CHASSE A L’ARC

Posté par Claudio Boaretto le 24 mars 2019

 Suite à des contraintes techniques, mise à jour de l’article  « Chasse à l’Arc », article publié 2 février 2010 sur ce blog…à l’époque je ne connaissais rien à l’art de la « fotografie »

CHASSE A L’ARC -
BATTUE SILENCIEUSE FORÊT DE COMMERCY.

Contrairement aux chasseurs normaux, ceux à fusils et à carabines, nous chassons sans armes à feu et sans chiens….

Nous n’utilisons que les chiens de sang après la chasse pour retrouver le gibier éventuellement blessé. Nous traquons en silence en essayant de débusquer le gibier là où il se cache.  Grimés et camouflés, nous sommes un peu les indiens de la forêt pour approcher le gibier au plus près, sans qu’il nous voie, sans qu’il nous entende, sans qu’il nous sente….

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Pour seulement penser à décocher une flèche, l’on se doit d’être entre 5 et 15 mètres de l’animal de chasse….

Autant dire que la tache est ardue mais c’est tout l’art de la chasse à l’arc…. Nous ne sommes pas des tireurs, nous sommes des chasseurs, comme l’étaient nos ancêtres….

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Samedi 2 décembre 2006

Aujourd’hui, ce matin plutôt, nous sommes une douzaine de chasseurs à l’arc pour cette battue silencieuse….

Nous allons attaquer la parcelle 17 en forêt domaniale….
La moitié d’entre nous vont traquer, l’autre moitié se postera sur les coulées névralgiques où les sangliers sont censés passer….

Nous avions déjà attaqué cette parcelle il y a 15 jours et plus d’une vingtaine de sangliers étaient aux rendez-vous…. Malheureusement pour nous, aucun animal au tableau, c’est souvent le sort des chasseurs à l’arc, fort heureusement notre principale motivation n’est pas de tuer, mais surtout de chasser et d’approcher l’animal….

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Si j’ai un souvenir un peu amer de cette traque c’est non pas de ne pas avoir prélevé un animal mais de n’avoir pas été au bon moment au bon endroit …. :

« En effet, j’allai me placer avec Philippe B. sur la ligne séparant la parcelle 17 de la parcelle 21 et se trouvaient sur cette ligne, en particulier après une immense flaque d’eau barrant le chemin, des coulées très fréquentées….
Au « rond du matin » : « OK, je me place là, dis-je au Président », « attention, me rétorquât’ il, il y a une nouvelle coulée que j’ai marquée en rouge, il faut absolument  la garder »….

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Lorsque nous arrivâmes sur place je me mis à ma coulée habituelle…. Philippe qui continua à monter la ligne m’appela alors et me dit « viens là, c’est la coulée à garder marquée par le Président »….
J’allai voir, pas terrible le poste, et assez difficile pour se trouver une bonne fenêtre de tir tout en restant caché, obligé de rester presque à découvert sur la ligne….
Je restai malgré tout à ce poste, un peu de mauvaise grâce, je l’avoue….

Au beau milieu de la traque retentirent les cris tant attendus :
« Attention à la Houe à l’avant » c’est le signal pour les sangliers…
« Attention à la Houe à l’arrière » enfin, à la Houe de tous les côtés….

Nerveux à mon poste, l’arc prêt à être armé, j’écoutai….
J’entendis du bruit dans l’enceinte devant moi, je n’arrivai pas à localiser précisément  la provenance, je tournai la tête vers la droite et là, au poste où je m’étais placé de prime abord, 1 cochon, 2 cochons, 3 cochons….
13 cochons passèrent la ligne !….
à 50 mètres de moi….
Quelle rage !….
Que ne suis-je resté là-bas, on se laisse toujours influencer….

