demi-tour et se lance lui-même à l’attaque des unités britanniques…

Le « Tarigo », pris sous le feu à courte distance des 4 bâtiments anglais, est bientôt réduit à l’état d’épave en flammes avec la majeure partie de son équipage mort ou gravement blessé…

Malgré une grave blessure à la jambe le commandant De Cristofaro contrôle son navire et continue le combat… Les marins quoique blessés, affectés aux torpilles réussissent avec des moyens de fortune (tous les circuits électriques ont sauté) à armer le dernier lance-torpille bâbord, lancer, frapper et couler le « Mohawk » …

Quelques instants plus tard, le Tarigo coule avec son commandant à son bord…

Plusieurs artistes peintres ont illustré cette bataille…

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Les unités britanniques ayant rempli leur mission de destruction du convoi s’éloignent rapidement pour rejoindre Malte laissant blessés et naufragés périr en mer…

Le « Baleno » quant à lui est décapité aux premières bordées anglaises… Un obus a détruit la passerelle et tué le commandant et tous les officiers…

Le navire est en feu, mon père saigne par le nez et les oreilles, saignements provoqués par les ondes de choc des obus qui atteignent le navire…

Les couvertures de survie et les trousses de secours ont disparu… Pour porter soin aux blessés, dans le carré des officiers Alberto Boaretto trouve des bouteilles de whisky, cognac et grappa qu’il utilise pour désinfecter les blessures des survivants…

Les paroles de mon père :
« Una vera carneficina.
Pezzi di corpi da tutte le parti della nave, da non descrivere »…
(un vrai carnage. Morceaux de corps dans toutes les parties du navire, indescriptible) …

Pendant que le « Baleno » s’enfonce dans les eaux mon père fait partie des derniers à quitter son bord, accroché avec quelques compagnons à une bouée géante, avant que le bateau ne sombre complètement…

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Alerté de l’attaque, le commandement de la Marine Italienne en Lybie organise immédiatement une opération massive de sauvetage des naufragés…

Sont engagés pour les secours les destroyers « Malocello », « Da Noli », « Vivaldi » et « Darlo », les torpilleurs « Centauro », « Clio », « Partenope », « Perseo » et « Sirtori », le navire de sauvetage aérien « Orlando », le navire hôpital « Arno » et les paquebots « Antonietta Lauro » et « Capacitas » …

Sur les 3000 hommes du convoi seulement 1271 naufragés sont récupérés, tous les autres sont tués lors du combat ou péris en mer…

Les pertes britanniques se monte à 43 hommes…

Mon père et ses compagnons restent accrochés à leur bouée pendant 2 nuits et 2 jours, sans boire ni manger… Certains de ses camarades à bout de force lâchent la bouée et s’enfoncent dans les flots… Pendant ces 2 nuits et 2 jours interminables les naufragés aperçoivent les bateaux de secours, mais ceux-ci sont trop loin et s’éloignent sans les repérer malgré leurs cris et leurs signes de mains…

Ils sont enfin recueillis et sauvés par le navire de sauvetage aérien « Orlando » …

Le hasard fait que mon père est accueilli sur la passerelle par un ami sous-officier infirmier avec qui il a travaillé à l’hôpital militaire de Sant ’Anna à Venise… Le navire ne comptant qu’un seul médecin à son bord et son ami infirmier, mon père, malgré son état précaire, se met immédiatement à la disposition de l’officier médecin pour soigner les nombreux blessés…

Alors qu’il prodiguait les soins aux blessés, mon père, en état logique de choc et de faiblesse après ses 2 nuits et 2 jours de naufrage, s’évanouit…
L’officier médecin l’allonge alors sous la table d’opération…
Quand il reprend ses esprits, il se remet à l’œuvre sous les ordres du médecin avant de s’évanouir à nouveau et à plusieurs reprises, et de se remettre chaque fois courageusement aux opérations de secours aux blessés…

24 jours après son naufrage, en permission spéciale, de retour à Venise mon père se marie le 10 mai 1941 avec Linda Nicolaj, mia Màma, à l’église de Sant’ Isepo dans le sestiere de Castello… Mariage qui durera 70 ans jusqu’à la disparition de ma maman en 2011…