Hé oui, quand on est chasseur à l’arc c’est à 15 mètres maximum du gibier qu’il faut  être placé avant d’imaginer quoi que ce soi, rien à voir avec les carabiniers qui tirent tranquille à 50 ou 100 mètres….
Trop facile…

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 Aujourd’hui, envers et contre tout, je me mettrai à la coulée que je connais bien….
Je crois à mon instinct, le vent est plein sud, la parcelle 17 est au nord de la ligne, s’il y a fuite, certains sangliers remonteront au vent, il y a de fortes chances qu’ils passent là, j’y crois….

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Un peu plus bas dans la parcelle 21, parcelle voisine, à 30 mètres il y a une fausse ligne parallèle devancée d’un petit fossé rempli d’eau vaseuse…
La vraie ligne est au dessus de moi, je suis légèrement en contrebas, je devrais voir arriver le gibier….
C’est là que je me poste….
Je me place à bon vent par rapport à la coulée afin de ne pas être reniflé par les sangliers au dernier moment….
Je sors mon petit sécateur que j’emporte toujours dans ma poche gauche, je coupe quelques arbrisseaux pour me faire une belle fenêtre de tir et j’encoche une flèche sur mon arc….
Mon arc est un arc à l’ancienne, c’est un morceau de bois sans aucun organe de visée car je pratique le tir instinctif comme nos ancêtres….

Décomposition du mouvement :

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Je ne suis pas adepte des compounds, ces arcs à roulettes ou à cames avec viseur et autres gadgets modernes qui démultiplient leurs forces et leurs vitesses…
Mon arc fait déjà 55 livres de puissance et lorsque l’on arme ce dernier à fond, c’est juste quelques secondes que l’on peut le tenir armé….

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Je m’assois sur ma canne-siège, et l’attente commence….

Pour une fois l’attente ne dure pas longtemps
« Attention à la Houe !…. » C’est parti !….

Une certaine fébrilité me gagne, vont-ils passer là où je le suppose ?….
Je suis à 5 mètres à l’ouest de la coulée….
Du bruit….
Ca vient d’en haut….
Ca arrive vers moi….
Je les vois….
4 sangliers….
Un moyen devant, deux petites bêtes rousses à la suite et un gros noir qui ferme la marche…. Ils me passent comme des fusées exactement là où j’avais prévu….
Je tente de flécher le second, ma flèche passe presque un mètre derrière, ils vont trop vite …. Je suis dépité !….
j’ai raté l’occasion de la journée….
Contrarié, je vais ramasser ma flèche fichée horizontalement dans la terre…. J’ai un mal de chien pour l’arracher….
Je retourne à mon poste et prend une nouvelle flèche, la lame de l’autre ne devant plus bien couper….
Je suis sombre….

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mes arcs…

Un quart d’heure plus tard, j’entends de nouveau la traque :
« A la Houe à l’arrière !…. »
C’est encore pour moi, je lève la tête vers la ligne en haut et je vois deux petits sangliers venant à grande vitesse vers moi, toujours dans cette même coulée….
Je suis prêt à armer mon arc….
Soudain, tout s’arrête….
Plus de bruit….
Silence total….
Je ne les vois plus….
Ils se sont arrêtés et comme la végétation est très dense, je ne vois plus rien du tout…. J’ai le palpitant à 200 à l’heure….
Je dois avoir les oreilles dressées comme un animal aux aguets….
Ils ont du pressentir le danger….
Les secondes passent, aussi longues que des minutes….

Ca y est !….
Je les entends à nouveau….
Ils viennent de redémarrer….
Ils sortent du petit fossé d’eau vaseuse devant moi….
Je vois le premier….
Je vois le second….
Ils sont à environ 7 ou 8 mètres devant….
Cette fois je n’attends pas qu’ils sautent la ligne….
j’arme et je décoche ma flèche sur le second….
Je tire en 3/4 avant, tant pis….
Le cochon prend la flèche et pousse un couinement à l’impact….
Il saute la ligne….
Il a ma flèche plantée de la moitié, en début du tiers arrière de l’animal….
En courant il tape la flèche dans les arbrisseaux….
il couine à plusieurs reprises….

« A la Houe blessé !….» je crie pour prévenir mes compagnons….

Quand sonnent les 3 coups de trompe de fin de traque, je vais vérifier mon tir….
Olivier B, archer et conducteur UNUCR me rejoint….
Pas de sang au lieu de l’impact….
Nous balisons la coulée….
15 mètres plus loin de grandes taches de sang bien rouges….
« A mon avis, il ne devrait pas être loin » me dit Olivier….
Je reste septique et ne vendrais la peau de du sanglier avant etc……..

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Une cible renard en taille réelle pour l’entrainement au tir instinctif

Après le repas nous allons vérifier le tir plus sérieusement….
Olivier ayant quelques déboires avec « Moustache » son teckel, Christian B., alias Bubu, prend son chien de sang, un bon vieux labrador et Régis M., demeurant non loin du bois, va chercher chez lui son fusil, au cas où l’animal blessé se relèverait….  

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Et la recherche au sang commence….
La végétation est vraiment très épaisse….
Le cochon a suivi la coulée que nous suivons à notre tour…. Il y a de plus en plus de sang…. Plus nous avançons, plus il y a de sang….
En moi-même, je pense, « il se vide complètement »….
je suis quasiment certain maintenant que nous allons le retrouver…
Au bout de cent mètres Bubu retrouve la flèche…. Recouverte de sang, elle est à peine un peu voilée vers la lame….
Nous avons parcouru maintenant un peu plus de 150 mètres….

Soudain Bubu crie « Hallali !…. »….

C’est le soulagement….
Il est là couché….
Une bête rousse de 40 kilos….
Il s’est écarté de la coulée à l’ultime instant pour rendre son dernier souffle….
Ma flèche a coupé l’artère iliaque, hémorragie immédiate, il s’est vidé immédiatement de son sang…. Il a dû courir une minute ou deux maximum avant de s’écrouler….
Mes compagnons sont presque plus heureux que moi…. Ce sont deux vieux copains…. Je les ai connu tous deux il y a plus de 20 ans, au début de la chasse pilote de la zone rouge de Verdun, à l’aube des années 1980….
ils me tapent sur l’épaule et m’embrassent tous les deux….

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Bubu déclare, non sans une légère fierté dans la voix : « c’est le 129ème cochon retrouvé par mon chien…. »
Un moment de bonheur pour des chasseurs à l’arc…
Je ne pratique plus la chasse à l’arc depuis 10 ans que je demeure à Venise, cette chasse étant interdite en Italie…

Claudio Boaretto

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OH, MON BATEAU OH,OH!

Posté par Claudio Boaretto le 24 mars 2019

 Suite à des contraintes techniques, mise à jour de l’article  « OH, MON BATEAU OH,OH! », article publié 3 août 2010 sur ce blog…à l’époque je ne connaissais rien à l’art de la « fotografie »

Voici mon nouveau bateau :

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J’ai rendu l’ancien, un « Open 480 » qui n’allait pas, trop petit, instable et dont le moteur neuf, peu puissant, était défectueux,

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Ce qui m’a permis de négocier les prix pour enfin récupérer celui-ci après un an et demi de tractations avec le chantier naval, de nombreux déplacements, de multiples colères, après une livraison avec plus de 3 mois de retard,( le jour officiel de la livraison le bateau n’était même pas commencé à fabriquer !) avec la moitié de l’équipement et de l’accastillage non fait ou mal fait, donc avec beaucoup de boulot encore à faire dessus…

Un « Open fuoribordo »  de 6,40 mètres, neuf, en « vetroresina » avec un moteur d’occasion Honda de 130 chevaux de 2005, sachant qu’il n’a pas servi pendant 2 ans…

En 2011, quelques travaux sur mon bateau ont significativement amélioré le confort et la sécurité…
Voilà mon bateau avant travaux

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Et voici mon bateau après travaux