Pour son attitude courageuse et héroïque mon père fut décoré de deux croix de guerre de la valeur militaire…

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Avec mes frères, nous jouions avec quand nous étions enfants…

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Une première croix de guerre avec citation attribuée aux membres survivants des équipages du « Baleno », du « Lampo » et du « Tarigo » :

« Embarqué sur torpilleur en service d’escorte d’un important convoi, attaqué par des forces navales ennemies supérieures, participa avec courage à la lutte inégale, se prodiguant successivement pour un jour et deux nuits à l’extinction des incendies, les secours aux blessés et dans les tentatives d’assurer la flottabilité de son navire » …

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Une seconde croix de guerre avec une citation personnelle :

« Naufragé d’un torpilleur coulé après un très âpre combat contre des forces navales ennemies supérieures, prêtât avec une assiduité spontanée et un zèle constant à bord du navire sur lequel il fut recueilli, sa coopération valide à un officier médecin dans l’opération de secours aux blessés » …

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La cérémonie des décorations eut lieu sur la « Piazzetta San Marco » à Venise…

Sur la « foto » ci-dessous, Alberto Boaretto sur la piazzetta, doublement décoré par le Duc de Gênes…

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Le 1er mai 1942, Alberto Boaretto fut promu sergent infirmier…

Mais la guerre continue et les évènements se succèdent en Italie…

Les défaites militaires de l’Italie et le débarquement des Alliés sur le sol italien entraînent la mise en minorité de Benito Mussolini par le Grand Conseil le 24 juillet 1943 : il est alors destitué, arrêté et emprisonné par ordre du roi…

Le 12 septembre 1943, Hitler envoie un commando aéroporté de SS pour libérer Mussolini…

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Mussolini avec les hommes du commando SS qui l’ont libéré

Mussolini proclame alors la reconstruction du parti fasciste avec pour nom « Partito Fascista Repubblicano » (Parti fasciste républicain) et lance ses 6 ordres du jour…

Le premier annonce qu’il assume de nouveau la direction suprême du fascisme.

Le second abolit la monarchie et le régime devient une République sociale. Salò, près du lac de Garde, sera le siège de son gouvernement. D’où le nom de la « République de Salò » (qui porte bien son nom)

Le troisième ordre du jour stipule que les autorités administratives et militaires doivent reprendre leurs fonctions…

Le quatrième ordonne la reconstitution immédiate de toutes les institutions qui auront mission de seconder efficacement l’armée du Reich et de punir les lâches et les traîtres de manière exemplaire…

Le cinquième et le sixième portent sur la création d’une milice. Officiers et soldats sont invités à se mettre rapidement à la disposition des autorités militaires italiennes, qui continueront la lutte contre les Alliés.

La quasi-totalité des conscrits se présente dans les casernes, si bien que les forces armées de la jeune République de Salò atteignent vite plus de 800 000 hommes.

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Les nouvelles autorités demandent à tous les militaires de prêter allégeance à la nouvelle république fasciste…

Mon père refuse de prêter allégeance, tout change alors pour lui, il passe du statut de héros bi-décoré à celui de prisonnier de guerre…

En tant qu’infirmier il échappe de justesse à la déportation en Allemagne et est affecté à Salsomaggiore près de Parme dans la région d’Émilie-Romagne…

À Salsomaggiore les allemands ont réquisitionné un établissement thermal pour le transformer en hôpital de guerre pour les blessés allemands venant du Sud de l’Italie, spécialement de Monte-Cassino…

En plus de son travail d’infirmier, en tant que prisonnier de guerre il est astreint par les fascistes et les allemands à creuser de profondes tranchées de protection contre les attaques aériennes fréquentes des Alliés…

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Cet article en mémoire de mon père, de son sens du devoir et de l’honneur…

Né le 17 septembre 1918, il vient de nous quitter paisiblement le 17 octobre 2016…

Claudio Boaretto

Publié dans Venise : vie quotidienne & familiale | 42 Commentaires »

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