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Les modifications ne vous sautent pas aux yeux ?…
Alors voyons dans les détails :
Sur les plats bords intérieurs avant, ajout d’une « coussinerie » (pour traduire littéralement le terme italien) bien confortable pour les passagers surtout lorsque l’on tape sur la vague…

avant travaux

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après travaux

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une moquette de marine imperméable de couleur bleue, confort pour les pieds et facilité de nettoyage du pont…

avant travaux

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après travaux

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Un dossier pour le siège du pilote et éventuellement du passager à côté de lui….
Sécurité en cas d’accélération impromptue ou accidentelle, due par exemple à une grosse vague inattendue qui vous fait perdre l’équilibre…

avant travaux

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après travaux

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Et enfin, le « tientibene » en français le « tiens-toi bien », c’est une barre inox qui protège le pare-brise du poste de pilotage….
Très confortable pour se tenir lorsque l’on embarque ou débarque du bateau…. Sécurité aussi pour se tenir en cas de houle et de grosses vagues….
Il nous a fallu déplacer les feux de position pour installer le « tientibene »….
Heureusement que Hugo m’a donné un coup de main….

avant travaux vue arrière

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après travaux vue arrière

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avant travaux vue avant

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après travaux vue avant

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et voilà un bateau bien plus confortable et plus sécurisé…..
Vous voyez bien tout maintenant ?

avant travaux

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après travaux

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Oh mon bateau,
Tu es le plus beau des bateaux, oh, oh………….

Claudio Boaretto

Publié dans 11 les jouets du Coyote | Pas de Commentaire »

ORANGE D’ACIER

Posté par Claudio Boaretto le 24 mars 2019

Fouillant dans les méandres de mon blog, j’ai retrouvé une Bande Dessinée que j’avais publiée en 2010 dans la catégorie « Album » sans autre forme d’explications…

Comme en ce moment je fais le « ménage » dans le blog pour récupérer un peu de place mémoire, je supprime certains articles obsolètes et redimensionne certaines « foto », ce qui me permet de rééditer cette BD avec un peu plus de détails…

Le principe de cette BD fut commandé par mon grand ami Serge BRICE, « l’Assureur verdunois de tous les dangers », enfin maintenant ex-assureur AGF…
Quelques décennies d’amitié et de nombreuses aventures, aussi bien sur terre que sur mer, nous lient irrémédiablement l’un à l’autre…

Le concepteur, l’auteur et le dessinateur de cette BD n’est autre que le talentueux verdunois Fabien CLESSE, artiste peintre apprécié et reconnu, professeur à ses heures à l’atelier d’arts appliqués de la Ville de Verdun… Un vieux copain lui aussi…

Cette BD, pleine d’humour et de dérision, devrait amuser certains anciens verdunois, pas vraiment les plus jeunes car nous ne sommes plus des perdreaux de l’année…

Notez bien le message d’avertissement en début de BD :

«Toute ressemblance avec des événements ou des personnages existants serait purement fortuite»….

Je m’inscris en faux devant cette affirmation car tous les personnages de cette BD ont réellement existé et existent encore !…

Je vous livrerai en pâture leurs noms au fur et à mesure, tant pis pour eux !…

La BD commence au bord de la Meuse sur le quai de Londres à Verdun, exactement au « Big Beef », devenu plus tard « Le boucher du Quai » tenu à l’époque par mon autre grand ami Claude MAYOT…

Sur la 3ème image de cette première planche, nous reconnaissons les protagonistes de l’aventure…

De gauche à droite : Éric FALLET, Serge BRICE, Claudio BOARETTO, Thierry HEIMARDINQUER dit « Le Nain »…

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J’adore la seconde image de la planche suivante, trop fort !…

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Sur la 1ère image de la planche suivante, nous avons la caricature du Claude Mayot, un brin lubrique…
Sur la 2ème, nous reconnaissons même nos voitures du moment, de gauche à droite, celle de l’Éric voiture de sa société, mon 4×4 passe-partout, celle du Thierry et le luxueux bolide du Serge…
Nous voilà donc au bureau de Serge, l’assureur de tous les copains à l’époque…

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 Sur la 2ème image de cette planche nous reconnaissons le Dominique LEONARD, dit « LÈO » fort connu dans le domaine du rugby verdunois…

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Le chirurgien de la 3ème image, c’est notre ami, Claude LORENZINI…

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« Grèce » étant, en 1998, le dernier voyage de l’année de la bande de copains…

J’espère que cette BD satirique, mettant en exergue les défauts de chacun de nous, vous a fait sourire…

Nous autres à l’époque, nous en avons « pissé dans la culotte »…

Quel talent ce Fabien CLESSE !…

Claudio Boaretto…

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LES COUTEAUX DU COYOTE

Posté par Claudio Boaretto le 23 mars 2019

Suite à des contraintes techniques, mise à jour de l’article  « LES COUTEAUX DU COYOTE », article publié 25 janvier 2011 sur ce blog…à l’époque je ne connaissais rien à l’art de la « fotografie »

Pourquoi les couteaux ?…. C’est mon côté matérialiste, une tendance à m’attacher aux objets qui m’accompagnent dans la vie, comme mes santiags, comme mes zippos, comme mes casquettes, comme mes guitares, comme mes arcs, comme mes couteaux….

Pour les couteaux, cela remonte aux temps lointains où j’étais louveteau…. Depuis, j’ai toujours soit un couteau pliant dans la poche, canif, opinel ou autre, soit un couteau droit à la ceinture…..
Je me suis déjà vu me mettre à table au restaurant, m’apercevoir que j’avais oublié mon couteau, et reprendre aussitôt la route pour retourner chez moi le chercher….
J’ai possédé de nombreux couteaux, j’ai en perdu, j’en ai cassé, j’en ai pleuré, on m’en a volé….

Mes cinq principaux couteaux:

Dans leurs fourreaux….

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Hors fourreau….

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Présentation :

Mon premier couteau :
c’est un couteau de chasse mythique…. Un« Bowie » Ardennlam de Tanazacq….

Au fourreau

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Trente cinq centimètres de long, une redoutable lame de vingt trois centimètres, un compagnon fidèle et sûr, sur lequel j’ai toujours compté que ce soit « en  battues » ou, lors de mes longues soirées solitaires sur les territoires de chasse, « à l’approche » ou « à l’affut » … Il a servi mes animaux de chasse, sangliers et chevreuils….

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Tanazacq, artisan coutelier des Ardennes, pour qui aime les couteaux de chasse, c’est une vraie réputation dans le monde cynégétique…. Sa marque, son poinçon, en quelque sorte la signature du coutelier : un sanglier, Ardennes obligent…

On le reconnait sur le fourreau…

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Comme sur la lame…

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Son fils, Nicolas, travaille avec lui, la relève est assurée….

Jean Tanazacq a commis un livre sur les couteaux…. La dernière fois que je suis passé dans son atelier, il m’a forcé la main pour l’acheter…. Et bien, croyez-moi, il est bien meilleur coutelier qu’écrivain !….

Mon deuxième couteau :
c’est un « Knicker », le couteau de chasse traditionnel bavarois et autrichien….

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La fonction première de ce couteau n’est pas de servir l’animal de chasse, il est principalement utilisé pour vider et dépouiller le gibier, ce que se doit de faire tout chasseur digne de ce nom quand il a prélevé un animal….

Il se porte dans son étui, soit dans la poche arrière de la veste de chasse ou dans la gibecière, soit dans la poche-couteau des culottes de peau allemandes,  ce vêtement indispensable quand il faut suivre un chien de sang à travers les ronces ou les épines noires….

Un manche en bois de cerf…

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Une lame de 10 centimètres, damasquinée, c’est-à-dire ouvragée, contribuant à la beauté de ce couteau traditionnel à la forme typique….

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C’est  le style « teuton » si j’ose dire, tout travaillé, ouvragé….

La bague du couteau avec les incontournables feuilles de chêne, et l’inscription autour du fameux salut des chasseurs allemands : « WEIDMANNSHEIL »

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À la pointe de l’étui, un chamois…

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En haut de l’étui, un médaillon à tête de cerf au milieu des feuilles de chênes….

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Dernière décoration non conventionnelle, la trace des crocs des mes jeunes chiots profitant d’un moment d’inattention pour poser leur marque sur l’étui…

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Vous ne serez pas étonnés si je vous annonce que ce couteau vient de la coutellerie HIRSCHKRONE de SOLINGEN…. La ville de Solingen en Allemagne c’est un peu comme la ville de Thiers en France…. Nous ne dirons pas 100%, mais 90% des couteaux allemands sont fabriqués à Solingen…
Voici le poinçon….  En dessous de Hirschkrone on distingue avec difficulté SOLINGEN tellement la lame est ouvragée,voir entre les deux flèches rouges…..

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Mon troisième couteau : en bon franchouillard, c’est un « Laguiole »…. Couteau pliant que je préfère mettre dans un étui plutôt que dans la poche….

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Mais attention, pas n’importe quel Laguiole…. Je l’ai commandé tout exprès aux Forges de Laguiole, il y a une quinzaine d’années…. Du sur-mesure en quelque sorte….

Hors étui….

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Je voulais des plaquettes en ivoire, mais pas d’ivoire d’éléphant, protection oblige….J’ai alors porté mon choix sur des plaquettes en ivoire de mammouth, originaire d’un cimetière de mammouths découvert il y a quelques dizaines années en Sibérie…. Cela me fait toujours drôle de penser, quand j’utilise ce couteau, que l’ivoire que je tiens dans ma main a quelques 10 000 ans d’existence….

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Les mitres sont en argent….Lorsque j’ai demandé à ce que les mitres soient en argent, les Forges m’ont répondu qu’ils pouvaient effectivement mettre des mitres en argent mais qu’ils ne pouvaient pas appliquer le poinçon authentifiant le métal… Peu  importe ai-je répondu, le principal étant qu’elles soient réellement en argent….

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Le ressort de ce couteau est superbe…. Comme vous  pouvez le constater, l’abeille fait partie intégrante du ressort, c’est une seule pièce alors que sur la grande majorité des Laguioles l’abeille est une pièce rapportée…. Voyez aussi le très beau guillochage du ressort continuant sur l’épaisseur de la lame …..

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J’ai fait graver mon prénom sur ce ressort…. Particularité : comme chez les Boaretto il est de coutume, lorsque nous sommes à table, de couper les aliments de la main gauche bien que nous ne soyons pas gauchers, j’ai demandé à ce que mon prénom soit gravé en sens contraire des gravures habituelles prévues pour les droitiers…. En effet, quoi de plus désagréable à table de poser son couteau sur l’assiette et voir son nom à l’envers….. Le responsable des Forges qui prenait ma commande n’en revenait pas…. Il m’a avoué, à plusieurs reprises, que c’était la toute première fois qu’ils gravaient un nom en sens contraire sur le ressort de leurs couteaux…. Étonné moi-même, cette demande ne me semblait  pas si exubérante….

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Tout le monde connait la croix sur le manche du Laguiole ?….
Cette croix, représentée par des clous sur l’une des plaquettes, permettait aux bergers transhumants des plateaux de l’Aubrac de planter leur couteau dans le pain pour réciter leur bénédicité ou sur une souche pour faire leur prière devant ce spartiate crucifix….

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Je ne vous ai pas encore parlé de la lame de mon Laguiole…. Contrairement à mon Knicker, ce n’est pas une lame damasquinée, mais  une véritable lame Damas…. J’étais ferme sur cette demande car ce n’est pas habituel sur les Laguioles… Il leur a fallu faire fabriquer cette lame en Suisse…. Cette lame a donc était forgée et pliée à plusieurs reprises…. Ce qui veut dire que sur une épaisseur moyenne de 2 millimètres  vous trouvez une bonne centaine d’épaisseurs d’acier…. Les vagues successives que vous distinguez sur la lame ne sont pas des décorations rajoutées, sculptées ou gravées, mais les témoins des différentes couches d’acier forgé formant cette lame…. Magnifique….

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Cette lame, à elle seule, vaut son petit pesant d’or….
Vous distinguez nettement, sur la lame, le poinçon des Forges de Laguiole, sachant que mon couteau a été fabriqué à la main par un compagnon « meilleur ouvrier de France » travaillant aux Forges….

Mon quatrième couteau : à la ceinture,  je porte toujours un couteau en permanence….

Soit mon Laguiole….

Soit mon couteau droit de style amérindien, je dirai même que j’ai une petite préférence pour ce dernier couteau que je porte plus souvent qu’à son tour….

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Il est l’œuvre d’un coutelier d’art, Bruno DUFFORT, demeurant dans l’Aveyron….

Nous avons quelques points communs, comme le tir à l’arc de chasse et les santiags…. Bruno se rend depuis de nombreuses années dans l’ouest des États-Unis, loin des sentiers battus touristiques, où il partage une amitié profonde avec une famille Navajo, ce qui éclaire un peu sur le style de ses couteaux….

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 C’est un petit couteau droit, d’à peine dix huit centimètres, dix pour le manche, huit pour la lame….

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J’adore cette petite lame courte et large en acier carbone C70, lame superbe, avec un look style brut de forge, chargée de petites imperfections qui, en réalité, n’en sont pas et qui font son charme….

Le bois du manche est du genévrier, recouvert d’une bande de cuir cru, rawhide, cousu sur le bois, qui parfait son allure et sa robustesse….

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Gros plan sur la couture, voyez au passage le superbe guillochage  sur l’épaisseur de la lame…..

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La marque du coutelier sur la lame, en l’occurrence une pointe de flèche, pour un coutelier qui pratique l’arc de chasse, cela va de soi….

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Je ne me lasse pas de la simple beauté de ce couteau….

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Mon dernier couteau, c’est « mon couteau du dimanche » que je ne sors que pour les belles occasions….
Créé toujours par Bruno DUFFORT, c’est un couteau pliant et fabriqué à partir d’une mâchoire de COYOTE…. Vous pensez bien que je n’ai pas pu résister….

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MA-GNI- FI-QUE !….
Bruno m’avait déjà fait voir un couteau à mâchoire de coyote, quand il était venu chez moi dans la Meuse avec une caisse entière remplie de couteaux plus beaux les uns que les autres…. Mais à l’époque je n’avais pas les sous disponibles pour l’acheter….
Ce n’est que quelque temps plus tard que je lui ai commandé ce couteau….

Voyez-le dans son bel étui que Bruno m’a spécialement fabriqué, dans le plus pur style amérindien….

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Couteau déplié avec sa double rangée de crocs….

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Pour la lame, c’est toujours l’acier C70 que j’appelle un peu à tort « brut de forge », mais c’est l’effet esthétique qu’il me donne et j’aime bien….

La vue par en-dessous, couteau plié où l’on aperçoit le guillochage de la lame….

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La vue par au dessus, déplié….
Pas de commentaire, le couteau se suffit à lui-même….

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Et ne croyez pas que les crocs soient un handicap pour son maintien…. Au contraire, aucune aspérité pointue, il est très doux et agréable à la main….

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La signature du coutelier, cette fameuse pointe de flèche….

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Bruno m’a dit : nous n’avons plus le droit d’importer en France des têtes de coyote en provenance des States…. Dommage pour les futurs amateurs, je serais un des derniers à avoir eu le privilège d’acquérir ce couteau….

Je possède aussi le reste de la tête du coyote qui a servi à fabriquer ce couteau :

De face

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De profil

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Et si l’on adjoint dessous le couteau plié, on retrouve la tête de  l’animal en entier…. Les crocs des deux mâchoires s’ajustent bien, si ce n’est l’épaisseur de la lame qui empêche la jointure parfaite….

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Du très bel ouvrage…. Merci encore l’ami Bruno DUFFORT….

Si vous aimez les beaux couteaux de style amérindien, et pourquoi pas en acquérir un, je vous invite à visiter son site que vous trouverez dans mes liens, colonne de droite de ce blog….

Claudio Boaretto

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MES SANTIAGO

Posté par Claudio Boaretto le 23 mars 2019

Suite à des contraintes techniques, mise à jour de l’article  « MES SANTIAGO », article publié 18 février 2010 sur ce blog…
foto sur papier puis numérisées, à l’époque je ne connaissais rien à l’art de la « fotografie »

Pour ces bottes si particulières, à bouts pointus, aux talons hauts et biseautés, il existe diverses appellations :
«Santiago»,
«Santiags»,
«Tiags»,
tout dépend de l’époque et de la mode…. Nous sommes d’ailleurs les seuls en France à les appeler «Santiago», dans les autres pays, aux States, au Mexique et ailleurs, on dit bottes de cow-boy ou «Western Boots»…. 

Certains de mes amis se sont acheté de belles bibliothèques pour exposer leurs beaux livres, mais ce n’est que pour ranger mes «Santiago» que je me suis offert une bibliothèque….

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Plus de quarante-cinq ans que je déambule en «Santiago» …. J’ai acquis ma première paire en 1966 à Paris. Ce n’était pas évident, même à Paris, de trouver une boutique, un magasin vendant des «Santiago» à l’époque…. Elles ne sont plus mettables, ce sont aujourd’hui de vrais morceaux de bois, mais je n’ai pas le cœur de m’en séparer, je les conserve comme des reliques….

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Et puis la mode est venue, puis disparue, puis revenue, puis re-disparue, et ce à plusieurs reprises, mais toujours je suis resté fidèle à mes «Santiago» faisant venir mes dernières directement de Californie….

Pour le fun, je vous présente mes «Santiago»,  sachant que, par rapport aux américaines, les mexicaines présentent en général un talon plus biseauté et le bout pointu un peu plus relevé….

Mes «Santiago»  black….

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Mes «Santiago» marrons, presque rouges….

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Mes «Santiago» grises….

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Mes «Santiago» rouges….

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Mes «Santiago» en peau retournée, plus une paire de « camarguaises »….

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Ma paire de «Santiago» white, (on voit bien le talon très biseauté des mexicaines)….

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Ma paire de «Santiago» black & white (le talon plus droit des américaines)….

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Même style mais en marron rouge….

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Mes «Santiago» qui brillent (typique mexicaines)….

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Mes «Santiago» aux couleurs des States (typique américaines, bout moins relevé, talon moins biseauté….

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Et maintenant, mes «Santiago» en cuirs exotiques….

Mes «Santiago» en croco, couleurs marron, verte, rouge et bleue….

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Mes Santiago en «Capibara», cet énorme rongeur sauvage d’Argentine….

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Toutes les suivantes sont des américaines :

Mes «Santiago» en crotale….

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Mes autres «Santiago» en crotale mais avec la tête du serpent….

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Mes «Santiago» en poil de vache

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Mes «Santiago» en cuir frappé….

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Mes «Santiago» en éléphant, (acquises avant que leur commerce ne soit interdit)…. J’avais négocié ces dernières dans une arrière-boutique du quartier du Temple, Johnny a acheté les mêmes au même endroit 15 jours après moi…. Je l’ai vu défiler sur tous les plateaux télé avec mes «Santiago», le copieur !….

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Mes «Santiago» en requin….

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Mes «Santiago»  en raie manta….

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Et puis mes «Santiago» préférées, en cuir d’autruche :

Mes «Santiago» en autruche, couleur black….

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Mes «Santiago» en autruche, couleur grège….

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Mes «Santiago» en autruche couleur havane, waouh !… Elles sont trop sublimes ! ….

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Sans oublier mes « Harley Davidson », avec broderies cousues à même le cuir….

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50 ans de « Santiago » viennent de défiler, ce n’est pas une collection, ce sont mes « godasses » que j’ai toutes portées…. Vous avez bien compris que je suis incapable de résister devant une belle paire de « Santiago »….

Mais toutes ces paires bottes me causent un grand embarras car, dilemme, jamais je ne sais laquelle poser devant la cheminée le soir le Noël !…

Claudio Boaretto

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